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Episode 8.25-26 - 48 HEURES (Final)
Par: Equipe VVS8 (voyagervs8@yahoo.com)
Version française: Collectif André, Christophe, Delphine, Laurent (stvoyager@free.fr)

Note: Star Trek: Voyager, personnages et autres produits dérivés sont des marques déposées de Paramount Pictures. Aucune infraction aux droits d'auteurs de Paramount voulue. La Saison 8 virtuelle de Voyager (Voyager Virtual Season 8, VS8) est une entreprise à but non lucrative. L'histoire est propriété de son auteur. Pas de reproduction sans sa permission.

"Alors que la vie semble finalement vouloir reprendre un cours normal, un cruel revers du destin va tout changer."

"J'affirme toujours que nous en faisons trop", dit B'Elanna en grimpant sur le petit escabeau, un papier crépon dans la main. Sa voix était fatiguée tandis qu'elle étirait ses bras au-dessus de sa tête, tentant d'atteindre le plafond pour y fixer la décoration colorée. "Tu ne te sens pas un peu ridicule de faire tout cela ?"
Tom ne quitta pas sa fille des yeux en répondant. "Tu veux rire ? Je pense que c'est le moins qu'on puisse faire. Aujourd'hui est un grand jour." Il fit passer le petit jouet représentant une navette en l'air devant le visage de Miral. "Qu'en penses-tu, chérie ?"
B'Elanna regarda son mari et sa fille vautrés sur le plancher de la maison de son beau-père avec un mélange d'irritation et d'amusement. A dire vrai, Tom n'était, la plus part du temps, rien d'autre qu'un enfant qui avait trop grandi, et selon B'Elanna, cette célébration d'anniversaire prouvait sans nul doute qu'elle avait raison.
Elle s'étira et tira un petit ballon bleu, se préparant à le gonfler. Elle l'amena à sa bouche, serra ses lèvres autour et souffla comme un ouragan. Le nouveau latex qui n'avait jamais été gonflé était résistant et peu docile, et refusa de se gonfler. Le résultat fut que les joues tendres de B'Elanna se remplirent d'air et que son visage prit l'apparence de ces poissons qui se gonflent démesurément pour effrayer leurs prédateurs.
Les yeux sombres de B'Elanna enflèrent comme ceux d'un crapaud en train de croasser quand elle inspira et souffla. Durant un court moment, elle se demanda si sa tête n'allait pas éclater avant de pouvoir forcer assez d'air à entrer dans le minuscule ballon pour atteindre la pression critique qui allait faire réagir cette maudite chose. Finalement, son entêtement à souffler surpassa la résistance du matériau et le ballon commença à se gonfler doucement.
Tom observa sa femme souffler dans le ballon et ne put cacher un sourire espiègle. "C'est le premier souffle qui tue", gloussa-t-il.
Le regard de B'Elanna quitta des yeux le ballon qu'elle attachait pour fixer assez longtemps son mari, étendu par terre sur le ventre et jouant aux cubes avec Miral. "Ah, ah ! Pourquoi n'utilises-tu pas tout ce vent à un meilleur usage en soufflant le reste des ballons ? Toute cette affaire est ton idée après tout."
Elle lui lança le sac de ballons colorés et ramassa plusieurs autres rouleaux de papier crépon rose et bleu. "Je n'arrive toujours pas à croire que nous faisions cela. Est-ce qu'une petite réunion de famille avec des amis proches n'aurait pas été suffisante, Tom ?"
"Pas question !" dit-il, regardant son épouse comme si elle venait juste de suggérer de lancer une torpille quantique sur le Père Noel. "B'Elanna, c'est le premier anniversaire de Miral. Elle n'aura plus jamais un an. Il faut que ce soit une célébration énorme."
B'Elanna secoua la tête en déplaçant le petit escabeau dans le coin opposé de la salle, montant dessus pour attacher au mur d'autres décorations démodées. "Elle ne s'en souviendra même pas. C'est excessif. Nous agissons comme des nouveaux parents écervelés."
Tom releva ses deux sourcils blonds. "B'Elanna, nous SOMMES des nouveaux parents écervelés."
"Je sais, mais nous n'avons pas à agir comme tel." Elle regarda impuissante le papier crépon qu'elle venait juste d'attacher de l'autre côté de la salle perdre son adhérence au plafond et descendre en ondulant vers le sol. Elle leva les mains en l'air. "C'en est assez. Je suis un ingénieur, pas une décoratrice de fête. Tu veux toutes ces décorations stupides, alors fais-le toi-même."
"D'accord, d'accord", concéda-t-il. "Je vais m'occuper du papier crépon et des ballons, et toi tu accroches la banderole."
B'Elanna redressa un sourcil. "Quelle banderole ?"
"Celle-ci", dit fièrement Paris. Il pointa l'énorme bannière de toile roulée dans le coin. "Je l'ai faite spécialement pour aujourd'hui."
B'Elanna transporta l'énorme objet au centre de la salle et le déroula. En énorme lettres horriblement colorés, on pouvait lire, "Joyeux 1er Anniversaire, Miral Paris !" B'Elanna gémit à haute voix. "Mais ça doit bien faire quatre mètres de long !"
Tom eut un sourire idiot. "Je sais. N'est-ce pas super ?"
"Et où, exactement, aimerais-tu que je la place ?"
Il rit. "a c'est une bonne question." Quand son épouse affectueuse se contenta de le fixer pour toute réponse, il sourit doucement et dit, "Où tu voudras, amour de ma vie."
B'Elanna roula des yeux et marmonna, "Pourquoi pas aux ordures ?"
Tom l'ignora en ramassant une tablette électronique sur la table basse. Il tapa les clés distraitement, regardant l'information. "Quand arrivent-ils tous ? Je suis impatient de voir Harry." Il fit une pause momentanément, quand il réalisa soudainement qu'il parlait plus comme un envieux que comme un macho. "a fait longtemps, c'est tout."
B'Elanna sourit doucement. "Il me manque aussi, Tom."
"Je me demande simplement ce qui se passe dans sa vie."
Elle eut un sourire entendu. "Tu veux dire dans sa vie amoureuse."
Tom haussa les épaules. "Dans sa vie en général."
B'Elanna s'approcha de son époux et passa ses doigts minces dans ses cheveux blonds. "Tu es une fouine, Paris."
Ses yeux bleu s'élargirent à l'effronterie. "Je ne suis pas une fouine. Je suis observateur."
"Hum."
"Assez observateur, en fait, pour remarquer quelque chose que tu n'as pas vu."
Elle le fixa avec circonspection. "Quoi ?"
"Qu'un certain capitaine et son ancien Premier Officier semblent toujours arriver avec un décalage de 15 minutes entre eux deux !"
B'Elanna le regarda, nullement impressionnée. "Tu veux en venir où, pilote ?"
"Je pense qu'ils semblent terriblement à leurs aises ensemble, ses derniers temps." Il croisa les bras sur sa poitrine, clairement satisfait de lui. "Un peu trop à leurs aises pour de simples amis."
B'Elanna ne dit rien, ne voulant pas l'encourager. Elle hocha la tête en direction du sac de ballons qu'il avait laissé sur le sol. "Tu ferais mieux de te mettre au travail. Tu as un tas de ballons à souffler, Papa."
Ne se décourageant pas, Tom empoigna les ballons mais continua où il s'était arrêté. "En fait, je parierais un mois de rations de réplicateurs que leur relation est passé à... la phase romantique. Si nous étions toujours rationnés, bien sûr."
Avant que Paris ne puisse poursuivre, le carillon de la porte se fit entendre. Sauvée par le gong. B'Elanna se dirigea vers la porte, tout en lançant un regard vers Tom par-dessus son épaule. "Laisses tomber, Tom, ce ne sont pas nos affaires."
B'Elanna ouvrit la porte de la maison d'Owen Paris pour découvrir un livreur tenant une énorme boite. "Livraison pour Miral Paris", dit-il.
B'Elanna soupira en donnant l'emprunte de son pouce pour recevoir l'énorme colis. Elle fut surprise par sa légèreté. Elle souhaita une bonne journée au livreur, puis retourna dans la salle de séjour à temps pour voir Tom gonfler ses joues d'air. Son visage était d'un rouge écarlate à cause de l'effort consacré au gonflage d'un petit ballon jaune. Elle rit à haute voix.
"Il doit y avoir un moyen plus facile de le faire", haleta-t-il.
B'Elanna ouvrit la grosse boîte et secoua la tête quand elle vit ce qu'il y avait à l'intérieur.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Tom.
"C'est ridicule", répondit-elle. Elle se baissa et sortit un très gros et très irritant targ piniata. Quelqu'un a de toute évidence un sens de l'humour très agaçant. B'Elanna soupira profondément en regarda le targ rose en papier mâché. Cette journée devenait de plus en plus absurde de minute en minute.
 
***
 
Le Lieutenant Harry Kim marchait dans les couloirs relativement vides de la Station Fulton, site du Projet Montana, en orbite autour de Mars au-dessus de la région Utopia Planitia. Il s'émerveillait de tout ce qui avait été accompli jusqu'à maintenant. C'était la première fois qu'il entendait parler de la construction d'un projet de vaisseau stellaire en si peu de temps, et qui avait reçu le feu vert peu après le premier court retour du Voyager.
Quand le Voyager était revenu de l'univers bulle, le projet avait commencé à intégrer les technologies découvertes pendant qu'il était dans le Delta Quadrant avec les architectures traditionnelles de Starfleet, la structure du navire qui n'avait toujours pas de nom ayant déjà commencé à être érigé.
Il y avait une autre raison pour laquelle ce projet était différent de tout autre vaisseau ayant été construit auparavant. Habituellement, le nom du vaisseau était décidé bien avant que sa construction fut en voie d'achèvement. Mais celui-ci était toujours sans nom, approchant rapidement du jour où il serait près à quitter son berceau. Il avait suggéré que le vaisseau soit nommé le Dauntless, en l'honneur du vaisseau dans lequel le Voyager avait découvert pour la première fois la propulsion à Courant de Glisse Quantique et de la race qui l'avait développée, une race qui avait été assimilée par le Borg. Peu importe les actions de Arturis, ce survivant affolé qui avait tenté d'infliger à l'équipage du Voyager le même sort qu'à son peuple parce qu'il les blâmait de leur chute. Kim sentait que leur mémoire devait être préservée d'une manière ou d'une autre. Malheureusement, lui avait-on dit, un des nouveaux vaisseaux de classe Sovereign avait été nommé Dauntless juste avant le deuxième retour du Voyager.
Kim fit quelques mètres de plus dans le couloir et s'arrêta devant l'une des grandes baies vitrées donnant une vue sur le chantier de construction.
"Il est impressionnant, n'est-ce pas, Monsieur Kim ?" demanda une voix profonde derrière le lieutenant. Surpris, il se retourna. C'était le Commandeur Vargas, un des officiers de commandement du Projet Montana. Kim se détendit et retourna son regard vers la baie vitrée, Vargas se joignant à lui pour admirer le vaisseau stellaire presque achevé.
Le vaisseau avait plusieurs lignes de conception traditionnelles de Starfleet, depuis la coque primaire elliptique semblable en plusieurs points à celle du Voyager, jusqu'aux nacelles qui jaillissaient des côtés, prêtes à avaler tout l'univers comme si elles voulaient bondir vers l'avant, même quand le vaisseau était au repos. Mais il y avait bien sûr aussi des différences.
Une deuxième paire de nacelles était rangée sous ses contreparties. Elles étaient très difficiles à voir, même sous les lumières brillantes de la cale sèche, parce qu'elles étaient construites selon une technologie inspirée des unités réfrigérantes de refroidissement de lumière, lesquelles avaient été découvertes en grand nombre parmi les épaves de la flotte Sernaix à la suite au dernier combat du Voyager.
Le long de l'épine dorsale du vaisseau, une lumière verte brillait qui provenait de la technologie Borg rapportée par le Voyager. Sur la soucoupe principale, des régions couvertes d'ingénieurs en combinaisons spatiales étaient complètements noires, une fois de plus par l'application de la technologie de la lumière gelée Sernaix. L'armure de coque ablative rapportée du futur par l'Amirale Janeway avait été modifiée avec des unités réfrigérantes, libérant désormais une couverture d'armure en lumière froide, laquelle pouvait, en théorie, protéger le vaisseau de virtuellement n'importe quoi.
"Oui, monsieur" acquiesça Kim après un moment. "Il l'est certainement." Il regarda vers Vargas, dont les yeux étaient aussi fixés sur le nouveau navire. "Monsieur", demanda-t-il, "combien de temps avant qu'il soit pleinement opérationnel ?"
"Je dirais une semaine, au maximum", répondit fièrement Vargas.
"Une semaine ?" répéta Kim surpris. "Je ne savais pas qu'il était près 'à ce point'."
"C'est pour beaucoup grâce à vous, Lieutenant" répondit Vargas, tournant la tête vers Kim. "Si ce n'avait pas été votre équipe, nous nous gratterions probablement toujours la tête, tentant de faire fonctionner la moitié de ces nouvelles technologies." Kim rougit sans le savoir et commença à ouvrir la bouche pour protester quand Vargas l'arrêta. "Ne vous dépréciez pas. Continuez à penser comme vous le faîtes et je ne serais pas surpris que vous vous retrouviez Lieutenant-Commandeur d'ici un an." Il retourna son attention du côté de la baie vitrée.
"Si tout va bien", continua-t-il, "d'ici une semaine, la seule chose qui le retiendra à son chantier sera l'Etat Major qui ne lui aura toujours pas donné un nom."
"Et bien" dit Kim en plaisantant maladroitement, "Le Voyager est libre d'utilisation maintenant."
"Voyager" répéta avec crainte Vargas, à la surprise de Kim. "Comment diable avez-vous pu survivre aux Sernaix ? D'après tout ce que j'ai entendu, ils semblent absolument invincibles."
"Les Sernaix", dit Kim, presque en gloussant. "Les Borgs, les Hirogènes. Ils ont tous appris la même chose. Ne mettez pas Janeway en colère. Faites-moi confiance, vous ne l'aimeriez pas quand elle est en colère." Il sourit, puis ajouta. "Il n'y a pas un seul autre capitaine comme elle." Vargas sourit lui aussi, admirant cette femme rien que pour la loyauté qu'elle inspirait à son ancien équipage.
Kim tourna la tête et regarda une fois de plus son officier supérieur. "Monsieur", commença-t-il, "Quand le vaisseau sera opérationnel... J'aimerais... J'aimerais en faire la visite. Pour voir de quoi il aura l'air une fois terminé, sorti de la table à dessin."
Vargas sourit à nouveau. "Je pense que vous l'avez bien mérité", dit-il.
"Merci", répondit Kim. "Si vous voulez bien m'excuser, Monsieur, j'ai un transport retournant sur Terre à attraper."
"Certainement", dit Vargas. "Ne me laissez pas vous retenir."
Kim lança un sourire de remerciement au Commandeur, puis se tourna et commença à se diriger vers les ports d'amarrages. Il était impatient de voir à nouveau ses amis à la fête d'anniversaire de Miral. Tout le monde serait là. Le Capitaine Janeway, Chakotay, le Docteur... Et Seven. Quand son visage apparut à son esprit, il réalisa qu'elle lui manquait énormément depuis qu'elle avait quitté Utopia Planitia, et il se demanda ce qu'elle avait fait ses derniers jours.
 
***
 
"Je ne trouve rien qui cloche, Seven." Le Docteur soupira et mit de côté le scanner qu'il avait utilisé. "Vos analyses sont dans les normes." Il l'observa, voyant qu'elle montrait des signes de frustration. "Je suis certain que ce que vous ressentez est un effet dû à l'extraction du limiteur de votre nud cortical. Les émotions fortes que vous ressentez sont liées à un effet de votre subconscient, Seven." Seven sauta en bas du lit médical et suivit le Docteur dans son bureau. Le décor était étonnement semblable à celui qu'il avait sur le Voyager, jusqu'aux murs en vitre autour de lui. "Sur le Voyager, cela me permettait de garder un il sur mon infirmerie. Ici je me sens comme un poisson dans un bocal." Le Docteur se laissa tomber sur sa chaise derrière son bureau et fit signe à Seven de s'asseoir. "Comment se passent vos séances avec la conseillère?"
"Elle est d'accord avec votre diagnostic, Docteur." Seven s'installa et regarda son ancien mentor, l'expression toujours à la limite de l'anxiété. "Bien que logiquement votre diagnostic soit valable, il y a des choses dans ses sensations qui sont extrêmement déstabilisantes. Je ne pouvais pas rester plus longtemps sur Utopia Planitia, parce que les 'sentiments' là-bas étaient d'une intensité plus grande."
Le Docteur se pencha en arrière et regarda Seven dans son ensemble. Son langage corporel montrait de la tension, même pour Seven. Son visage semblait tiré, ses yeux presque hantés. "Gardez en tête que je ne suis pas un conseiller, Seven, mon avis réfléchi serait que vous avez souffert d'un désordre post-traumatique résultant du stress. Tout cela pourrait être un contrecoup de la possession de votre esprit et des autres événements dont vous avez fait l'expérience depuis que le limiteur a été retiré."
Seven hocha la tête. "C'est aussi l'opinion de ma conseillère. Elle estime que les événements traumatiques auxquels j'ai fait face doublés de mes craintes à propos des sentiments anti-borg qui semblent prévaloir ici sur Terre sont la cause de ces sensations. Harry, cependant, m'a aidé à passer au travers des expériences avec les extrémistes anti-borgs. Notre expérience commune semble faciliter mes réactions... mes sentiments au sujet de mon expérience avec lui."
Le Docteur ferma les yeux pendant un moment comme plusieurs vagues d'émotions le traversaient. Le même genre de choc que lorsque Seven lui avait dit qu'elle n'était pas à la recherche d'une autre relation. En tant qu'observateur, la direction que prenait son amitié pour Kim était évidente. Cependant, en la regardant, il voyait qu'elle n'avait encore aucune idée de ces sentiments. Il y avait toujours en lui un peu de jalousie ou peut-être, pour être plus précis, d'envie. Envieux que Monsieur Kim soit celui qui fasse étinceler de tels sentiments en Seven of Nine et pas lui. La pensée la plus accablante était les sentiments de regrets qui s'allumaient en lui. Il avait traité Seven assez durement, se montrant froid et distant. Ce n'était pas sa faute si elle ne lui avait pas retourné ses sentiments. Pas de doute qu'elle avait ressenti son animosité, laquelle en retour l'avait fait s'éloigner de lui. Le docteur ouvrit une fois de plus les yeux et remarqua la mine inquiète de Seven. Il décida qu'à partir de maintenant, il ne ferait plus quoi que ce soit qui entrerait dans sa vie. Après tout, d'abord et avant tout, elle était son amie.
"Oui Seven, je suis heureux que vous ayez quelqu'un qui partage vos sentiments. Monsieur Kim est un officier des plus extraordinaires et vos expériences communes sur le Voyager et ici sur Terre lui donneront une perspicacité et l'empathie pour ce que vous ressentez." Tout en parlant, le Docteur trouva surprenant à quel point il lui était facile de dire à Seven qu'elle était sur la bonne voie en cherchant un support auprès d'un de ses compagnons d'équipage. Même si ce n'était pas vers lui qu'elle se tournait.
Seven sourit légèrement. "J'ai appris à apprécier la compagnie d'Harry. Maintenant que j'ai pris le temps de devenir plus familière avec lui, je découvre qu'il est un individu unique et attirant."
Le Docteur hocha la tête et se leva, offrant son bras à Seven. "Et bien j'ai l'impression que cet individu unique et attirant est déjà à la fête où nous devrions nous trouver."
Seven arqua un sourcil, mais elle prit le bras qu'offrait le Docteur et sourit. "En effet."
 
***
 
Tuvok regarda par la petite baie vitrée le point minuscule de lumière qu'était la Terre, qui commençait à se transformer en la forme familière d'une planète bleue et verte. Le voyage dans le petit véhicule de transport avait été sans incident, bien que les sens supérieurs de Tuvok avaient remarqué que le trajet n'avait pas été aussi exempt de heurts que s'il avait été sur un gracieux vaisseau stellaire. Mais cela n'avait pas d'importance. Le confort n'était pas la préoccupation primordiale d'un Vulcain. La navette de transport était fonctionnelle, et cela suffisait.
Sans quitter la baie vitrée des yeux, Tuvok sentit parfaitement les yeux sombres de T'Pel posés sur lui. "Nous approchons de la Terre, mon épouse."
"Oui" dit elle. Sa voix lyrique était la seule indication des émotions qu'elle contrôlait fermement. "Vous retrouverez bientôt vos anciens compagnons d'équipage."
Tuvok hocha la tête, se retournant pour croiser son regard. "Je dois admettre qu'en dépit du temps considérable que j'ai passé parmi les humains, ma compréhension de leur nature est toujours incomplète."
T'Pel leva un sourcil sombre. "Comment cela ?"
"La célébration à laquelle nous sommes sur le point d'assister, par exemple. Je ne comprends pas la préoccupation humaine de célébrer un anniversaire de naissance."
"Ils voient la vie d'une manière unique, mon époux. Pour eux, l'achèvement de chaque année est un accomplissement méritant des réjouissances."
A ce moment, Tuvok leva un sourcil. "Peut-être. Cependant, dans cette cas particulier, l'invitée d'honneur est trop jeune pour pleinement participer à la célébration ou pour avoir même conscience de la signification particulière de ce jour. Elle n'a pas connaissance de la fin d'une année dans sa vie. Je n'arrive pas à voir la logique d'une fête de cette ampleur pour quelqu'un trop jeune pour la comprendre."
Si elle n'avait pas été une Vulcaine disciplinée, T'Pel aurait pu rire à haute voix. "Vous voyez trop les choses en noir et blanc, Tuvok. Les humains ne basent pas leur vie sur la logique. Ils la basent sur les émotions et les événements. Pour eux, le premier anniversaire de leur enfant est une pierre angulaire de leur relation en tant que famille. Cela signifie réunir tous ceux qui ont de l'importance pour eux. Vous faites partie de ceux qui ont de l'importance pour les Paris, et c'est ce qui compte même si vous ne voyez pas la logique dans cette situation. Ce qui compte, c'est que vous soyez présent. C'est ce qui est important pour eux. Et par ce fait c'est ce qui a de l'importance pour vous. Vous n'avez pas besoin de rechercher la logique en tout, mon époux."
Tuvok fixa les yeux sur elle, montrant de l'appréciation. "Vous êtes sage, mon épouse. Essayer de trouver de la logique dans la plupart des choses que font les humains est un exercice inutile."
Elle sourit presque. "En effet. Cependant, je trouve leurs coutumes, particulièrement celles impliquant les jeunes, fascinantes. Il y a toujours quelque chose à apprendre simplement à les regarder."
Tuvok montra sa compréhension en hochant la tête, prenant un moment pour regarder le visage attirant de T'Pel. Il trouvait sa manière de voir unique, rafraîchissante. Il était une fois de plus silencieusement très reconnaissant de l'avoir à ses côtés dans sa vie, et même s'il ne disait jamais ces choses à haute voix, il savait qu'elle comprenait. Après tout, ils étaient Vulcains.
 
***

Il y avait un silence gêné parmi les hommes et les femmes d'âges différents assis dans la pièce, les yeux tournés vers l'homme aux cheveux gris assit au bout de la table noire polie. Cependant son attention était dirigée sur une tablette qu'il tenait à la main. Evitant les regards de tout le monde, l'homme passa un doigt le long du col de son uniforme. La tension commençait à se faire voir.
"Monsieur West", dit un des membres. West dirigea son attention vers l'homme assis de l'autre côté de la salle. "Vous avez dit qu'elle serait ici maintenant." Il y eut une pause avant que l'homme reprenne la parole. "Où est-elle ?"
"Elle viendra, Monsieur Brock. Apparemment, il y a eut quelques incidents dans le réseau de renseignements de Starfleet dont elle et certains membres de notre organisation ont dû s'occuper. Tout va bien maintenant, et elle sera là bientôt."
Brock ne semblait pas tellement convaincu. Il était nouveau dans l'organisation, et quelquefois il se demandait comment un tel groupe d'élite faisant partie de la Section 31 parvenait à se maintenir ensemble et à garder le secret. Ils ressemblaient un peu à un mythe à travers la Fédération. Un tas de personnes connaissaient la Section 31, toutefois personne n'avait de preuve concrète.
Cependant, les événements récents avaient entraîné plusieurs bévues. L'intérêt suscité par le Lieutenant Harry Kim, B'Elanna Torres et la Borg Seven of Nine avait provoqué certaines inquiétudes parmi les hauts membres de la Section 31 et leurs associés de Starfleet. Les photos de lui-même et des autres membres Kelley et Seagal apparues au service de renseignements de Starfleet les avaient complètement choqué. Ils n'avaient jamais suspecté qu'il y aurait un autre esprit en Seven of Nine, et il n'avait jamais eu idée qu'elle serait capable de recréer, à partir de son cerveau, les parties qui manquaient à sa mémoire où elle parlait avec eux. Ils s'occupèrent rapidement de cela, cependant ils se retrouvaient désormais face à la possibilité d'autres bévues. Ceci, parmi d'autres sujets dont leurs moyens d'actions, était le sujet de la réunion d'aujourd'hui.
"Mesdames, Messieurs", dit une voix sévère dans l'embrasure de la porte menant à la salle de réunion. Tout le monde leva les yeux quand la femme, dans la trentaine, entra dans la salle. Sa confiance en elle semblait émaner de ses épais cheveux noir bouclés. Son ton frappa Brock. C'était celui de quelqu'un qui n'aimait pas perdre son temps.
"Lieutenant Commandeur Barton, c'est gentil à vous d'être venue", dit Monsieur West en posant la tablette sur la table noire. Barton prit un siège au bout de la table. "Maintenant, nous pouvons commencer. Lieutenant Commandeur Barton, avez-vous quelque chose à rapporter ?"
"La sécurité de Starfleet ne suspecte rien. Toutes les preuves au service de renseignements ont été détruites comme il avait été convenu. Il ne devrait pas y avoir d'autres problèmes", répondit Barton. Brock aurait pu jurer qu'il avait vu la lueur d'un doute dans ses yeux. "Il y a néanmoins un problème avec le Projet Montana. Si ce projet voit le jour dans les prochaines semaines..."
"Le Projet Montana sera autorisé à voir le jour, selon le planning de Monsieur Vargas. Nous n'interférerons plus de ce côté. Notre sécurité a été compromise. Nous ne pouvons pas prendre le risque d'être exposé sur Utopia Planitia. Nous attendrons une meilleure occasion, pour faire en sorte que le vaisseau ne vole pas plus longtemps que nous ne pourrons en prendre le risque", indiqua West, à la grande surprise de ses collègues.
"Monsieur West, malgré tout le respect..." Barton tenta de terminer, mais fut coupée d'un mouvement de la main de West.
"N'abordons plus ce sujet. J'ai dit que nous nous en occuperions. Pour l'instant, je m'inquiète plus des moyens d'action qui seront utilisés durant la semaine à venir. Monsieur John, pouvez-vous me fournir une mise à jour à ce sujet ?" demanda West à l'homme blond qui était assis près de Barton.
"J'ai été en contact avec leur dirigeante. Elle semble réticente, néanmoins je pense que si nous pouvons lui envoyer ce qu'elle veut, ils prendront des arrangements. Il semblerait que notre 'premier contact' avec eux à travers Seven of Nine ai été couronné de succès", répondit John.
"Très bien." West jeta alors un autre regard sur sa tablette. " Cela nous laisse donc avec l'opération en cours. Quelque chose à dire là-dessus ?"
Kelley prit alors la parole. "J'ai déjà fait en sorte qu'un vaisseau camouflé soit prêt sur demande. Puisque nous ne pouvons pas déclencher de téléportation depuis l'orbite sans que la surcharge d'énergie soit détectée, nous initierons la téléportation d'ici, sous la surface de la Terre. Cela devrait réduire la possibilité de toute détection."
"Très bien, Monsieur Kelley."
"Puis-je ajouter quelque chose, Monsieur West ?" dit un homme d'une bonne quarantaine d'années dans le groupe. L'attention de West se reporta sur lui. "Est-ce que nous supposons que cette histoire d''Etre Touché' puisse être réel ? Avec tout le respect qui vous est dû, cela semble un peu trop tiré par les cheveux pour moi."
"Monsieur Grant, en ce moment je me moque de ce que nous devons croire ou avec qui nous devons nous associer pour que notre plan fonctionne. Le fait est que la Fédération fait face à la plus grande menace de son histoire. Plus grande même que le Dominion. Des sacrifices devront être faits, et dans ce cas le sacrifice devra commencer par la Fédération elle-même. Nous devons croire que nos calculs sont corrects. C'est notre seul espoir." West fit une pause, ses yeux rencontrant tous ceux qui étaient assis à la table. "C'est le seul espoir de la Fédération."
 
***
 
Tom compta ses invités. Jusque là, la plupart d'entre eux étaient arrivés, à l'exception d'une personne en particulier. Cependant, Tom s'abstint de faire un commentaire tout en balayant la salle du regard. Il vit Naomi assise sur le sofa, montrant à Janeway le rat qu'elle avait toujours comme animal de compagnie. Pour l'amusement de Tom, Janeway semblait prêter beaucoup d'attention à Naomi.
T'Pel prit Miral dans ses bras immédiatement après son arrivée. Tom voyait par ses gestes animés que le bébé était le sujet de leur conversation. Il sourit. Il y a un an, il n'aurait pas pu imaginer la B'Elanna qui se tenait devant lui maintenant. Quelle distance ils avaient parcourue, pensa-t-il, et que de distance il restait encore à parcourir.
Tom posa un morceau de gâteau dans une assiette et se dirigea à peu près dans la direction de B'Elanna.
"Tom !" s'exclama Naomi quand il passa près d'elle. Tom s'arrêta.
"Naomi est en train de me raconter tout ce qui lui arrive", dit Janeway, un soupçon de sourire visible sur ses lèvres.
"a va vraiment bien pour moi à l'école", dit Naomi. "Et je me suis fait quelques bons amis."
Tom hocha la tête. "Je n'avais aucun doute sur le fait que tu t'en sortirais bien", dit-il, se rappelant les craintes qu'avait Naomi au moment de leur retour sur Terre. "Il semble que tu t'adaptes assez bien à la vie sur Terre, n'est-ce pas ?"
Naomi sourit. "Je ne pensais pas que j'aimerais ça quand nous sommes arrivés au début parce que tout était, et bien, différent." Son sourire s'évanouit un peu au souvenir des semaines qui avaient entouré le retour du Voyager sur Terre. En effet, accorda Tom en silence, cela avait été des semaines difficiles.
"Mais", dit Naomi, son expression s'illuminant, "ça va de mieux en mieux."
"Heureux de l'entendre", dit Tom. Il présenta l'assiette de gâteau dans sa main. "Je pense qu'il serait temps de gâter la fille dont c'est l'anniversaire."
"C'est une idée, ça," dit Janeway, se levant de sa chaise. "Le premier anniversaire est l'un des plus importants."
"C'est vrai ?" demanda Seven of Nine. Elle suivit Tom et Janeway jusqu'à la table, où Tom déposa l'assiette. "L'enfant est trop jeune pour comprendre la signification de la célébration."
"Nous ne disons pas que l'anniversaire est pour Miral", dit B'Elanna, faisant un clin d'il en prenant le bébé des mains de T'Pel pour attacher l'enfant dans sa chaise haute.
Seven sembla confuse. "Je ne comprends pas."
"Je crois que Madame Torres fait référence au fait qu'elle et Monsieur Paris prendront plus de plaisir aux célébrations que Miral", dit Tuvok. Il se plaça près de son épouse. "Cette fête est plus pour leur plaisir que pour celui de l'enfant."
"Alors je n'arrive pas à comprendre la pertinence d'appeler cela une fête du 'premier' anniversaire", dit Seven. Harry secoua la tête. "Si ceci est pour les parents, alors la signification pour l'enfant est sans importance et par ce fait, sans rapport."
"Etes-vous en train de dire que les fêtes d'anniversaires sont sans intérêt ?" demanda Harry. "Laissez-moi vous dire que ce n'est du tout le cas."
"Je ne vois pas la logique de ces efforts", dit Tuvok. "C'est une occasion passagère, de celles dont l'enfant n'aura aucun souvenir plus tard."
Harry sourit. "Avec tout le respect qui vous est dû, Commandeur, je ne suis pas d'accord. Je me rappelle clairement mon premier anniversaire..."
Tom se détourna de son ami pour revenir à Miral. Elle tentait d'atteindre le gâteau de son poing rondelet, ignorant les réprimandes de B'Elanna pour qu'elle reste tranquille.
"Juste une minute, chérie", dit B'Elanna. "Attends que l'on chante, et alors là..."
A ce moment, Miral parvint à attraper le gâteau et à en jeter une pleine poignée au visage de son père. Tom cligna des yeux, puis essuya timidement son visage du mieux qu'il pouvait avec quelques serviettes d'anniversaire roses.
"Le glaçage te va bien", dit Harry en riant. "Un peu de rose sur le nez, du bleu autour des yeux..."
Janeway se mit à rire avec les autres. "Je suis d'accord, Tom. a améliore votre apparance."
Tom lança un regard moqueur vers Miral, qui le lui retourna avec des yeux ronds innocents. B'Elanna haussa les épaules.
"Ton portrait tout craché, Tom", dit-elle. "Incorrigible."
"Ceci est une description convenable de Monsieur Paris", ajouta Seven. Mais Tom ne se sentait pas insulté. Il voyait les coins de lèvres de Seven tournées légèrement vers le haut.
"Souriez !"
Tom tenta d'obéir pendant que le Docteur prenait une photo holographique de lui.
"Ceci", dit le Docteur en brandissant la caméra, "est la photo qui occupera une place d'honneur à côté de celle de Monsieur Paris tombant dans la boue. Continuez comme ça, Monsieur Paris, et j'aurai une galerie entièrement consacrée à vos malheurs pour ma prochaine exposition."
Les invités rirent, quoi que la raison, que ce soit l'inconfort de Tom ou l'idée de l'exposition de photos du Docteur, soit des plus discutables. Même Miral se joignit aux réjouissances en frappant du poing sur la table en cherchant à atteindre une fois de plus le gâteau.
"Excusez-moi", dit Tom. Le glaçage et le gâteau sur son visage commençaient à être collant. Il passa à côté de Janeway et de son père. Owen tapa sur l'épaule de Tom.
"Tu sais, fiston", dit Owen, "tu m'as déjà fait la même chose."
Tom fit une pause. "J'ai fait ça ?"
"Tu as fait ça." Il y avait un peu de tristesse dans la voix de Owen. "Depuis le tout premier jour, ça a toujours été comme ça entre toi et moi. La confrontation. Je suis heureux de voir que ma petite fille a hérité de l'esprit de son père"
"Vrai", dit Tom. Il voyait l'ouverture que lui offrait son père, mais décida que ce n'est pas le moment ni l'endroit. Il se dirigea vers la salle de bain, fit une pause, juste le temps d'accueillir Chakotay qui venait d'arriver. "Et bien si ce n'est pas l'ombre Janeway", dit Tom.
Le silence tomba dans la salle et Tom sentit immédiatement qu'il avait dit quelque chose qu'il n'aurait pas dû en remarquant Janeway et Chakotay se lancer un regard furtif. Tom poursuivit son chemin vers la salle de bain. Au même moment, B'Elanna annonçait qu'il était temps depasser à table.
 
***
 
"Et c'est à ce moment que B'Elanna et Harry ont réalisé que je rêvassais", dit le Docteur. "Bien sûr, pas avant que je ne tente par moi-même d'éjecter le noyau de distorsion."
Harry rit de bon cur. "Oui, il nous a fallu toutes nos forces pour l'arrêter. Il criait continuellement, 'Je dois sauver le vaisseau !'"
Le Docteur se sentait toujours un peu embarrassé au sujet de tout ce qui s'était passé, mais était aussi parvenu à en voir le côté comique. Hologramme ou non, il savait ce qui était amusant quand il l'entendait. "Je peux en rire maintenant, bien sûr. Mais à ce moment, j'étais vraiment confus."
"Vous n'étiez pas le seul à être confus, Docteur", dit Janeway. "Vous aviez le reste de l'équipage qui vous courait après." Elle lui lança un sourire espiègle et prit une petite gorgée de vin. "Néanmoins, vos rêveries nous ont beaucoup amusés."
"Vraiment ?" grimaça Paris. "Il semble que j'ai manqué un épisode amusant. Dites-m'en plus."
B'Elanna jeta un regard à Seven of Nine de l'autre côté de la salle, laquelle le lui retourna sans sourciller. "Contentons-nous de dire qu'il jouait à Picasso avec un certain membre de l'équipage."
Harry Kim rougit se rappelant le Docteur peignant un portrait de Seven of Nine entièrement nue. "Tu peux le dire."
"En fait, la déclaration est imprécise", dit Seven. "Picasso était connu pour son travail dans l'abstrait. La peinture du Docteur était... de nature différente."
"Attendez un minute", dit Paris. "Vous êtes en train de m'embrouiller là. Quel était, ou devrais-je dire, qui était le sujet de la peinture du Docteur quand il rêvassait ?"
"Moi", dit Seven. "Il faisait un portrait de moi."
Paris haussa les épaules. "Qu'est-ce qu'il y a de drôle à ça ?" dit-il, prenant une petite gorgée de punch.
Janeway lança un sourire en coin à son ancien pilote. "C'était drôle parce que Seven était... au naturel."
Les yeux bleus de Tom s'élargirent en tentant de retenir le rire jaillissant de sa gorge, de peur que le punch qui remplissait sa bouche ne lui sorte par ses narines et n'asperge tous ses anciens officiers de commandements. Il avala le liquide sucré en une douloureuse gorgée et lança un regard évaluateur sur le Docteur. "a demandait de l'audace ! Vous êtes un homme courageux, Doc."
L'hologramme lui retourna son sourire. "Oui, et bien, je dois toutefois vous rappeler humblement que la teneur de ces fantasmes n'était pas tout à fait sous mon contrôle. La vérité est que la majorité de mes rêveries étaient, dirons-nous, de nature provocatrice."
Janeway leva élégamment un sourcil. "Est-ce vrai ? Comme quoi ?"
Les joues holographiques du Docteur semblèrent prendre une teinte distinctement rouge. Il leva une main de refus vers elle. "Oh, je suis sûr que vous ne voulez pas entendre tous ces détails ennuyeux, Capitaine."
"Au contraire, Docteur. Je trouve que vos pensées les plus secrètes sont fascinantes."
B'Elanna eut un sourire espiègle. "Qu'est-ce qui ne va pas, Doc ?" blagua-t-elle. "Etes-vous embarrassé de nous dire que vous rêviez de devenir le capitaine ?"
Tout le groupe se mit à rire, à l'exception de Tuvok et T'Pel, bien sûr. Chakotay lança un clin d'il enjoué à Janeway, gloussant à l'image qu'il avait en tête.
"En fait", dit le Docteur au-dessus de la clameur, "ce n'était pas tout à fait ça."
Le silence remplaça immédiatement le bruit des rires dans la salle et tous les yeux se tournèrent vers le capitaine en question. Janeway, qui avait levé une cuillère pleine de nourriture vers sa bouche, s'arrêta à mi-parcours et regarda le Docteur. Cette fois, ses deux sourcils étaient relevés et elle reposa calmement la cuillère sur l'assiette. "Je vous demande pardon."
Il continua nerveusement. "Puisque que vous l'avez demandé, je vais vous le dire. A moins que cela ne vous embarrasse."
Chakotay eut un sourire narquois. "Bien sûr qu'elle ne sera pas embarrassée. Nous sommes entre amis ici, n'est-ce pas, Catherine ?"
Janeway tourna vers Chakotay un regard qui disait 'vous allez me le payer plus tard, jeune homme', puis elle retourna son attention vers HMU. "Je suis rarement embarrassée."
"Videz votre sac, Doc", dit Tom.
"C'était une rêverie plutôt amusante en fait", commença-t-il avec un sourire satisfait. "Nous étions dans la salle de réunion, et le capitaine se glissait sournoisement de mon côté de table..."
"Je ne me déplace pas sournoisement", l'interrompit Janeway.
"Cela dépend énormément de la définition que l'ont donne au mot 'sournoisement', Capitaine", dit Tuvok.
Avant que Janeway ne puisse répliquer, le HMU continua. "D'une voix très sulfureuse, elle annonçait qu'elle avait besoin de mes services pour une vielle blessure au dos. Puis elle prenait ma main et la guidait vers une partie de son anatomie que n'était définitivement pas son dos." Il croisa ses bras autour de sa poitrine et fit osciller ses sourcils de manière suggestive.
Janeway combattit l'envie de rougir quand son ancien équipage éclata de rire à ses dépends. Pourtant, les rires furent contagieux, et en dépit de la légère humiliation, elle se retrouva à rire avec eux. Bien sûr, elle se promit à elle-même de menacer le Docteur d'une défragmentation s'il s'avisait un jour de refaire une telle chose. Mais pour le moment, elle appréciait le fait qu'ils soient tous réunis.
Elle leur sourit à tous chaudement. "Nous avons eu quelques moments incroyables durant notre voyage, n'est-ce pas ?"
"Certainement", lui accorda B'Elanna. "En fait, il y a exactement un an aujourd'hui, nous voyagions dans un conduit de transdistorsion pendant que j'accouchais d'un bébé."
"Pour être exact", corrigea le Docteur, "je faisais l'accouchement du bébé. Vous n'avez fait que pousser à quelques reprises et jurer en Klingon."
"Et bien, au moins il m'accorde une petite partie du travail", rétorqua-t-elle.
"Il s'est passé un tas de choses durant ses quelques heures", dit Tom, son regard se faisant plus sombre en repensant à tous les événements de ce jour, qui comme tant d'autres, avait changé le cours de leurs vies.
"Oui, en effet. Ce fut le commencement de certaines choses, et la fin de certaines autres", dit doucement Chakotay. Une fois de plus, le silence tomba dans la salle et Janeway ne manqua pas de remarquer que les yeux de Chakotay et Seven s'étaient rencontrés. Pendant un bref moment, une compréhension silencieuse passa entre eux deux. Le regard semblait une reconnaissance de quelque chose de spécial qui, même si c'était terminé depuis longtemps, s'était produit entre eux durant cette courte période.
Catherine posa une main sur l'épaule de Chakotay, non pas en signe de propriété ou de possession, mais plutôt d'amitié et de compréhension. Elle lança un regard plein d'affection à Seven, qui lui répondit en inclinant légèrement la tête. Les curs avaient peut-être changé, mais les amitiés étaient restées.
Tom reprit et leva son verre. "Que penseriez-vous de porter un toast ? A notre mission." Il glissa son bras autour de la taille de B'Elanna et l'attira près de lui. "Et pour toutes les leçons que nous avons apprises en chemin. Cela a changé nos vies, et je pense que nous sommes de meilleures personnes grâce à cela."
Les invités levèrent leur verre et se joignirent au toast. "A la mission", dirent-ils en écho.
"Ce fut une expérience incroyable", dit Janeway. "De celle que je suis heureuse d'avoir portée à sa conclusion." Elle regarda intentionnellement Chakotay qui se tenait à côté d'elle et leva à nouveau son verre. "A l'accomplissement."
On entendit des murmures d'approbation dans la salle tandis qu'ils repensaient à toutes les manières différentes dont le Voyager avait changé leurs vies, et à quel point c'était merveilleux d'être enfin à la maison. "A l'accomplissement."
 
***
 
Harry prit une profonde respiration, leva le bras, et le marteau qu'il tenait, au-dessus de sa tête, et le descendit pour l'écraser de toutes ses forces sur la piniata. La secousse qui en résulta se répercuta, de manière déplaisante, directement dans son bras et son épaule, créant une douleur lancinante qui ressemblait au tremblement qui avait secoué en même temps la table et ses jambes.
"Ouch", marmonna-t-il. "Cette chose ne pourrait-elle pas simplement se briser ?" Il se frotta le bras, montrant de la fatigue, grimaça, soupira, puis se prépara à lui asséner un autre coup.
Ce qui ne donna aucun résultat. Au contraire, cela ne servit qu'à l'agacer encore plus et à rendre son bras plus douloureux. Laissant tomber le marteau sur la table, il foudroya la piniata du regard, comme si le seul fait de la regarder la briserait en morceaux.
"Avez-vous besoin d'assistance ?" fit la voix de Seven of Nine derrière son épaule.
"a serait super, merci", répondit Harry, avec un peu trop d'emphase sur le 'super'.
"Quel est le problème ?" s'enquérit Seven.
"Cette maudite chose ne veut pas se briser ! J'ai eu beau essayer et essayer, je pense que la personne qui l'a assemblée a fait un trop bon travail." Harry fit une pause d'une seconde. "Une idée sur la manière de la briser ?"
Seven réfléchit un moment puis pointa une section de la piniata qui ne semblait pas différente du reste. "Essayez de la frapper là", recommanda-t-elle.
"Et pour quelle raison ?"
"L'analyse conduite par mes sondes optiques suggère que ce point en particulier est l'endroit le plus faible dans la construction de la structure. La logique dicte qu'en exerçant un impact précis sur ce point particulier, la charpente de la piniata devrait s'effondrer, et par ce fait la détruire, comme désiré."
Harry dut repasser la phrase à plusieurs reprises dans sa tête avant d'en saisir le sens.
"D'accord", dit-il. "J'ai compris. Laissez-moi essayer." Il leva à nouveau son bras et le descendit sur la piniata approximativement sur ce point désigné par Seven dans un impact résonnant.
Sans résultat.
Il se tourna dans l'expectative vers Seven. "Voilà pour la théorie."
Comme toujours, elle fût hautaine. "Vous ne devez pas avoir frappé exactement sur le point. Essayez encore."
Il le fit, toujours sans résultat, mis à part son poignet qui lui faisait mal.
"Comme je l'ai dit", dit-il, "votre idée ne semble pas bien fonctionner."
"Vous devez être légèrement hors du point d'impact."
"Ou vous pouvez vous tromper."
"Impossible."
Harry combattit l'envie de rire. C'était la manière d'opérer de Seven. Quand il y avait une opposition entre la technologie Borg et une évidence empirique, la technologie Borg gagnait toujours.
"Pourquoi n'essayez-vous pas, alors ?" la défia-t-il. Seven accepta, prit la piniata et lui assena un coup de toutes ses forces, avec le même résultat que tous les efforts d'Harry.
Il soupira et roula des yeux. Cela allait prendre du temps.
"Vous vous amusez ?" demanda la voix de Tom Paris derrière lui, une pile d'assiettes et de verres dans la main.
"Pas pour le moment", répondit Harry, observant sans conviction Seven assener un autre coup de toutes ses forces. "Ta piniata ne se brisera pas en morceaux, et si elle ne le fait pas, Miral ne pourra pas recevoir les derniers présents qui lui ont été promis."
"Ahh, ne t'inquiètes pas", sourit Tom d'une manière nonchalante. "J'ai pleinement confiance en toi."
"Tu pourrais apporter ton aide, tu sais. C'est ta fille..."
"Harry, Harry..." soupira Tom. "De quoi aurais-je l'air si j'étais surpris par une jeune fille de quatre ans et demi en train de jouer autour d'une piniata ? Naomi et moi devons nettoyer la table. Je suis désolé de ne pouvoir t'aider, mon pote... peut-être la prochaine fois."
Il disparut dans la cuisine. Harry gémit intérieurement et se résigna à passer la soirée à se battre contre une piniata entêtée. Il laissa son regard vagabonder dans la salle, vers l'endroit où toutes les femmes étaient occupées à devenir gaga pour Miral.
"Awwww..." Un soupir unifié sembla provenir de la plupart d'entre elle quand Miral leva une main et attrapa une mèche des cheveux de Catherine Janeway, tentant immédiatement de la mâcher.
Catherine n'eut pas conscience du roucoulement collectif. Elle était trop occupée à tenter d'extraire ses cheveux de la poigne tenace de Miral. "Vous avez de toute évidence une fille têtue, B'Elanna". Elle haleta, faisant la grimace quand ses cheveux furent remorqués et tirés encore plus vers le bas par un bébé très actif.
"Elle doit tenir ça de vous, alors", rétorqua B'Elanna, provoquant les rires de tout le monde et un regard foudroyant de Catherine, qui grimaça car elle avait dû lever les yeux pour lancer son regard, ce qui avait eu comme résultat de tirer d'un coup ses cheveux de la main de Miral.
"Ha, ha", marmonna sèchement Catherine. Mais elle devait admettre qu'il était bon de se faire taquiner par son ancien équipage pour une fois, au lieu de leur donner des ordres.
"Est-ce que je peux la prendre ?" demanda Sam.
"Faites attention, je crois qu'elle a eu trop de sucre ce soir", l'avertit B'Elanna en lui passant le bébé.
"Et n'oubliez pas de surveillez vos cheveux !" lança Catherine.
Miral, enjouée par toute l'excitation, remuait joyeusement jambes et bras dans les airs, provoquant un autre soupir collectif des femmes.
"Je me rappelle quand Naomi était comme ça", murmura Sam. "Elle était un peu plus grande... Avec la même habitude d'agripper les choses et les gens. Quelquefois, j'aimerais que tous les enfants restent à cette taille... ou du moins à la taille des bambins. Ils sont si mignons."
Il y eut un hochement de tête général de la part des autres femmes, puis Sam leva les yeux du petit visage de Miral, regardant vers Tuvok et le Docteur, qui étaient concentrés sur un sujet de conversation de l'autre côté de la salle.
"Aimeriez-vous la tenir ?" demanda-t-elle, faisant un geste vers Catherine.
"J'aimerais beaucoup", répondit-elle, acceptant gentiment le paquet. "Awww", dit-elle, ne pouvant s'en empêcher quand Miral lui fit un sourire édenté. "B'Elanna, est-ce que je peux la garder ?" supplia-t-elle.
"Pas question ! Ce n'est pas parce que vous avez été mon capitaine que cela signifie que je dois vous abandonner mon bébé ! Faites en un vous-même."
La vague que rire qui en résulta attira l'attention de Tom. Il glissa un regard vers les femmes qui riaient. Rien de nouveau de ce côté-là, elles réagissaient de cette manière envers Miral depuis un bon moment. Balayant la salle du regard, il remarqua que son père et sa mère étaient partis, probablement dans un endroit plus calme, pendant que Chakotay était assis dans les escaliers, un verre et une part de gâteau dans la main, avec un regard vacant et semblant très préoccupé.
Tom, bien sûr, fut immédiatement inquiet. C'était une fête d'anniversaire, pas des funérailles et c'était l'un de ces hôtes. C'était de son devoir de s'assurer qu'il s'amusait... Mais il ne pouvait réellement pas laisser Naomi nettoyer le reste de la table seule.
Par chance, il fut sauvé. "Oncle Tom ?" demanda la petite voix aigu de Naomi à la hauteur de sa taille. "J'ai terminé avec la table."
Tom regarda au-dessus d'elle. La table était vide. Il n'avait pas réalisé qu'ils étaient sur le point de terminer la dernière fois qu'il était reparti avec un autre chargement de vaisselles. Mais tout était clair et net.
Il sourit. "Merci, fillette. Vas t'amuser maintenant, d'accord ?"
Naomi fit un large sourire et courut s'amuser, laissant Tom libre. Il passa à la tâche d'égayer Chakotay, décidant d'adopter une approche enjouée.
"Alors, est-ce qu'il faisait froid pendant que vous attendiez votre transport ?" envoya-t-il, s'asseyant près de Chakotay.
Chakotay ne releva pas la plaisanterie. "Quoi ?" dit-il distraitement.
"Vous savez... vous êtes arrivé quinze minutes après le capitaine ?"
"Oh, ça. Oui, c'est vrai. Pourquoi ?"
"C'était simplement une coïncidence, c'est tout... Vous n'auriez pas par chance délibérément planifié ça, n'est-ce pas ?" demanda-t-il d'une manière innocente, tentant de soutirer un peu plus d'information de Chakotay.
"Très drôle, Tom", fut la réponse de Chakotay avant qu'il ne prenne une gorgée de sa boisson.
Tom décida sagement de ne pas approfondir le sujet. "Alors qu'avez-vous fait ses dernières semaines ?" sonda-t-il gentiment, tentant d'engager la conversation.
"Hein ?" répondit distraitement Chakotay, avant d'enregistrer la question. "Oh... réellement pas grand chose." Ce n'était pas vraiment une réponse, il le savait, mais ça irait. Il avait bien d'autres choses en tête en ce moment.
Il voulait parler avec Catherine. Il avait besoin de parler à Catherine.
Il saisit un mouvement du coin de l'il. Regardant de ce côté, il épia Catherine qui s'excusait discrètement auprès du groupe de femmes bruyantes qui gloussaient en entouraient Miral, pour se diriger silencieusement vers la porte de derrière, sans que personne, excepté lui, ne la remarque. Il savait qu'elle devait se sentir plus ou moins comme lui. Elle n'aurait jamais quitté le groupe des femmes à moins qu'elle ne soit préoccupée.
En fait, ils l'étaient tous les deux. C'était probablement la meilleure opportunité qu'il aurait de lui parler et il devait profiter de l'occasion.
"Tom", dit-il. Paris se tourna vers lui. Tom ne semblait pas avoir remarqué qu'il avait épié Catherine ni vu le départ de Catherine, ce qui était encore mieux.
"Tenez", dit Chakotay, lui donnant son verre. "Terminez-le pour moi, voulez-vous ? Je ne peux plus à en avaler une goutte."
"Heu. Bien", dit Tom surpris. Et avant qu'il ne puisse le questionner, Chakotay se leva, son gâteau dans la main.
"Merci", dit-il avant de traverser la salle pour se diriger vers les portes coulissantes vitrées. Il regarda rapidement autour de lui, s'assurant que l'attention de Tom avait été détournée, puis suivit les pas de Catherine vers l'extérieur dans l'air frais de la nuit de l'arrière cour où elle se tenait de manière silencieuse.
 
***

Le soleil se couchait quand Chakotay sortit par le porche arrière. Il avait toujours la petite assiette de gâteau dans la main quand il descendit les marches donnant sur la cour. Catherine se tenait à quelques pas de la porte, presque invisible dans le crépuscule, appuyée contre le tronc d'un des grands arbres.
Elle avait le regard levé vers la lune, laquelle venait juste d'apparaître au-dessus de l'horizon. Prenant une profonde respiration, il traversa la cour et s'immobilisa à côté de l'arbre, derrière elle. Il fit une pause pour apprécier la manière dont les dernières lueurs pourpres du couché de soleil se reflétaient dans ses cheveux et ses yeux, et il prit conscience que ceci était le point tournant de leurs vies.
Ils restèrent là silencieux pendant un moment, jusqu'à ce qu'elle prenne la parole, regardant toujours devant elle. "Chakotay, as-tu déjà remarqué que peu importe de nombres de lunes que tu vois en orbite autour des planètes, celle-ci est différente ?" soupira-t-elle tout bas. "Même la scientifique en moi est en admiration devant elle. Elle est plus belle que n'importe quelle lune extraterrestre. Même quand j'étais enfant, même quand j'ai pu énumérer la composition de ses minerais et nommer les colonies qui s'y trouvaient, elle gardait toujours un certain mystère. Comme si je pensais que ce n'était que le commencement de l'histoire."
Il hocha la tête, bien qu'elle ne le regardât toujours pas. "J'avais l'habitude de regarder la lune quand j'étais à l'académie et j'entendais les gens en parler de cette manière, mais je ne les avais jamais vraiment compris... jusqu'à maintenant."
"C'est amusant de voir à quel point le contexte et le temps changent les choses, n'est-ce pas ?" répondit-elle. "Les choses qui avaient peu d'importance peuvent devenir précieuses et vos grandes priorités peuvent s'estomper", termina doucement Catherine avant de se retourner pour le regarder.
"Oui, un tas de choses peuvent changer, plus vite que nous pouvons le réaliser", dit-il, voyant quelque chose de singulier dans les yeux de Catherine. Ils restèrent là pendant un moment, avant qu'il ne reprenne la parole. "Catherine, j'ai besoin de te parler de certaines choses..." commença-t-il. Mais elle le coupa.
"Ce n'est pas nécessaire. J'étais à la même table ce soir. Tu ne me dois aucune explication."
"Catherine, je veux l'expliquer. S'il te plaît, donne-m'en l'occasion."
"Vais-je regretter d'écouter cela ?" demanda-t-elle en souriant faiblement.
"Non, j'ai simplement besoin de clarifier certaines choses à propos de la situation avec Seven."
"Situation ?" demanda-t-elle en arquant un sourcil.
"Très bien, appelons cela ma période temporaire de folie ou ma crise de la cinquantaine. Comme tu préféreras", dit-il en baissant les yeux. "Je suis désolé de t'avoir blessée comme ça. J'aurais aimé avoir pu arranger les choses avec toi d'une manière ou d'une autre", soupira-t-il.
Elle le fixa un long moment tout en argumentant intérieurement. Finalement, la partie de Catherine qui aimait rêver et regarder la lune gagna. "J'aurais pu faire un peu plus pour aider. Même quand j'ai su que c'était terminé avec elle, j'ai laissé ma fierté se mettre en travers de nous Chakotay. Ma fierté et mon entêtement." Elle soupira à nouveau. "Moi aussi, je suis désolée."
Il se détendit un peu à ses paroles et leva le regard pour rencontrer ses yeux. "Et bien il n'est pas nécessaire qu'il y ait une fin malheureuse. Peut-être que tout ceci est arrivé pour une raison précise ? Pour pousser deux personnes à la tête dure à raisonner. Après tout, nous sommes ici, maintenant." Sa voix s'estompa à nouveau.
Elle bougea nerveusement et descendit ses yeux sur ses mains. Remarquant le gâteau, elle en profita pour changer de sujet. "Nous sommes tous les deux ici, mais tu es le seul à avoir une part de gâteau. Quand j'ai voulu en avoir un morceau, on m'a dit qu'il n'en restait plus."
Il gloussa. Ce n'était pas le sujet dont il voulait parler, mais c'était mieux qu'un regard froid. "J'ai toujours de l'influence auprès de B'Elanna. Elle m'en a gardé un morceau."
"Et bien, je suppose que ça montre où j'ai échoué. Je vois que la loyauté des Maquisards est toujours profondément ancrée. Alors, je suppose que tu vas comprendre cette manuvre", dit-elle en s'emparant du gâteau qu'il avait dans la main.
Il se remit du choc et l'attrapa, agrippant la main qui tenait le gâteau. "Attention", l'avertit-elle, "c'est le dernier morceau."
"Hmmm, je suggère un compromis", répondit-il, "Ummph ! Mais tu dois cesser de t'agiter, sinon aucun de nous n'aura quoi que se soit." Combien de fois cela avait été le cas dans leur relation ? Il gloussa à nouveau à cette ironie.
"Très bien, une trêve", dit-elle. "Et nous partageons le gâteau ?"
"Nous partageons le gâteau, en parties égales."
"Où est la fourchette ?" demanda-t-elle.
"Oh, je n'avais pas planifié de manger à l'extérieur, puis Tom m'a accosté à la porte, et du coup... Il n'y a pas de fourchette." Il haussa les épaules.
"Cela ressemble au scénario classique de survie. La nourriture est à notre portée mais nous n'avons aucun moyen de la manger. Une suggestion ?" dit-elle sur un ton de commande moqueur.
"Et bien, je pense que nous devrions innover dans la meilleure tradition de Starfleet. Nous improvisons, bien sûr." dit-il en prenant un morceau de gâteau et le guidant vers la bouche de Catherine.
Elle l'observa pendant un moment, puis ouvrit lentement la bouche, penchant la tête pour prendre l'un des coins de la part. Mordant dedans, elle recula pour en savourer le goût pendant un moment. "Mmmm. a valait l'effort", dit-elle en souriant.
Il resta là, sans bouger, la fixant, tenant toujours le gâteau en l'air. Elle leva la main et prit la sienne, orientant le gâteau vers ses lèvres. Il ne réagit pas tout de suite, puis il ouvrit la bouche et prit une bouchée du gâteau, ses yeux ne quittant jamais ceux de Catherine, ses lèvres caressant son petit doigt quand il les referma.
Elle avala doucement, et il se pencha plus près entourant de son bras libre. Il ramena le gâteau vers la bouche de Catherine, ne voulant pas perdre cet instant. Mais il n'était toujours pas sûr de savoir vers quoi ils se dirigeaient. Elle prit une autre bouchée et parvint à glisser sa langue sur son majeur dans le geste. Puis elle se pencha à nouveau en avant et prit son doigt dans sa bouche, suçant gentiment le glaçage qui se trouvait dessus.
Elle relâcha son doigt, appuyant sa tête contre l'arbre, et attendant de voir ce qu'il allait faire ensuite.
Soudain, ils entendirent tous les deux un craquement du côté de la porte de derrière. Il laissa tomber sa main, elle se redressa et il se recula. Chakotay reposa le gâteau sur l'assiette et ils nettoyèrent rapidement le reste du glaçage sur leurs mains.
C'était Owen, qui cherchait évidemment quelqu'un. Après un moment il les repéra à côté de l'arbre. "Catherine, Chakotay, on vous demande à l'intérieur. Mon fils n'apprécie pas que ses anciens officiers supérieurs quittent furtivement la fête, comme ils l'ont fait trop souvent avant."
"Très bien, 'papa'. Nous allons rentrer, dans un moment", rétorqua Catherine en gloussant.
Owen secoua la tête en faisant une grimace et retourna à l'intérieur.
"Où en étions-nous ?" dit-elle tournant son regard vers Chakotay.
"Je crois que nous mangions ce gâteau", dit-il en se rapprochant à nouveau d'elle.
"Exact, le gâteau. Je l'avais presque oublié", dit-elle comme son bras glissait à nouveau autour d'elle, l'attirant près de lui.
"Tu sais que Tom se doute de quelque chose. Il m'a fait subir un interrogatoire quand je suis arrivé."
"Vraiment ? Comme c'est inhabituel ?" rit-elle. "Et bien laissons-le se poser des questions." Elle fit une pause et baissa le regard vers sa bouche. "Bien sûr, nous ne voulons pas fournir plus d'eau à son moulin à rumeur."
Chakotay se tendit légèrement, craignant qu'elle ne s'écarte. Puis il resta sans bouger quand elle se pencha et nettoya gentiment le glaçage sur le côté de sa bouche avec sa langue.
Il haleta quand il réalisa ce qu'elle faisait. Il la tira soudainement contre lui, serrant ses lèvres contre les siennes. Laissant tomber l'assiette de gâteau, il amena son autre main derrière son cou et continua à l'embrasser, la retenant comme si sa vie en dépendait.
Après quelques minutes, Catherine se recula légèrement. "Chakotay..."
"Hmm ?" répondit-il.
"De l'air", haleta-t-elle.
Il gloussa et serra son front sur le sien. Ils reprirent tous les deux leur souffle.
"Ils vont revenir voir ce que nous faisons dans peu de temps", soupira-t-il, caressant gentiment sa lèvre avec un doigt et la maintenant contre lui.
"Oui. Nous devrions y aller." Elle hocha la tête, sans briser le contact.
"Oui, mais avant, promets-moi que nous continuerons cette conversation plus tard. Il y a d'autres choses que j'aimerais te dire."
"Très bien. Choisis l'endroit et l'heure et j'y serai."
Il la serra fermement pendant un moment puis la relâcha lentement.
Ils prirent tous les deux le temps de défroisser leurs vêtements, puis elle prit le bras qu'il lui offrit et ils se mirent en marche vers la maison, oubliant le gâteau sur la pelouse.
 
***
 
Miral dans ses bras, Tom lui fit faire un piqué, après quoi elle gloussa quand il ramena son corps rondelet vers lui en la berçant.
"Puis-je avoir l'attention de tout le monde, s'il vous plaît ?" appela-t-il. B'Elanna le regarda, surprise. Tom n'allait pas se lancer dans un discours, il avait dit à peine plus de trois mots à leur mariage.
"Tom ?" demanda B'Elanna, allant se placer à côte de lui. Pour toute réponse, il se contenta d'utiliser le sourire, sa marque de commerce. Pendant ce temps, tout le monde s'était assemblé autour de Tom.
"Je voudrais remercier tout le monde pour votre présence", dit sincèrement Tom. "a faisait longtemps. C'est réellement bon d'avoir tout le monde à nouveau au même endroit."
"Oyé, oyé !" Harry leva son verre et le reste de l'assemblé applaudit. B'Elanna le regarda.
"Et bien, c'était vraiment une surprise", dit-elle à voix basse. "Je ne m'étais pas attendu à ce que tu deviennes sentimental à ce point."
Tom lui lança une grimace excentrique. "Mais je n'ai pas terminé."
B'Elanna souleva un sourcil. "Non ?"
"Non", dit Tom. "En fait, je me suis arrangé avec mon père pour qu'il prenne Miral pour la nuit..." Sa voix se transforma en un ronronnement séducteur. "Pour que toi et moi puissions passer quelques heures mémorables ensemble."
"Oh ?" murmura B'Elanna. Elle lui prit Miral. "J'aime ce que j'entends."
"C'est ce que j'avais pensé."
"Qu'as-tu en tête ?"
"Pas devant les invités", dit Tom d'un ton espiègle. Il sourit. "Tu devras attendre pour le découvrir. Je ne te dévoilerai rien."
B'Elanna fronça les sourcils. "Tu sais que je hais le suspens."
Tom lui fit un large sourire. "Je crois que certains de nos invités partent..."
Les au-revoirs furent assez rapides. B'Elanna se sentait légèrement mal à l'aise. Est-ce que tous leurs invités avaient entendu Tom faire ses commentaires à voix basse sur ses plans pour eux ce soir ? Même Harry passa près d'elle avec un sourire sournois sur le visage.
"Je te parlerai plus tard, B'Elanna", dit gentiment Harry. "Et, Tom, j'espère que tu passeras une bonne nuit."
Après le départ de tous les invités, B'Elanna posa Miral sur le sol.
"Alors, en quoi exactement consiste ta surprise ?" demanda-t-elle. "Tout le monde semblait savoir en quoi elle consiste..."
Tom baissa le regard sur Miral, qui avait de toute évidence pris un grand intérêt aux boîtes, rubans et autres papiers dans lesquelles étaient arrivés ses cadeaux.
"C'est une surprise", dit Tom. B'Elanna roula les yeux.
"Tu l'as déjà dit."
"Oui", dit intensivement Tom. "Mais c'est quelque chose que tu devras ruminer. J'avais toujours eu l'intention de le faire depuis nous sommes revenu, et c'est la meilleure occasion."
B'Elanna ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais il était évident par l'expression 'bouche cousue' de Tom qu'il n'avait pas l'intention de lui révéler quoi que se soit de plus. Elle secoua la tête et s'apprêta à nettoyer les restes de la fête. Elle devrait simplement attendre et voir ce que Tom avait en réserve pour elle.
 
***
 
"Quels sont vos projets pour le futur, Commandeur ?" demanda Seven quand elle, Tuvok et T'Pel sortirent avec le reste des invités après la fête d'anniversaire de Miral.
"Je continuerai à passer mon congé avec ma famille sur Vulcain", répondit Tuvok. "Je recherche aussi un poste sur un autre vaisseau stellaire."
"Comme la plupart de l'équipage qui reste dans Starfleet", commenta Seven. "Ce fut... bon de vous revoir, Commandeur."
"Nous vous faisons nos adieux, Seven", dit Tuvok. Il leva la main dans le salut en 'V' Vulcain. "Paix et longue vie."
Seven lui retourna le geste en répondant. "Vivez longtemps et prospérez, Commandeur." Tuvok et T'Pel se retournèrent et quittèrent gracieusement la résidence de l'Amiral. A ce moment, Harry Kim approcha l'ancienne drone.
"Salut, Seven", dit chaleureusement Kim. "Pouvons-nous... faire une promenade ?"
"Je crois que ça serait acceptable", répondit Seven. Ils descendirent ensemble le court sentier entre la maison et la rue, puis tournèrent et commencèrent à marcher le long du trottoir.
"Alors", commença Kim après quelques instants de silence. "Comment ça va ?"
"Je vais bien", répondit Seven. "Ma tante s'efforce de m'aider à m'adapter à la vie sur Terre."
"C'est une bonne nouvelle", dit Kim. "Je... Je m'inquiétais pour vous. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive quoi que ce soit de mauvais."
"Pas plus que moi pour vous", lui dit Seven.
"Je..." débuta à nouveau Kim, hésitant, après une autre courte pause dans leur conversation. "Je voulais vous demander... Je veux dire, je me demandais si vous vouliez vous joindre à moi pour une sortie."
"Une sortie ?" demanda Seven.
"Oui", répondit Kim.
"Je ne suis pas certaine..."
"a sera amusant", l'interrompit Kim. "Il y a un endroit que je voudrais vous montrer."
"Quand proposez-vous que nous embarquions dans cette... sortie ?" demanda Seven.
Soulagé, Kim lui fit un autre large sourire. "Rien ne vaut le temps présent", dit-il.
 
***
 
B'Elanna sentit le chatouillement familier du téléporteur. Quand elle se rematérialisa, elle avança à l'aveuglette, détestant le bandeau sur ses yeux.
"Tom ?" demanda-t-elle, quand ses mains ne rencontrèrent rien. Elle pouvait entendre Tom glousser. "Où es-tu, Tom ?"
"Quelque part que tu aimeras", répondit son mari, énigmatique.
"a, ça m'aide", rétorqua B'Elanna. Elle renifla l'air. "a sent un endroit où nous avons été avant..."
"Oh, tu es définitivement venu ici avant", dit Tom, d'une voix soyeuse, tout près de son oreille. D'une caresse douce, ses mains brossèrent ses cheveux et retirèrent le bandeau. "C'est Chez Sandrine."
"Chez Sandrine ?" demanda B'Elanna quand le bandeau fut retiré. Elle regarda autour d'elle. Le restaurant était exactement comme elle se le rappelait dans le programme holographique, jusqu'à la vue de Marseille par la fenêtre. "Et c'est spécial pour quelle raison ?"
Tom posa un léger baiser sur la joue de B'Elanna. "Parce que Sandrine a accepté de nous laisser la place pour la nuit."
"Pour la nuit ?" demanda B'Elanna d'une voix amusée. "Toute la nuit ?"
"Toute la nuit", dit Tom. Il posa un baiser sur ses lèvres, sur la courbe de sa mâchoire. Mettant ses doigts en coupe, il les plaça à l'arrière de son cou.
"Cela semble long", murmura B'Elanna. "Qu'allons-nous faire de tout ce temps ?"
"Hmmm", dit Tom. Il fit gentiment faire demi-tour à B'Elanna. "Premièrement, un dîner." Il indiqua la table recouverte d'une nappe blanche et d'un ensemble de porcelaine. Des chandelles brillaient au centre de la table.
"Ensuite ?" chuchota B'Elanna.
"Le dessert", sourit Tom. "A moins que nous ne laissions tomber le dîner..."
B'Elanna secoua la tête et se libéra des bras de Tom pour inspecter la table. L'ensemble de porcelaine était magnifique, blanc avec des garnitures d'argent. A coté de chaque assiette se trouvait un menu. B'Elanna le prit.
"Salade verte des champs sauvages et sa vinaigrette aux amandes", lut-elle. "Potage à la Tomate et basilique, façon alfredo" Elle s'arrêta. "Tom, c'est beaucoup trop."
"Non", dit-il doucement en couvrant la distance entre eux. "Vois cela comme une compensation du temps où nous avons été séparés cette année."
B'Elanna se sentit fondre sous la chaleur pure du sourire de Tom et au ton séducteur de sa voix.
"Merci", dit-elle. Elle prit sa main dans la sienne, le tirant vers elle. "Tu m'as manqué."
"Tu m'as manqué aussi", dit Tom doucement. Leurs lèvres se rencontrèrent lentement. Après un moment, Tom brisa leur étreinte. Il tira la chaise, faisant un geste à B'Elanna pour qu'elle s'assoie. "Rappelles-toi", dit-il. "Le dessert, c'est à la fin."
 
***
 
Seven of Nine et Harry Kim étaient assis à une table sur la terrasse d'un restaurant de la Piazza del Corso à Rome. Le soleil était de plus en plus bas sur l'horizon, allongeant les ombres le long des anciennes rues pavées. Des enfants couraient en passant, jouant innocemment, pendant que l'ancienne génération vaquait à son commerce de rue et d'articles sur le trottoir, comme cela se faisait depuis des siècles. Harry buvait à petite gorgée son expresso, tandis que Seven s'était limitée à un thé aux herbes. Elle avait découvert, il y avait longtemps sur le Voyager, que la caféine avait un effet adverse sur ses nanosondes, de même que le synthéhol. Une petite gorgée du café du Capitaine Janeway lui avait donné des tiques nerveux pendant six heures.
"Vous vous êtes assez bien distingué", dit Seven de l'autre côté de la table en lui souriant, "depuis le retour du Voyager dans le Quadrant Alpha."
Il lui retourna son sourire et baissa le regard sur son expresso, évitant le contact direct de ses yeux. "Au début, je n'étais pas sûr de la manière dont les choses allaient tourner", admit Kim. "Le procès, les interrogatoires, les répercussions pour vous... Je dois admettre que j'ai été inquiet pendant un bon bout de temps."
"Pour quelle raison ?" demanda Seven, montrant de la perplexité. "Aucune accusation quelle qu'elle soit ne pouvait être formulée contre vous."
"Pas pour moi-même", répondit Kim, regardant sincèrement vers elle. "Pour mes compagnons d'équipage. Pendant les huit dernières années, ils ont été ce qui se rapprochait le plus d'une famille pour moi. Je ne voulais pas qu'il leur arrive quoi que se soit. Spécialement à vous, Tom ou B'Elanna. Pas après ce que nous avions traversé, et spécialement pas après qu'ils aient finalement fondés quelque chose ensemble."
"Ils semblent s'être adaptés assez bien aux changements de leurs status quo", commenta Seven.
"C'est du Tom et B'Elanna tout craché", dit Kim. "Ils ont le don de rebondir aux coups durs."
"En effet", reconnut Seven. Elle fit une pause, restant pensive un moment, puis reprit, regardant Kim avec son plus doux sourire. "Je suis... heureuse que vous ayez choisi de passer la soirée avec moi, Harry."
"Je suis aussi heureux de passer un peu de temps avec vous", répondit Kim. Il baissa le regard sur son assiette, remarquant que lui et Seven avaient terminé leur repas. Il se leva de sa chaise et Seven le suivit aussitôt.
"Vous souhaitez partir ?" lui demanda-t-elle.
"Je... Je pensais que vous pourriez souhaiter aller faire une promenade, si cela vous convient ?"
"Cela serait des plus acceptables", lui répondit-elle en souriant.
Tandis qu'ils commençaient à descendre les antiques rues italiennes, Kim s'approcha de Seven, appréciant leur proximité et étant parfaitement sûr que l'un et l'autre se sentaient à l'aise et en confiance ensemble. La main d'Harry frotta celle de Seven entre eux deux. Ils continuèrent à marcher en silence, s'échangeant l'un et l'autre des regards occasionnels tout en traversant la Piazza del Popolo.
Il pensa à tous les revirements et tournants qui avaient eu lieu dans leur relation, passant de compagnons de travail, à amis, et maintenant à... à quoi ? Durant sa première année à bord du Voyager, il avait été assez attiré par elle, mais elle n'avait pas assez d'expérience avec son humanité pour lui retourner son affection, voire même reconnaître qu'elle en avait une. Et c'est pour cette raison qu'il avait mis ce fantasme de jeunesse de côté, acceptant la destinée comme elle était.
Dans l'interlude, il avait découvert Derran Tal, et puis plus tard redécouvert Lindsay Ballard. Dans les deux cas, cela s'était mal terminé, s'ajoutant à la liste des échecs romantiques de Kim Harry. Seven, d'un autre côté, avait eu ses propres faiblesses romantiques en chemin. Il avait été surpris d'apprendre son attirance envers Chakotay, mais il devait admettre que cet intérêt lui avait permis de se donner accès total à l'héritage émotionnel à sa disposition.
Peut-être était-ce exactement la manière dont cela devait se passer, pensa Harry. Lui et Seven avaient eu besoin de temps pour explorer avec d'autres et mûrir en tant qu'individus avant d'être prêts à tenter quelque chose ensemble. Il devait admettre que le rendez-vous romantique de ce soir était des plus éloignés de cette fameuse nuit dans le mess du Voyager, cinq ans auparavant, quand elle avait perçu son inspiration soudaine comme un rituel d'accouplement.
Oui, pensa-t-il fièrement, nous avons tous les deux mûris, en regardant le reflet du soleil levant sur son visage et l'éclat dans ses yeux.
Ayant atteint leur destination, ils s'arrêtèrent tous les deux pour regarder le lever du soleil. Seven se tourna vers Kim, le regardant en silence pendant un moment, puis posa une question. "Harry, cherchez-vous à modifier la nature de notre relation ?"
"Cela dépend", dit-il en se tournant vers elle, un large sourire au visage et un gloussement dans la gorge. "Si je propose un tel changement", lui retournant la question, "seriez-vous réceptive ?"
Elle sourit franchement. "Je le serais", répondit-elle simplement.
Kim lui retourna son sourire, puis posa une main sur sa joue et la guida pour que leurs lèvres se joignent. Les deux s'étaient enfin retrouvés.
 
***
 
La Terre semblait tellement calme vue du vaisseau tapi sur son orbite. Le regard de John descendit sur les continents qui passaient, se demandant comment la Terre en était arrivée aussi loin dans son histoire. Ils avaient évolué d'ancêtres humanoïdes primitifs jusqu'à une grande puissance galactique. Quelquefois, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander s'ils n'auraient pas tous été plus heureux s'ils étaient restés sur leur planète au lieu que de partir à l'aventure. Le besoin humain pour l'exploration semblait absolument sans importance quand ils faisaient face à une menace comme celle qui approchait.
Il se tenait dans le salon d'observation de son vaisseau tactique, le Philadelphia. Starfleet ne savait pas que ce vaisseau existait, pas plus que la Fédération. C'était une classe de vaisseau spécialement conçu par les ingénieurs de la Section 31, pour la Section 31. La Fédération ne connaîtrait jamais ce vaisseau ni ses missions. Ils ne sauraient jamais qui il était lui-même.
Il entendit les bruits de pas de quelqu'un derrière lui et se retourna pour regarder son Premier Officier s'approcher de lui. "Seagal s'est présenté au rapport, Monsieur. Il dit qu'ils sont prêts à y aller."
"Très bien", répondit John, ne quittant pas du regard la planète en bas. "Dites-leurs de commencer."
"Oui, monsieur."
 
***
 
L'air miroitait et un air de musique résonnait devant une modeste maison de Norvège tandis que deux personnes se matérialisèrent sur le trottoir voisin, la lumière du téléporteur se réfléchissant sur les arbres et la façade des bâtiments dans le ciel bleu sombre. Les rues au petit matin étaient calmes. C'était une petite ville, le plus proche voisin étant à près d'un kilomètre et seul un réverbère occasionnel illuminant la nuit. Harry et Seven s'approchèrent de la porte d'entrée à pied, les mains entrelacées, un sourire contenté sur leurs visages.
"J'ai passé une soirée très agréable, Harry", dit-elle, son visage rougissant.
"Tout comme moi", dit Harry, rayonnant à son bonheur. "J'aimerais te revoir", dit-il comme ils s'arrêtaient devant le seuil de la porte.
"Le plus tôt serait le mieux", répondit doucement Seven, réalisant qu'elle et Harry Kim étaient maintenant, officiellement, un couple. "Il n'était pas nécessaire de m'escorter jusqu'à la maison de ma tante. Je suis plus que capable d'utiliser le téléporteur toute seule."
"Je sais. Je voulais juste le faire", lui dit-il. Il se pencha pour l'embrasser, mais elle posa une main sur ses lèvres, l'arrêtant.
"Je crois que nous sommes sous surveillance", dit-elle avec un sourire. Kim regarda autour de lui nerveusement, puis se détendit quand Seven désigna la fenêtre éclairée au deuxième étage. "Ma tante nous a observé."
"Elle veut probablement s'assurer", répondit jovialement Kim, "que ton rendez-vous est un monsieur respectable."
Seven répondit en souriant. "Je peux lui assurer qu'il l'est plus que certainement." Il se pencha à nouveau pour l'embrasser et cette fois, elle ne l'arrêta pas.
Il rompit le baiser un moment plus tard et les deux amis se dirent au revoir pour la nuit, ou plutôt le matin. Harry resta pour observer pendant que Seven tapait le code d'accès de la porte. Une fois certain qu'elle était rentrée à la maison, il rebroussa chemin jusqu'à la rue.
"Alors", fit la voix d'Irène Hansen depuis l'intérieur de la maison. "Comment était ta soirée ?" Harry rit en essayant d'imaginer le premier compte-rendu d'après rendez-vous de Seven. C'était quelque chose qu'il avait dû supporter maintes fois avec sa propre mère.
Harry marchait tranquillement le long de la rue sombre, heureux de ce monde et de tout ce qu'il comprenait. C'était un matin parfait, frais, mais pas froid. Mais cela n'aurait pas dérangé Harry Kim, car ilrayonnait de l'intérieur.
"Monsieur Kim", l'appela une voix depuis l'obscurité alors que le jeune lieutenant marchait sur le trottoir. Il se retourna, cherchant d'où venait la voix. Pendant qu'il cherchait, une forme sortit de l'ombre des arbres, lui sautant dessus.
Harry lutta avec son attaquant, se rappelant chaque technique qu'il avait appris durant ses classes d'autodéfense. Mais l'assaillant mystérieux était plus fort que lui et lui donna un coup douloureux dans le ventre. Tandis que le jeune homme s'affaissait à cause du coup porté par son ravisseur, l'attaquant tapa sur le communicateur placé sur sa poitrine.
"Ici Kelley", dit-il. "Je l'ai."
Les deux furent enveloppées de la lumière relativement aveuglante d'un téléporteur quand Seven bondit de la porte d'entrée de la maison de sa tante, ses sens aiguisés l'ayant alerté de l'altercation. Elle était restée à la fenêtre, voulant observer son galant s'éloigner jusqu'à la dernière seconde possible, quand elle avait vu l'attaque. Elle sortit précipitamment pour venir en aide à Harry, sa tante appelant après elle, mais c'était trop tard.
"Harry !" appela désespérément Seven. Les larmes lui montaient aux yeux. Elle était submergée par les émotions. D'abord le désespoir, quand elle avait vu Harry Kim se faire enlever devant ses yeux et la crainte pour sa sécurité, puis la colère contre ceux qui avaient commis l'enlèvement aussi bien que contre elle pour son incapacité à réagir. Elle commença à sangloter sans pouvoir se contrôler, ses émotions devenant plus qu'elle ne pouvait en supporter, ce qui l'irritait d'autant plus.
Irène l'avait rapidement suivi à l'extérieur, sa confusion augmentant face à la situation. D'abord, sa nièce était rentrée à la maison presque étourdie après une soirée avec un homme pour lequel elle avait des sentiments, puis elle avait soudainement bondi par la porte et maintenant, elle était à genoux, sanglotant.
"Annika", dit Irène. "Qu'est-il arrivé ?"
"Quel... Quelqu'un a enlevé Harry", dit Seven d'une voix étranglée entre deux sanglots, ses larmes coulant maintenant sans retenue.
"Un enlèvement ? Ici ? Je ne peux pas y croire ! Il n'y a pas eu d'acte de violence dans ce quartier Depuis des décennies !" dit Irène, aidant Seven à se relever. "Nous devons appeler la police."
"Non", répondit Seven, commençant à regagner un peu sa maîtrise de soi. "On ne peut pas faire confiance aux autorités."
"Quoi ?" demanda Irène d'un air incrédule. "Comment peux-tu penser ne pas appeler la police ?"
"Je ne peux pas l'expliquer sans te mettre en danger aussi", répondit Seven, une détermination sinistre accompagnant à sa déclaration. Elle tapa sur le communicateur civil qu'elle portait depuis le retour du Voyager. "Seven of Nine à B'Elanna Torres."
 
***
 
La musique était légère, presque aérienne et onirique, tandis qu'ils flottaient à travers la piste de danse. B'Elanna ne connaissait pas bien la musique française, mais Tom lui avait assuré que ce type de musique avait été extrêmement populaire en France pendant le vingtième siècle. B'Elanna soupira avec contentement quand elle sentit les bras de Tom l'enlacer fermement. Depuis combien de temps n'avaient ils pas passés de temps seuls, libérés du stress des douze derniers mois ?
"C'était une merveilleuse idée", dit B'Elanna. "Tu sais, pour un pilote, tu t'en tires spectaculairement bien."
Les yeux de Tom scintillèrent en réponse. "Je ne suis pas encore épuisé, tu sais. Nous avons une chambre en haut..." sa voix s'abaissa. "Et la nuit està peine commencée."
"Maintenant, tu parles par pure complaisance", dit B'Elanna. Elle renversa légèrement la tête en arrière tandis que Tom se baissait pour l'embrasser.
"Aucune complaisance", dit Tom. "Cette nuit nous est due depuis un an. Tu te souviens ?" B'Elanna rit doucement. A peu près une semaine avant la naissance de Miral, Tom avait eu désepérément besoin de son attention, lui rappelant que ce serait la dernière fois qu'ils seraient seuls dans les dix-huit prochaines années.
"Tu as raison, je te la dois", dit B'Elanna. "Mais pas ici, Tom. Tu penses à Miral ?"
Tom passa sa main dans les cheveux de B'Elanna. "Elle va bien, elle est avec mes parents, ne t'inquiètes pas."
"Et si quelque chose arrive pendant la nuit ?"
"Alors nous toujours nous téléporter", dit Tom. "B'Elanna..."
Elle ne pouvait jamais résister à ce délicieux ton de voix. "Tu as raison", dit-elle. "Ca fait longtemps..."
"Je savais que tu serais d'accord", dit Tom. Il l'embrassa de nouveau et malgré la musique, ils s'arrêtèrent de danser quand leurs lèvres se rencontrèrent. B'Elanna sentit son corps se réchauffer quand elle enlaça son mari.
"A propos de la chambre..." La voix de B'Elanna se fit toute basse. Tom la regarda, un mélange d'amour et de désir dans les yeux. Durant toutes ces années où ils avaient été ensemble, ce regard réussissait toujours à désarmer B'Elanna.
"Oui", dit Tom. Il prit sa main.
Ils étaient à mi-chemin des escaliers quand le communicateur grésilla. B'Elanna s'arrêta.
"Tom ?" demanda-t-elle. "As-tu... ?"
"J'ai entendu", dit il, une note d'irritation se glissant dans la voix. Il retira son communicateur. "J'ai spécifiquement demandé à ne pas être dérangé..."
"Kahless, Miral", dit B'Elanna. Elle s'effondra dans une chaise. "Tom, et si quelque chose est arrivé à Miral ?"
"B'Elanna", dit Tom. Sa voix semblait assez calme, mais B'Elanna le connaissait assez bien pour détecter la légère note de panique. "Laisses-moi vérifier, d'accord ?" Il traversa le restaurant et entra son code dans la console de communication. "Cela vient de Seven."
"Seven ?" demanda B'Elanna curieusement, un peu soulagée. Si c'était Seven qui appelait, il y avait de grandes chances que Miral ne soit pas la raison de cette interruption. Elle se leva pour rejoindre son mari. "Que dit-elle ?"
"Donnes-moi une seconde", dit Tom d'un air agacé. "Seven, c'est Tom."
Le visage de Seven apparut sur l'écran. "Je cherche... B'Elanna." Même maintenant, le nom glissait peu familièrement sur langue de Seven.
"Qu'y a-t-il, Seven ?" demanda B'Elanna.
"Le Lieutenant Kim a disparu."
"Quoi ?" demanda B'Elanna. Elle et Tom échangèrent un regard. "Seven, je ne comprends pas."
"Je crois qu'il a été enlevé", dit Seven. "Peut-être suite à l'enquête que nous avons entreprise."
"Quand est-ce arrivé ?" demanda Tom.
"Il y a une heure. Nous étions..." Seven semblait énervée. "Nous marchions et il a été téléporté. J'ai essayé d'entrer en contact avec lui, mais il n'y a eu aucune réponse."
B'Elanna regarda Tom. "Nous ferions mieux d'aller là-bas", dit-elle.
Tom inclina la tête. "Nous arrivons, Seven. Et je parlerai à mon père pour voir s'il peut nous aider."
"Merci", dit Seven. "Et je suis désolée d'avoir interrompu votre soirée."
"Non, non", dit B'Elanna rapidement. "Nous sommes heureux que vous nous en ayez parlé. Si Harry a des ennuis..." Elle sentit la prise ferme de Tom sur son poignet. "Nous vous verrons bientôt, Seven."
L'image de Seven disparut lentement et Tom lança un dernier regard à regret au bar de Sandrine, son regard s'arrêtant finalement sur la table où les assiettes de leur dîner s'attardaient toujours.
"Je te promets", chuchota B'Elanna, "que nous nous rattraperons."
Tom inspira profondément. "Allons chercher Harry."
 
***
 
Tom fit irruption dans la maison d'Owen Paris, sa femme sur ses talons. Durant les minutes qu'il leur avait fallu pour être téléporté de chez Sandrine, Tom avait digéré les informations que Seven leur avait donné. Le choc initial qu'il avait ressenti en apprenant la disparition d'Harry était maintenant devenu de la panique.
"Tom !" Owen Paris se leva du sofa, une tablette dans la main. "Que... ?"
"Harry a disparu", dit Tom. "Téléporté hors de portée des habituels canaux de communication. Crois-tu que tu..."
"Je comprends", dit Owen. "Viens avec moi. Racontes-moi tout ?"
Tom suivit son père. "Tes hypothèses valent les miennes, mais nous devons agir rapidement."
B'Elanna regarda fixement Tom pendant qu'il montait au premier avec Owen où se trouvait la station de communication privée de son père.
"B'Elanna ?" demanda Nancy Paris.
"Désolée", dit B'Elanna d'un air songeur. "Je suis juste inquiète pour Harry. Je pense que nous nous sommes impliqués dans quelque chose que nous n'aurions pas dû, et maintenant les conséquences..."
"Les Choses vont s'arranger, B'Elanna", dit Nancy pour l'apaiser, posant une main sur l'épaule de sa belle-fille. "Elles s'arrangent toujours."
B'Elanna secoua la tête et s'effondra sur le sofa. "Non, les choses vont d'abord empirer avant de pouvoir s'améliorer."
"Que voulez-vous dire ?"
"J'aime mieux ne pas en parler", dit B'Elanna. Son regard s'arrêta sur une peluche couchée dans un coin. "Et Miral ?"
"Elle dort."
B'Elanna inclina la tête. "Il nous fauda peut-être un certain temps pour retrouver Harry."
"Nous serons heureux de l'avoir avec nous", dit Nancy doucement. "Owen et moi aimons avoir de nouveau un bébé à la maison."
"Merci", dit B'Elanna. "J'apprécie ce que vous faites pour nous."
"C'est notre petite-fille", dit madame Paris avec une certaine tension dans la voix. B'Elanna tressaillit. Le ton de sa belle-mère la laissant sans voix.
"Je n'ai pas eu l'intention de dire" commença B'Elanna.
"Je sais que vous n'en aviez pas l'intention, ma chère", dit Nancy. "Il y a une distance qui nous sépare. Pas entre vous et moi, bien sûr, mais entre les hommes c'est une autre histoire."
"J'espère que cela va changer", dit B'Elanna. C'était vrai. Elle espérait vraiment que Tom et Owen se réconciliraient. Elle se leva au moment où Tom et Owen revinrent.
"Il n'y a aucun enregistrement du transport", dit Owen vivement. "Toute téléportation est enregistrée par les quartiers généraux et il n'y a rien à propos d'une quelconque téléportation du Lieutenant Kim où que ce soit."
"Seven ne mentirait pas", dit B'Elanna. Tom inclina la tête.
"B'Elanna a raison", dit Tom. "Il est évident que nous n'arriverons à rien en passant par le quartier général. Nous allons devoir conduire notre enquête par nous même."
"Je vais entrer en contact avec le Commandeur Tuvok", offrit Owen.
"Et Janeway aussi", dit Tom. "Elle voudra savoir ce qui est arrivé."
"Le Capitaine Janeway est en congé", dit Owen. "Au lac George, je crois."
"Et bien, contactes-la quand-même", dit Tom, frustré. Owen inclina la tête.
"Donnes-moi une seconde", dit-il. Il remonta l'escalier.
"Nous pouvons laisser Miral ici pour l'instant", dit B'Elanna à Tom. "Elle dort. Ca ira."
Tom inclina la tête.
"Voulez-vous quelque chose ?" demanda madame Paris. "Quelque chose à boire, à mangez ?"
"Non", répondit Tom d'un air agacé. "Désolé, Maman, je n'avais pas l'intention de te rabrouer."
"Tu es sous pression."
Tom soupira. "Et si quelque chose est arrivé à Harry ?"
"Rien n'est arrivé à Harry", dit B'Elanna fermement. "Il va bien. Il ira bien." Elle semblait essayer de se convaincre elle-même. ce moment, Owen Paris revint.
"Aucune réponse de Janeway", dit-il. "Son communicateur est éteint."
Tom échangea un regard avec B'Elanna. Ils prirent silencieusement ensemble leur décision.
"J'irai moi-même au Lac George", dit-il. "B'Elanna, je te retrouverai au Quartier général."
 
***
 
Un souffle d'air frais nocturne passa à travers la chemise de nuit en soie de Catherine, qui se tenait debout silencieusement sur le balcon de sa maison de campagne en regardant le Lac George. Ses pieds nus sur le balcon couvert par la rosée la firent frissonner. En cet instant, elle se sentait vivante. Elle observait les rayons du clair de lune au-dessus de la montagne se refléter sur le lac, apparaissant comme de petites gouttes de cristal ondulant sur l'eau du lac que la brise agitait constamment. Sa vie, au moins pour l'instant, semblait faire une pause.
Ca faisait du bien d'être à l'arrêt. Catherine se sentait vivante à nouveau, elle pouvait revivre. Elle respira profondément en sentant deux bras forts l'enlacer fermement par la taille. Catherine se laissa aller en arrière contre Chakotay, son dos restant collé sur son torse, l'air humide de la nuit les maintenant connectés. L'ambiance était électrique.
"Tu ne penses pas à nouveau à la lune, n'est-ce pas ?" demanda-t-il en enfouissant sa tête dans son cou, plaçant un baiser délicat derrière son oreille. Elle s'abandonna un peu plus dans ses bras, ses yeux ne quittant pas la lumière de la lune.
"Non, pas exactement... Je pensais, c'est tout." Catherine plaça ses mains par dessus les siennes, prenant une profonde inspiration." Sur le fait de me sentir vivante ici. J'avais presque oublié à quoi ça ressemblait." Elle se retourna pour regarder son visage et ils s'embrassèrent légèrement, toujours perdus dans la sensation de bien-être causée par le moment qu'ils avaient partagé il y a peu de temps. Ici, avec ses bras autour d'elle, Catherine comprit combien ils étaient fait pour être ensemble. Corps et âme.
"Ca semble bien", dit-il entre deux baisers. Resserrant son étreinte, il leva la tête, regardant la lune. "Je sais que tu y pensais, alors pourquoi ne me dis-tu pas à quoi tu pensais", dit Chakotay, ses mains traçant des petits cercles sur le ventre de Catherine, les mains de Catherine restant elles-mêmes collées sur les siennes.
"La connexion télépathique que les Ayreths avaient créé entre nous serait très agréable maintenant, n'est-ce pas ?" commenta Catherine.
"Je ne sais pas. Je pense que ça enlèverait quelques-uns des mystères qu'il y a à découvrir", répondit Chakotay suggestivement, faisant glisser ses mains le long des hanches de Catherine. Un déhanchement fut sa réponse, et il l'enlaça de nouveau, sa tête reposant sur son épaule.
"J'aime effectivement le mystère", dit-elle, risquant un sourire rusé dans sa direction. Il gloussa intérieurement, mais se tint tranquille. Elle pouvait sentir son coeur battre contre son dos, les battements prenant le même rythme que le sien. La pensée des Ayreths avait ravivé un souvenir qu'elle voulait partager avec lui. "Tu sais, je peux me tenir ici maintenant et avec certitude te dire que j'avais vu cet avenir."
Ceci eut pour effet de rendre Chakotay confus. "Que veux-tu dire ? Et ne me dis pas que tu m'as caché ça toutes ces années."
"Non c'était quand nous étions dans la bulle. ,commença Catherine, ses pensées dérivant dans le passé. Chakotay se redressa. Il la maintenait contre lui en attendant qu'elle finisse. "Quand l'équipage a commencé à avoir ces rêves. J'ai rêvé... Bon, l'histoire en elle-même n'est pas vraiment importante, mais mes rêves finissaient par une femme se déplaçant à New York pour rejoindre un homme. Je trouve juste drôle que quand tu es venu pour me trouver, c'était ici." Elle se tut, souriant pour elle-même.
"Qu'est-ce qui te fait penser que je suis l'homme de ton rêve ?" demanda Chakotay.
"Il te ressemblait. Et puis, il y a eu cette fois où tu as dit cette phrase à la réunion des officiers", expliqua Catherine.
"C'était le destin, nous devions juste patienter", dit Chakotay, se penchant pour l'embrasser à nouveau. Cette fois, elle se retourna vers lui, s'appuyant contre la rampe, le clair de lune créant des ombres tandis que leurs lèvres s'entremêlaient intimement, la fraîcheur de l'air et le silence autour d'eux rendant le moment plus serein.
Comme ils se séparaient, Chakotay laissa son front contre le sien, un geste qui avait tant de signification pour eux. "Je t'aime", dit-il doucement comme elle passait ses bras autour de lui pour se blottir contre sa poitrine. C'étaient des mots qu'il disait rarement, bien qu'il ait sa propre façon de le lui montrer chaque jour. Il n'y avait aucun besoin de mots. Cependant, à être debout là maintenant avec elle, il lui avait semblé que c'était la bonne chose à dire.
"Tu voulais savoir à quoi je pensais", lui rappela Catherine en brisant leur étreinte et en se retournant à nouveau vers le lac. Chakotay la suivit, restant debout à ses côtés pendant qu'ils regardaient le lac. Elle lui indiqua une montagne au loin, légèrement plus haute que les autres. "Regarde cette montagne", lui dit-elle.
"Pourquoi ?" demanda Chakotay tout en obéissant.
"Je ne sais pas ce qui cause cela, mais durant la nuit quand la lune se lève, presque pleine, quelque chose sur cette montagne refléte sa lumière, provoquant pendant une fraction de seconde l'illumination de tout ce coin", expliqua Catherine en observant la lune qui se levait et s'approchait de la montagne.
"Un dépôt cristallin sur la montagne ?" demanda Chakotay.
"Je ne l'ai jamais découvert. Dieu sait que j'ai cherché quand j'étais enfant. Papa et moi avons même escaladé la montagne. Je n'ai toujours pas trouvé la réponse", expliqua-t-elle en se remémorant les souvenirs de son enfance. Une autre époque, où tout était simple.
"Catherine Janeway acceptant un mystère sans explication scientifique ?" la taquina Chakotay tout en se rapprochant, posant une main sur son dos. Catherine gloussa légèrement, son esprit retournant à ses pensées.
"Peut-être est-ce le mystère qui m'a maintenu fascinée durant toutes ces années", suggéra doucement Catherine pendant qu'ils observaient ensemble la lune qui se levait sur la montagne. "Ca va arriver dans quelques instants", chuchota-t-elle, comme si rien n'arriverait si elle parlait à haute voix. Chakotay la serrait contre lui pendant qu'ils observaient ensemble silencieusement.
Peu à peu, la Lune se déplaça sur la montagne, profilant une ombre sombre sur le lac. Alors en un clignement d'il, le sommet de la montagne s'illumina cependant qu'un rayon de lumière traversait le ciel en un éclair, les cimes scintillant comme du cristal pendant à peine une seconde. Le rayon de lumière continua à se déplacer vers leur droite sur la cime des arbres avant de disparaître.
Ils se tenaient debout en silence, plongés dans leurs propres pensées. "C'est magnifique", dit finalement Chakotay.
"C'est... c'est aussi mystérieux que dans mes souvenirs", commenta tranquillement Catherine, commençant à se perdre dans des souvenirs d'enfance. Chakotay l'observa tranquillement, se demandant combien de nuits elle avait passé sur ce balcon étant enfant, observant la lune monter dans le ciel. Il devinait une petite fille, décidée à résoudre le mystère, restant éveillée chaque nuit, aussi longtemps que la lune illuminait la montagne, mais qui n'avait jamais résolu le mystère.
Peut-être était-ce comme ça que cela devait être. Trouver des significations scientifiques aux événements qui auraient dû rester non résolus. Laisser sa part de mystère aux choses. C'était ce qui avait été le plus perdu au vingt quatrième siècle, le sens du mystérieux. "Catherine, je veux que tu me promettes quelque chose", demanda-t-il, s'adossant contre la rampe.
"Quoi ?" demanda Catherine, un peu confuse.
"Quand je t'ai rencontrée la première fois..." Il observa son visage qui montrait encore plus de confusion. "Tu étais un mystère pour moi. Une personne que j'ai cherché à comprendre. Au cours des années, j'en suis venu à te connaître et nous sommes devenus des amis très proches", dit Chakotay, essayant de rassembler ses pensées.
"Tu n'es pas le seul, Chakotay, je me sentais pareil", révéla Catherine.
"D'accord, alors nous allons nous faire une promesse l'un à l'autre."
"Promettre quoi ?"
Chakotay prit ses mains en regardant le sol du balcon. "Catherine, bien que je sois parvenu à te connaître, une partie de toi reste toujours un mystère pour moi. Même quand nous étions connectés, cela n'a rien changé. C'est une des choses que j'aime en toi. La façon que tu as de continuer à m'étonner juste quand je pense finalement te connaitre." Ses yeux bruns rencontrèrent ses yeux bleus. "Promets-moi que nous ne perdrons jamais ce mystère entre nous."
"Je te promets."
Il sourit, dévoilant ses fossettes en se penchant vers elle, posant ses lèvres contre les siennes pour le plus doux des baisers. "Nous devrions aller nous coucher, il est tard." Chakotay plaça sa main dans le bas du dos de Catherine et la guida par la porte vitrée vers la chambre à coucher. Amelia arriva à pas hésitants, la queue remuant joyeusement en poursuivant le bas de la chemise de nuit de Catherine.
Elle poussa le chiot plus loin, en riant. "Tu sais qu'elle peut être un vrai petit diable quand elle veut." Amelia courut et sauta sur le lit, glissant sur les draps. Chakotay attrapa le chiot dans ses bras en s'asseyant sur le bord du lit.
"Elle est juste pleine d'énergie, Catherine. Ca lui passera", dit-il tandis qu'Amelia lui donnait quelques coups de langue baveuse. Il la replaça sur le lit en se glissant lui-même sous les draps. Amelia rampa jusqu'au visage de Catherine pendant qu'elle se couchait et planta un baiser humide sur sa joue.
"Elle est incorrigible", dit Catherine en s'approchant de Chakotay. Il était sur le point de passer un bras autour d'elle quand ils entendirent un bruit, venant d'en bas. "Est-ce qu'il y a quelqu'un à la porte ? A cette heure ?" Elle se retourna dans le lit pour faire face à la porte ouverte tandis qu'un autre coup se faisait entendre dans la maison de campagne.
"J'y vais", dit Chakotay en sortant du lit. "C'est peut-être juste quelqu'un qui cherche son chemin", ajouta-t-il en traversant la pièce. Amelia le suivit de près sur ses talons, s'accrochant à son pantalon de pyjama. Chakotay descendit l'escalier et traversa la cuisine jusqu'à la porte. Qui que se soit, ils essayaient visiblement d'attirer leur attention.
Après un autre coup, Chakotay ouvrit la porte, un peu irrité par cette insistance.
Il s'arrêta net.
Amelia aboya.
Tom sursauta.
Toutes les pensées rationnelles que les deux hommes avaient s'étaient volatilisées.
"Tom ?"
"Chakotay ?"
Ils parlèrent tous les deux en même temps, aussi choqué l'un que l'autre, mais pour des raisons évidemment différentes. Les deux hommes étaient là, regardant fixement l'autre jusqu'à ce que Chakotay soupire, roulant des yeux. Il n'y avait aucun intérêt à lui mentir. "Que voulez-vous, Tom ? C'est le milieu de la nuit."
Un moment passa avant que Tom ne puisse se souvenir de la raison pour laquelle il était là. "Je, euh... Est-ce-que le Capitaine est là ?"
Sans un mot, Chakotay se déplaça sur le côté et laissa entrer Tom dans la maison. Tom jeta un coup d'oeil dans la pièce, s'attendant à voir le Capitaine. "Elle est en haut", expliqua Chakotay. "Je monte la prévenir, elle descendra dans une minute", dit-il en disparaissant en haut de l'escalier. Tom restait debout, mal à l'aise au milieu de la pièce vide avec seulement le chien à ses pieds, geignant pour attirer son attention. Il avait besoin de s'asseoir.
Tom marcha rapidement vers le divan et s'assit. Le chien bondit rapidement dans ses bras et lui lécha le visage. Au moins, elle était amicale, pensa Tom.
"Je vois que vous avez rencontré Amelia." C'était la voix du Capitaine. Tom se tourna pour la voir descendre l'escalier habillée d'une robe de chambre, suivie par Chakotay qui paraissait avoir quelques difficultés à enfiler sa chemise.
"Oui, elle semble vraiment amicale", commenta Tom calmement, essayant d'ignorer la situation présente. Il était venu pour livrer de mauvaises nouvelles, pas pour faire une enquête sur leurs vies personnelles. "Mais ce n'est pas pour ça que je suis venu, Capitaine."
"Je pensais bien que c'était pour une raison plus importante", accorda Catherine.
"Harry a disparu. C'est arrivé il y a plus d'une heure. Seven nous a contacté B'Elanna et moi. Mon père mène son enquête à l'heure qu'il est, cependant j'ai supposé que vous voudriez être mise au courant", expliqua Tom. Il observa ses deux anciens supérieurs échanger un regard. Oubliant le lieu et l'accoutrement, Tom pensait que ça ressemblait au bon vieux temps. "Papa a essayé de vous joindre, mais votre communicateur était éteint. Je ne pouvais pas vous laisser sans nouvelles."
"Merci, Tom", dit Catherine, essayant toujours de digérer l'information qu'il lui avait donné. Harry avait disparu ? Mais pourquoi ? Puis le souvenir de la petite enquête d'Harry et de B'Elanna lui revint en mémoire et tout commença à avoir un sens. Elle se tourna vers Chakotay, à ses côtés comme d'habitude. "Nous y allons ?" demanda-t-elle.
Chakotay ne sourcilla jamais. "Ils voudront probablement nous interroger, de toute façon", dit-il, donnant son consentement.
"Donnez-nous quelques minutes pour nous habiller, Tom", dit Catherine tandis qu'elle et Chakotay s'éloignaient et montaient à l'étage.
"D'accord."
 
***
 
Le Quartier général de Starfleet ne fermait pas vraiment la nuit, mais cette nuit il était particulièrement agité. Janeway, Chakotay et Paris arrivèrent et se retrouvèrent dans une pièce pleine des gens, de leur ancien équipage mais d'autres aussi qu'ils n'avaient jamais rencontrés auparavant. La vision de Tom se concentra sur B'Elanna et il se dépêcha de la rejoindre. Il était dans un tel état d'esprit que non seulement il n'avait encore rien dit du tout à Janeway et Chakotay sur la situation dans laquelle il les avait trouvé, mais il négligea aussi de le mentionner à B'Elanna.
Janeway et Chakotay eux-mêmes furent moins pressés de se déplacer vers une personne en particulier, s'arrêtant plutôt pour évaluer la scène devant eux. Tuvok semblait avoir le contrôle total d'une section entière de la pièce, envoyant des gardes de la sécurité sur le terrain et ayant d'autres membres du personnel de Starfleet traquant chaque vaisseau dans les parages, espérant que l'un d'entre eux aurait vu quelque chose sur leurs détecteurs.
Dans un autre coin de la pièce, deux gardes chargés de la sécurité interrogeaient implacablement Seven of Nine. Seven paraissait très agitée, un état dans lequel personne ne l'avait encore vue. B'Elanna, qui travaillait non loin, pouvait entendre tout ce qui se disait et marcha lentement vers eux pour aider à répondre à certaines des questions. Tom la suivit, espérant en découvrir plus sur ce qui était arrivé. Tandis qu'ils s'approchaient, Seven commença à parler plus emphatiquement.
"Vous ne cherchez pas au bon endroit ! Je vous ai déjà mentionné la Section 31 plus d'une fois, et vous continuez d'ignorer ce que j'ai dit. Ce sont les coupables. C'est ce groupe qui est responsable de la disparition d'Harry."
Le plus petit des deux officiers chargés de la sécurité, qui ressemblait à une belette, répondit ironiquement. "Et bien dites-moi, pourquoi cette 'Section 31' serait-elle intéressée par l'enlèvement de votre Lieutenant Kim ?"
"Je" hésita Seven, inaccoutumée au fait d'être incapable de répondre à une question. "Je ne sais pas."
A ce moment, B'Elanna s'immisça dans la conversation. "Ca pourrait être en rapport avec son travail sur Utopia Planitia", exposa-t-elle.
La belette tourna son attention vers la civile à demi Klingonne. "Puis-je vous demander ce qui vous fait penser que vous pouvez m'interrompre quand j'interroge un témoin potentiel ?"
"Mon nom est B'Elanna Torres", commença-t-elle, avant d'être interrompue au milieu de sa phrase.
"Je sais qui vous êtes, ce qui ne répond pas à ma question."
"Si vous me laissiez continuer", gronda pratiquement B'Elanna, avant de reprendre d'une façon plus polie. "J'ai travaillé avec le Lieutenant Kim sur Utopia Planitia. Quelque chose dans notre travail nous a impliqué dans des secteurs potentiellement sensibles et a porté notre attention sur cette Section 31 que Seven a mentionné. Il est fortement probable que notre travail ait été surveillé et qu'Harry ait été enlevé en raison de son engagement."
B'Elanna continua d'expliquer certains détails de la situation aux gardes de la sécurité, mais n'en donnant pas plus qu'elle n'estimait nécessaire à quelqu'un qu'elle n'avait jamais rencontré auparavant. Juste assez pour que, avec un peu de chance, cela leur donne quelque chose sur quoi travailler pour rechercher leur ami. L'attention du Capitaine Janeway fut accrochée par la discussion que Tuvok avait avec le chef de la sécurité de Starfleet.
"Puis-je demander pourquoi vous pensez que c'est nécessaire ?" demanda le supérieur de Tuvok.
"Le bouclage des chantiers navals de Starfleet semble logique, étant donné le secteur où le Lieutenant Kim travaillait avant qu'il ne soit enlevé." Tuvok était comme à son habitude calme et serein. "Jusqu'à ce qu'une enquête complète de ces installations ne soitmise en place, il serait prudent de s'assurer que l'on ne compromette pas de preuves potentielles ou de témoins."
"J'en tiendrais compte", fut l'unique réponse que Tuvok reçut avant de se retrouver seul encore une fois. Catherine saisit cette occasion de s'approcher de lui, accompagnée de Chakotay resté à ses côtés.
"Capitaine", dit Tuvok, prenant conscience de sa présence.
"Tuvok, pourriez-vous me faire un compte-rendu de ce qui a été fait jusqu'ici ?"
"Certainement. Comme vous pouvez le voir, une base d'opérations a été formée ici au quartier général. Depuis que Seven nous a alerté de la situation, nous avons essayé de suivre à la trace tout vaisseau ayant été dans le secteur. Néanmoins, nous n'avons découvert aucune information utile. Nous devons encore recevoir des nouvelles d'un petit nombre de vaisseaux. Cependant, les possibilités de l'enquête ne sont pas encore épuisées. Seven et B'Elanna pensent que c'est en relation avec leurs recherches sur la Section 31 bien que ce soupçon soit encore peu fondé."
"De la façon dont je le comprends", l'interrompit Catherine, "cela ne va probablement pas donner de résultats sans une enquête mettant en jeu des ressources conséquentes."
"En effet", répondit Tuvok.
"Y a-t-il quoi que ce soit de précis que Chakotay ou moi pouvons faire ?" demanda Catherine.
"Pas pour l'instant, Capitaine. Je comprends que vous estimiez le besoin de vous impliquer, mais avec les agents de la sécurité de Starfleet derrière nous, il reste peu de chose à faire." Tuvok ajouta en second lieu, "Cependant, vous pourriez vouloir parler à quelques autres membres de notre équipage. J'ai remarqué par le passé que vos encouragements aboutissaient à une meilleure efficacité."
Malgré la situation, Catherine ne put s'empêcher de dévoiler un petit sourire. "Puisque vous le dites, Tuvok."
Chakotay et elle commencèrent à s'éloigner, mais ils marchaient assez lentement pour entendre la première chose annoncée à Tuvok par l'un des officiers chargés de la sécurité qui avait interrogé Seven quelques instants auparavant.
"Monsieur, on m'a demandé de vous informer qu'Utopia Planitia avait été fermée."
 
***
 
Seven of Nine s'asseya avec apathie sur sa chaise, regardant par la fenêtre la vue du port et du Pont du Golden Gate reconstruit. L'ancien équipage de l'USS Voyager avait été dirigé vers une salle de conférence vide pour attendre toute nouvelle concernant la disparition d'Harry. Jusqu'ici, ils n'avaient rien eu de neuf. B'Elanna réconfortait Seven et plaça prudemment une main sur son épaule en signe de soutien.
Seven regarda la mi-Klingonne et inclina doucement la tête en signe de reconnaissance.
B'Elanna jeta un coup d'oeil en arrière vers son mari, qui marchait furieusement en rond. Ils devaient tous faire avec leur sentiment d'impuissance, supposa-t-elle. Seven s'était recroquevillée sur elle-même, Tom devenait inquiet, tandis qu'elle voulait appeler quelqu'un. Le Docteur et Chakotay étaient tous les deux assis tranquillement de l'autre côté de la pièce. Ils étaient clairement autant ennuyés et frustrés qu'elle l'était. Ils ne pouvaient pas défaire leurs yeux de Seven dont l'angoisse et le souci étaient évidents pour tous. Mais aucun d'eux ne savait s'il était approprié de lui dire quoi que ce soit.
"Je le jure", murmura Tom, marchant toujours de long en large. "Je ne sais pas qui a fait ça, mais s'ils font du mal à Harry, je..."
"Tom", l'avertit B'Elanna, "Tu ne seras d'aucune aide à Harry en t'énervant. Il n'y a rien que nous puissions faire pour l'instant. Laisse Starfleet s'en occuper."
"Je." Il s'arrêta au milieu de sa phrase et regarda sa femme avec un soupir làs. "Je ne supporte de ne rien pouvoir faire, c'est tout."
"Monsieur Paris", appela le Docteur en se levant. "Vous êtes ici en signe d'appui et comme ami de Monsieur Kim. Ce n'est pas rien à mon avis."
Les portes glissèrent et Janeway et Tuvok entrèrent. Seven se tourna pour leur faire face, espérant dans un premier temps avoir quelques informations positives. Mais les regards sinistres sur leurs deux visages brisèrent ses espoirs d'une bonne nouvelle.
"Et bien ?" demanda Tom avec urgence.
"J'ai peur qu'il n'y ait rien de positif à annoncer", annonça Tuvok sombrement. "Les équipes d'investigation ont été incapables de tracer la source des ravisseurs de Monsieur Kim. Les scans de la scène du crime n'ont révélé aucune nouvelle information."
"Et en ce qui concerne la trace du téléporteur ?" demanda B'Elanna. "Ou les empreintes ? Ou quoi que ce soit ?"
"Il n'y avait rien", dit Tuvok. "Quelle que soit la technologie du téléporteur que les kidnappeurs ont employé, elle était beaucoup plus sophistiquée que celle conventionnellement utilisée par Starfleet. Quant aux preuves physiques, nous avons seulement été capables de récupérer quelques empreintes partielles de pas sur les lieux de l'enlèvement. Les chaussures employées étaient absolument sans marques spécifiques et ont seulement confirmé les dires de Seven of Nine quant au fait qu'il n'y avait qu'un seul attaquant. Tout indice que nous pourrions tirer de cela serait au mieux basique."
"Donc vous n'avez rien appris", dit Seven, parlant à haute voix pour la première fois depuis des heures.
"J'ai peur que ce ne soit pas entièrement le cas", dit Janeway avec hésitation, ne voulant pas vexer davantage la jeune femme. "Le contrôle du Trafic Orbital a découvert une brève anomalie des détecteurs dans l'orbite basse de la Terre à peu près au moment où vous avez annoncé la disparition d'Harry. Cela a duré moins d'une seconde. Mais il n'y a aucun enregistrement des détecteurs ou des plans de vol de vaisseaux dans cette région pour cette période."
"Aucun enregistrement des détecteurs ?" dit Chakotay d'un air incrédule. En tant que planète capitale de la Fédération, la Terre avait le trafic orbital le plus dense de tout le quadrant. Chaque vaisseau situé entre l'atmosphère et la Lune était scanné et contrôlé par le Contrôle du Trafic Orbital, pour empêcher toute collision et assurer le maintien de l'ordre approprié et la sécurité. Si un vaisseau restait à l'arrêt si près de la Terre et était incapable d'être détecté, cela ne signifiait qu'une chose. "Un vaisseau camouflé", ajouta-t-il sinistrement.
Tom secoua la tête stupéfait. "Alors il n'existe aucune loi que ces gens ne peuvent enfreindre, n'est ce pas ?"
"Alors Harry n'est plus sur Terre ?" demanda Seven d'une voix hésitante. "Il pourrait être n'importe où dans le quadrant à cet instant."
"C'est considéré comme la possibilité la plus logique par le Commandement de Starfleet", conclut Tuvok. "Je regrette de ne pouvoir fournir un rapport plus positif."
Seven sembla perdre toute force dans les jambes, quand B'Elanna et le Docteur l'atteignèrent pour la soutenir. "Il est parti", dit-elle.
Janeway arriva vers la jeune femme affligée et vit l'angoisse sur son visage. Elle savait que Seven et Harry étaient devenus des amis très proches durant les derniers mois, mais elle n'avait pas idée que les choses étaient devenues aussi intimes. Mais elle-même avait été assez distraite ces derniers temps.
Catherine prit les mains de l'ancien drone dans les siennes. "Seven, je vous le promets. Nous n'allons pas abandonner les recherches. Même si Harry a été emmené dans le coin le plus éloigné de la galaxie, nous le trouverons. Vous avez ma parole."
"Et cela vaut pour nous tous", fit écho Chakotay qui se tenait debout derrière Catherine dans une position ferme de solidarité.
La porte de la salle de conférences glissa de nouveau et un jeune enseigne nerveux entra dans la pièce. "Excusez-moi. Je dois livrer un message à Seven of Nine."
"Enseigne." Tuvok considéra le nouveau venu avec une aura d'autorité. "Avez-vous des nouvelles de la part de la Sécurité de Starfleet ?"
"Monsieur ?" L'enseigne regarda Tuvok avec confusion. "Euh, non, Monsieur. Ils m'ont demandé de vous faire part d'un message pour Seven of Nine provenant d'Utopia Planitia. Il y a un problème avec les composants Sernaix."
"Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?" demanda durement Tom au jeune officier. "Vous ne voyez pas qu'elle est bouleversée ?"
Mais Seven regarda le messager déconcerté avec un éclair de curiosité. "Vous dites qu'il y a un problème avec les systèmes Sernaix employés sur le prototype ?"
"C'est ce qu'ils disent", répondit-il. "Apparemment, l'armure ablative photonique ne se met pas en route pas de la façon dont elle le devrait et il y a quelques irrégularités avec la propulsion de courant de glisse. Le Commandeur Vargas voulait mettre vos compétences intellectuelles sur ce problème."
"Quoi, ils ne peuvent pas se contenter de demander à Ozymandias de les aider ?" envoya B'Elanna sur un ton hargneux. "Il est supposé être l'expert dans ces domaines."
"Euh Le Commandeur Vargas et l'Esprit Vaisseau n'ont pas exactement les meilleures relations de travail, Madame", répondit timidement l'enseigne.
Soudainement, le sourcil de Seven se leva et ses yeux étincelèrent, comme si un éclair d'inspiration la heurtait. "Peut-être vaudrait-il mieux que j'aille directement sur la Station Fulton et que je m'occupe de ces problèmes moi-même. Je crois que j'aurais une plus grande efficacité de cette façon. De plus, je suis certaine qu'Ozymandias sera tout à fait réceptif à tout ce que j'ai à dire."
"Seven, êtes-vous sûre que c'est ce que vous voulez faire ?" demanda le Docteur, semblant inquiet de sa décision impulsive.
"Je suis totalement sûre, Docteur", répondit-elle. "Il y a peu de choses que je peux faire ici pour Harry et je crois que le mieux que je puisse faire pour lui est de faire en sorte que son travail soit achevé et prêt pour le lancement." Seven se tourna alors vers B'Elanna, un sourire de conspirateur sur les lèvres s'étendant sur son visage. "B'Elanna, voudriez-vous m'accompagner ?"
L'ingénieur remarqua l'expression presque rusée de la jeune femme et inclina la tête en signe d'accord. "Oui, je crois que je vais venir. J'ai le sentiment que nous allons apprendre beaucoup de chose pendant ce voyage."
 
***
 
Il fallut trois heures à la navette de transport pour parvenir aux ports d'amarrage de la Station Fulton, après ce qui sembla le plus long voyage de sa vie à Seven. B'Elanna et elle ne perdirent pas de temps au débarquement et rencontrèrent le Commandeur Vargas et le Lieutenant Commandeur Singh dans le hall de débarquement. Les deux officiers escortèrent les deux femmes directement à l'ingénierie.
"Vous n'auriez pas dû venir toutes les deux de la Terre juste pour nous aider avec cette petite panne", dit Singh en marchant. "On aurait pu régler ce problème avec une communication subspatiale."
"Le changement était nécessaire", répondit Seven de façon crispée.
"Quoi qu'il en soit", dit Singh en haussant les épaules, comme ils montaient à bord du prototype et déambulaient dans des couloirs à la configuration Starfleet. "Nous ne trouvons pas ce qui ne va pas. Les boucliers et la propulsion à courant de glisse fonctionnaient très bien après les essais d'hier. Le Commandeur pense que cela pourrait juste être une petite farce d'Ozymandias."
"Cela ressemble à Oz", soupira B'Elanna en roulant des yeux. "Ce gars est un vrai comique."
Finalement, ils marchèrent à travers le vaisseau, prirent l'ascenseur et arrivèrent dans la section de l'ingénierie principale du vaisseau. Seven se tourna vers Singh au moment même où ils entraient dans la pièce.
"Commandeur", dit-elle, "peut-être serait-il préférable que Madame Torres et moi traitions nous-mêmes avec Ozymandias. Si sa nature pleine d'entrain est en effet la cause des dilemmes du prototype, votre présence peut s'avérer perturbatrice. Il pourrait être plus réceptif à notre demande d'assistance."
"Comme vous voudrez", dit Singh en haussant les épaules avant de se retourner pour partir. "Criez si vous avez des ennuis."
Seven attendit que Singh et leurs escortes repartent dans le couloir. Sitôt les portes de l'ascenseur refermées derrière eux, l'ancien drone entra dans l'ingénierie et se dirigea rapidement vers la masse du réacteur de courant de glisse Sernaix. Comme prévu, le réacteur était sombre et inerte. Le grillage le long des côtés aurait normalement dû briller comme un néon bleu. Il y avait soit un problème interne significatif avec l'appareil qui l'empêchait de puiser la puissance du vide de l'espace-temps, ou bien, comme le soupçonnait Seven, Ozymandias était délibérément devenu non coopératif.
"Bien, nous y sommes", dit B'Elanna d'un ton agacé en s'adressant à la pièce vide. "Vous voulez bien nous dire pourquoi vous nous avez traînés jusqu'à Mars ?"
Au son de sa voix, le réacteur de courant de glisse s'alluma de nouveau et les consoles environnantes redémarrèrent. "Et bien, je me demandais quand vous, mesdames, arriveriez ici", dit la voix d'Ozymandias par les interphones de la pièce. "Je vous attendais."
"Vraiment, Oz !" râla B'Elanna contre le Sernaix. "Nous n'avons pas de temps à perdre dans vos jeux d'esprit stupides. Nous sommes au milieu d'une crise et nous n'apprécions pas d'être éloignées de nos amis et familles juste parce que vous semblez vous amuser avec Starfleet !"
"Croyez-moi, B'Elanna", dit Ozymandias, d'une voix beaucoup plus stable et sérieuse. "Je ne vous ai pas fait venir ici pour rire. J'avais besoin d'une excuse pour vous parler à toutes les deux, sans que cela n'éveille les soupçons des gens qui nous écoutent, si vous voyez ce que je veux dire."
"Je présume que cette pièce est sûre ?" demanda Seven, regardant autour d'elle avec inquiétude. "Et qu'il n'y a aucun problème avec le prototype."
"Oui à la première question et non à la seconde. Le vaisseau est excellent et presque prêt pour le lancement, même sans vous deux et Harry pour faire tourner la boutique. J'ai juste bricolé quelques-uns des systèmes du vaisseau pour vous amener ici."
"Attendez une minute", dit B'Elanna. "Je pensais que vous n'aviez pas accès aux systèmes à l'exception de l'Ingénierie."
Ozymandias ne dit rien, mais B'Elanna roula des yeux en imaginant le Sernaix essayer de cacher un petit sourire satisfait de gamin, pas très différent de celui qu'affichait Tom à chaque fois qu'il se faisait attraper la main dans le sac.
Seven, bien sûr, n'avait pas de temps à consacrer à cela. "Vous avez dit que vous vouliez nous parler, alors parlons. Qu'est ce que vous devez nous dire ?"
"Directe comme toujours, n'est-ce pas ?" gloussa Oz. "Et bien, j'ai cru comprendre qu'il y avait eu un problème avec Harry sur Terre."
"Il y a plus qu'un problème !" siffla Seven au réacteur de courant de glisse. "Il a été enlevé !"
"Je sais", dit Ozymandias solennellement. "J'ai trouvé le vaisseau qui l'a enlevé."
Seven digéra l'information, tandis que B'Elanna se pressa de parler. "Vous quoi ? Où ? Comment ?"
"Il y a environ six heures, j'ai détecté un signal envoyé par un objet rapide se déplaçant en direction de la Terre. Il avait été transmis sur la même fréquence de résonance que les Sernaix emploient pour se connecter avec le Royaume. J'ai essayé de décrypter le message sans être découvert et j'ai pu comprendre quelques brides d'informations. Essentiellement, vos amis de la Section 31 sont ceux qui ont enlevé Harry. Je suis presque sûr qu'il a été livré à Sycorax elle-même."
La respiration de Seven était rapide. Sa posture s'effondra, ses pires craintes se réalisant. Elle avait espéré par-dessus tout qu'Harry avait été emené quelque part sur Terre, ou au moins à portée d'un sauvetage facile. Mais s'il a été envoyé au coeur du Royaume lui-même, alors y avait-il une possibilité de la ramener sain et sauf ? Est-ce qu'Harry était vraiment condamné ?
Pourquoi s'était-elle permise d'avoir confiance en ses nouvelles émotions instables et avait donner son coeur à ce jeune homme, quand la prudence lui disait que cela ne lui apporterait que douleur et incertitude ?
B'Elanna se précipita à ses côtés et la soutint, voyant quelque chose sur le visage de la jeune drone qu'elle n'aurait jamais cru possible. Une larme se formait au coin de son oeil.
"Je suis désolé d'être celui qui vous apprenne cela", dit Ozymandias. "Je suis sûr que je n'ai pas à vous rappeler que ce sont de très mauvaises nouvelles pour votre ami."
"Mauvaises nouvelles ?!" cria B'Elanna. "Vous avez bien raison, ce sont des mauvaises nouvelles ! Notre ami a été enlevé et Dieu seul sait ce qu'ils veulent faire avec lui !"
"Effectivement", dit Oz gravement. "Dieu seul le sait. Mais cela va bien au-delà de la sécurité d'Harry. Durant tous ces mois passés dans la Phase, les Sernaix aurait pu détruire votre vaisseau à tout moment. Mais tous les vaisseaux avaient pour instruction de retenir leurs actions et de vous laisser tranquille. Le Cadre de la Direction ne voulait pas risquer que du mal soit fait à Harry. Le même principe s'appliquait à votre planète. Mais maintenant qu'ils l'ont enlevé."
Seven le regarda, sa peau devenant légèrement plus pâle. "Il va y avoir une attaque."
"Oui", dit Ozymandias. "Et très bientôt, je parirais."
"Pourquoi ?" dit Seven, la voix étranglée par l'angoisse. "Pourquoi l'ont-ils pris ? Qu'est-ce que les Sernaix lui veulent ?"
"Oui, et ne nous sortez pas ces inepties de 'touché par Dieu'", ajouta durement B'Elanna. "Cela a un rapport avec les rêves d'Harry, n'est-ce pas ?"
"J'aimerais savoir quoi vous dire", dit Oz avec regrets. "Je sais seulement ce que le Cadre de la Direction a fourni aux bandes, basé sur les analyses de ce que nos vaisseaux ont appris des enregistrements de bord du Voyager. A un moment, quand vous étiez perdus dans ce que vous appelez le Quadrant Delta, Harry Kim a été touché par le Dieu de nos anciennes légendes. Je ne peux pas être plus précis que cela."
"Il n'y a aucun rapport dans les enregistrements du Voyager concernant une rencontre avec quelque forme de vie ressemblant aux Sernaix dans le Quadrant Delta, ni avec un quelconque être divin", ajoutaSeven, regagnant la maîtrise de soi.
"Oui, s'il y avait quelque chose, je pense que je me le rappellerais", dit B'Elanna.
"Vous devriez, B'Elanna", dit Ozymandias énigmatiquement. "Selon les rapports auxquels nous avons eu accès, vous avec été touchée également. Seulement, votre contact a été corrompu."
 
***
 
Huit heures plus tard, les talons des chaussures de Seven claquaient légèrement contre le doux tapis gris du couloir comme elle marchait vers la salle de conférence derrière les quartiers généraux. Le Capitaine Janeway n'apprécierait pas les nouvelles, elle le savait. La question était que feraient-ils, si quelque chose pouvait l'être ?
Entrant dans un ascenseur pour prendre le chemin le plus court jusqu'à la salle de conférences où le reste de l'ancien équipage du Voyager attendait, Seven sentit la main rassurante de B'Elanna sur son bras.
"Il est mon ami aussi", dit discrètement B'Elanna, comme si elle craignait que les murs rapporteraient ses dires aux services de renseignement de Starfleet. "Il va y avoir des gens là dedans qui ne voudront pas se salir les mains dans cette histoire. Nous devrons leur faire comprendre que la sécurité de la Fédération est en jeu."
Seven inclina la tête une fois. "Je comprends", répondit-elle de manière monotone.
Au fond d'elle-même, B'Elanna frissona. Seven paraissait calme et prête à faire face à la foule qui les attendait, mais elle savait que la nouvelle relation entre ses deux amis était encore la première pensée de l'ancien drone. Le ton de sa voix laissa des doutes dans l'esprit de B'Elanna sur ce qu'elle oserait révéler pour assurer une mission de secours pour Harry.
Quand les portes de la salle de conférences s'ouvrirent, toutes les têtes se tournèrent pour saluer les nouveaux arrivants. Tom posa brièvement sa main sur celle de B'Elanna quand elle s'assit à côté de lui. Lançant un regard à Seven, elle vit que l'acte n'était pas passé inaperçu et qu'un sentiment de douleur s'était reflété dans ses yeux bleu cristallins. Il disparut aussi vite qu'il était apparu, les yeux de Seven reflétant désormais le bleu acier déterminé que l'équipage avait vu à plus d'une occasion quand de nouveaux défis se présentaient.
L'amiral Warhol regarda Seven et B'Elanna. "Je suppose que vous avez quelque rapport à nous donner après cette escapade jusqu'aux chantiers navals ?"
"J'ai peur de n'avoir rien de positif à annoncer", commença Seven, regardant l'Amiral droit dans les yeux. "Oz m'a informé que les Sernaix retenaient le Lieutenant Kim. Il est tout à fait possible qu'ils lanceront un plan d'attaque contre la Fédération."
"Et comment au juste les Sernaix ont-ils capturé le lieutenant ?" exigea de savoir Nechayev, assise aux côtés de Warhol. "Je suppose qu'ils ne l'ont pas simplement téléporté."
L'Amiral Ross jeta un coup d'oeil à Nechayev comme s'il allait faire une suggestion, mais Seven le coupa rapidement. "La Section 31."
"La Section 31 ?" demanda Nechayev.
"C'est un organsation secrète qui recherche et détruit les menaces potentielles contre la Fédération. Starfleet n'a jamais confirmé ni nié son existence. Cependant, sa présence s'est faite ressentir depuis la création de la charte de la Fédération, quoique peu d'officiers, même du plus haut rang, l'auraient reconnu."
"C'est absurde", se moqua Warhol. "Je me rends compte que vous êtes dévastée par la perte d'un de vos anciens équipiers, mais je ne vois pas comment l'invention d'histoires sur 'la Section 31' nous aidera dans la recherche du Lieutenant Kim."
"Une organisation secrète dont seuls quelques uns auraient le privilège de connaître l'existence ?" L'amiral Paris fronça les sourcils en regardant Seven. Elle croyait en ce qu'elle disait, il le savait. Mais qui pouvait juger si sa vie privée n'influencait pas ses dires. "Même si elle existe, comment serait-il possible de diriger cette opération ?"
Seven tourna son regard froid vers l'Amiral Ross. "Amiral, à quel point croyez-vous cela possible ?"
Pendant un long moment, Ross ne dit rien. Regardant la surface lisse et brillante de la table, il réfléchit sur la façon de dire ce qui avait besoin d'être dit. Lentement et avec une petite hésitation, il parla. "La Section 31 existe."
En levant les yeux, il se retrouva dévisagé par neuf paires d'yeux abasourdies et le regard menaçant d'une anciene drone Borg non confiante. "Ils ont, quand l'occasion le nécessitait, travaillé en dehors des limites de Starfleet pour assurer la sécurité de la Fédération et de ses citoyens."
"C'est un conte de fées, Seven of Nine", l'interrompit Nechayev. "Mais dîtes-moi donc pourquoi nous devrions croire que 'la Section 31', si une telle chose existe réellement, est maintenant impliquée dans la disparition de Lieutenant Kim."
"Je les ai rencontrés."
Immédiatement, les chuchotements se turent tandis que tous les yeux se tournaient vers Seven.
"Vous les avez rencontré ?" la défia Warhol.
"Au début, j'ai pensé que mon manque de concentration et l'augmentation de la fréquence de mes rêves étaient dûs à mes expériences avec l'opposition Borgs. Cependant, Oz m'a informé que lorsque j'étais possédée par l'esprit de vaisseau Sernaix, j'ai rencontré plusieurs agents secrets de la Section 31."
"Et comment le sait-il ?"
"Il a été pu accéder aux enregistrements de ma mémoire résiduelle laissés intact."
"Un être qui avait pris le contrôle d'un de nos vaisseaux nous aide maintenant ?" demanda Warhol avec suspicion.
"Elle était en connexion directe avec Oz et il est plausible qu'il ait eu la capacité d'accéder à ces informations", répondit fermement B'Elanna.
"Qu'allons-nous faire de cette Section 31 s'ils ont réellement livré Harry aux Sernaix ?" les interrompit Tom, les yeux fixés sur son père.
"Nous devons aussi considérer la possibilité d'une invasion", ajouta Chakotay. "Harry ne donnerait jamais volontairement des informations aux Sernaix. Cependant, il est l'un des meilleurs ingénieurs de Starfleet et les connaissances contenues dans son cerveau seraient d'une grande valeur si elles étaient utilisée contre nous."
"Je ne suis pas sûr de bien comprendre..."
"Warhol, vous en comprenez assez." Janeway, restée silencieuse jusqu'à présent, s'était levée. "La question à laquelle mon équipage veut une réponse est qu'est ce que vous allez faire ?"
"Il va nous falloir quelque temps pour prendre une décision", déclara Nechayev. "Il y a beaucoup d'informations à passer en revue et plusieurs autres individus devront être impliqués."
"Dans ce cas", parla Owen Paris, "je suggère que nous terminions cette réunion et décidions d'une autre immédiatement."
Les trois autres amiraux murmurèrent leur accord tout en quittant hativement la salle de conférences. Seul l'Amiral Paris resta un instant, posant sa main sur l'épaule de son fils. "Nous le récupérerons, Tom." Puis, il partit aussi.
Janeway observa ses amis, sa famille, se lever pour entourer Seven. Ce serait un test pour eux tous, elle le savait. La Section 31 avait apparemment pris de l'importance et disparu dans l'ombre plusieurs fois au cours de l'histoire de la Fédération. Qu'y avait-il de différent cette fois-ci ? Et si tout ce qu'avait dit Oz était vrai, quelle sorte d'action Starfleet prendrait pour se défendre contre les Sernaix ?
"Nous sommes les meilleurs pour ce travail."
Il fallut un moment à Janeway pour se rendre compte que Tom répondait à la question qu'elle avait inconsciemment posée.
"Nous avons une expérience unique contre les Sernaix", ajouta B'Elanna.
"J'ai peur qu'à ce point, ce soit seulement un désir irréalisable", leur dit Janeway tristement. "Starfleet va sans doute mettre au point un de ses plans et ils feront ou non appel à nous pour le mettre en action."
Chakotay regarda Catherine avec attention en essayant de pénétrer ses pensées. a avait marché avec lui auparavant, il le savait, mais cette fois elle gardait soigneusement ses pensées pour elle et refusait de croiser son regard.
Quelque chose se prépare, pensa-t-il en lui-même. Elle n'a pas donné tous les détails de la situation à la Fédération.
 
***
 
Les amiraux entrèrent dans la spacieuse salle de briefing du Quartier général de Starfleet réservée pour ce groupe de décideurs à la tête de Starfleet. Tandis que chacun des amiraux prenait son siège habituel autour de la grande table ovale, l'Andorienne située à côté du Chef du groupe, le Lieutenant-Commandeur Shral, monta sur le podium au bout de la table surplombé sur la mur par l'insigne de Starfleet et les mots "Commandement de Starfleet".
"Cette réunion de l'équipe de Commandement de Starfleet est maintenant ouverte", dit Shral, ses antennes s'entrechoquant nerveusement. Pas à cause de son auditoire, mais à cause des circonstances dans lesquelles ils se rencontraient. Ses mains saisirent légèrement les côtés du podium, également décoré de l'ornement de Starfleet. "Mesdames et Messieurs", commença-t-elle, "le Commandant en Chef." Elle s'écarta sur le côté pour laisser l'Amirale Brackett de la Flotte monter à ses côtés sur le podium. Les autres amiraux bondirent sur leurs pieds, pas tout à fait au garde à vous, mais assez pour satisfaire la formalité.
"Rasseyez-vous", dit Brackett, se plaçant derrière le podium. Les amiraux retournèrent à leurs places, puis elle continua. "Nous avons entendu les déclarations du témoin oculaire de l'enlèvement, celles de ses amis et des experts. Maintenant, nous devons décider quoi faire à partir de maintenant."
"Je suis d'accord avec l'évaluation de Seven of Nine", commença le Vice-Amiral Edouard Jellico, récemment promu chef de la sécurité de Starfleet. "Les Sernaix doivent être impliqués et d'une manière ou d'une autre, ils travaillent avec quelqu'un de la Fédération."
"Foutaises", l'interrompit l'Amiral Warhol, le Chef des Opérations de la Flotte. "Je ne peux pas croire ce... 'conte' qu'a probablement fabriqué cet Esprit de Vaisseau depuis la Station Fulton... quel est son nom ? Ozama ? Cela semble trop absurde pour être vrai."
"Absurde ?" demanda Jellico. "Encore plus que les amibes spatiales géantes ou que l'énergie enflammée issues de l'espace aux formes d'oiseaux ? Non, nous savons à coup sûr que cela ne l'est pas. Nos réseaux de renseignements auraient repéré un tel mouvement s'il venait du Dominion ou des Romuliens, et même avec les changements des mois récents, c'est beaucoup trop subtil pour être un mouvement des Borgs."
"Peut-être, mais qui que soit impliqué dans cette affaire", suggéra l'Amiral William Ross, qui dirigeait la Division du Personnel de Starfleet, "ils ont travaillé indépendamment et employé des moyens internes à nos services pour cacher leurs traces. Ou peut-être était-ce vraiment la Section 31. Nous ne pouvons pas nier que nous savons qu'elle existe. J'ai vu assez de preuves quand j'étais sur DS9 pour le prouver."
"Il n'y a aucun moyen que ce groupe de psychotiques puisse être autorisé par la Fédération", remarqua l'Amiral Bennet, le chef du Corps des Magistrats. "Tout ce que j'ai entendu va à l'encontre de tous les principes de la Fédération."
"Nous ne sommes pas là pour juger la Section 31", dit Warhol. "Pour ce que nous en savons, ils peuvent très bien avoir la bénédiction officieuse du Conseil et faire le sale travail pour sauvegarder la Fédération de ses ennemis."
"C'est le travail de Starfleet", répondit férocement l'Amiral Cobum de la Logistique. "Nous explorons les frontières, sauvegardons la Fédération, mais n'avons jamais commis un génocide simplement pour en finir un conflit."
"Amiraux", les interrompit la voix claire du Vice-Amiral Owen Paris du service de Technologie de Starfleet. "Je connais l'équipage du Voyager. Je sais qu'ils ne sont plus ensemble désormais, physiquement, mais ils ont un lien fort que, j'en suis sûr, notre estimé Amiral Sulu ici présent comprend." Paris indiqua le membre le plus vieux du conseil, l'Amiral Hikaru Sulu de la Navigation de Starfleet. "Croyez-moi si je vous le dis, mais s'ils disent qu'il y a une menace là-bas se dirigeant vers nous, alors nous devrions mieux nous assurer d'y être le mieux préparé possible."
"Nous ne pouvons pas permettre à la Section 31 d'être hors contrôle plus longtemps", déclara Jellico.
"Accordé", dit Bennet. "Ils doivent être amenés ici et faire face aux charges reconnues, pour les atrocités qu'ils ont commis."
Les têts s'inclinèrent en signe d'accord, mais Warhol coupa net, leur faisant clairement part de son avis. "Je tiens à répéter", commença-t-il, "qu'ils font aussi ce qui leur semble être dans le meilleur intérêt de la Fédération."
"Leurs méthodes sont répréhensibles", répliqua Bennet.
"Nos sentiments mis de côté", l'interrompit Brackett, "faire quoi que ce soit contre eux maintenant serait des plus problématiques. Nous devrons attendre et traiter leur cas quand le moment s'y prêtera."
"De plus, la Section 31 n'est pas notre souci le plus urgent", ajouta l'Amirale Nechayev du service Tactique de Starfleet. "Actuellement, de tous les vaisseaux de la Flotte, seuls les six vaisseaux de classe Souverain et le nouveau vaisseau en construction sur Utopia Planitia peuvent résister à une attaque des Sernaix."
"Quand le Projet Montana sera-t-il prêt à être lancé ?" demanda l'Amiral Hayes, le sous-Commandant du groupe, de son siège situé près de Brackett.
"Nous pouvons accélérer la construction pour qu'il soit prêt d'ici une semaine", répondit Paris. " ce point, l'ensemble des systèmes marchent correctement."
"Alors allons-y", ordonna Brackett. "Ce vaisseau est probablement notre meilleure option pour libérer Monsieur Kim de ses ravisseurs, qu'ils soient Sernaix ou autres. En attendant, nous allons rappeler aussi les autres vaisseaux de Classe Souverain et les adapterons avec le même bouclier de lumière froide que celui du qui équipe le nouveau vaisseau. Cela améliorera même les plus anciens, bien qu'à mon avis, pas de beaucoup." Elle se leva de son siège et ajouta. "S'il n'y a rien d'autre à discuter, alors vous pouvez disposer."
 
***
 
L'ancien équipage du vaisseau Voyager, à l'exception notable d'Harry Kim, était resté assis à une petite table d'une salle de réunion auxiliaire du Quartier général de Starfleet. Les expressions étaient un mélange de crainte, d'effroi, d'épuisement et d'impuissance. L'un des leurs avait disparu et il ne semblait pas y avoir beaucoup de choses qu'ils puissent faire.
Tom Paris et B'Elanna Torres étaient assis ensemble à la table, essayant de ne pas penser à leurs soucis pour leur ami en se prêtant beaucoup plus d'attention l'un à l'autre. Chakotay était assis silencieusement, les mains pliées placées devant lui sur la table, quasiment en un geste de prière ou de méditation. Seven of Nine arpentait nerveusement un coin de la pièce, s'arrêtant à chaque fois qu'elle tentait de faire abstraction de sa frustration face à l'impuissance de sa situation. Et le Docteur se tenait debout à côté de la table, pratiquement immobile, l'observant faire les cents pas avec inquiétude.
Dans un autre coin de la pièce, près d'une des grandes fenêtres qui laissaient passer la lumière de l'aube de San Francisco, le Capitaine Janeway et le Lieutenant Commandeur Tuvok parlaient tranquillement de la situation, chuchotant presque dans le silence lourd de la pièce.
"Je ne crois pas", disait Tuvok, "que Starfleet soit capable de résister à un assaut direct de la part des Sernaix, pas plus qu'aucune des autres puissances du Quadrant Alpha."
"Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils ont contre eux", commenta Janeway. "Starfleet est peut-être allé et revenu de l'enfer pendant la guerre, mais d'après ce que j'ai vu, le Dominion n'est un petit joueur à côté des Sernaix." Elle se pinça le haut de son nez entre le pouce et l'index, essayant d'effacer le malaise qu'elle sentait. Elle aurait bien voulu d'une tasse de café fumante. "Ils n'en ont absolument aucune idée", répéta-t-elle.
"Cela pourrait s'averrer avantageux pour vous", lui fit remarquer Tuvok. "Votre connaissance des Sernaix et la façon dont vous les avez efficacement combattu fait de vous un atout dont Starfleet, peut-être, ne se rend pas entièrement compte."
"Il serait grand temps qu'ils le remarquent", murmura Janeway, avant de reprendre. "Qu'est-ce que vous..." Mais elle fut coupée quand les portes de la salle de réunion glissèrent dans un sifflement assourdi, laissant entrer le Vice-Amiral Owen Paris dans la pièce.
"Papa", commença Tom avec espoir alors que les autres se raidissaient et retournaient leur attention vers l'aîné des Paris, essayant de se préparer au pire, mais espérant pourtant le meilleur.
"Owen", dit Janeway pratiquement au même moment, laissant sa question en suspens. Il était facile de voir que chacun dans la pièce avait la même question à poser à l'Amiral.
Il attendit un moment, puis commença. "Starfleet a décidé d'attaquer le problème la tête la première." Il fit une pause pour laisser ses mots faire effets, puis continua. "Les six vaisseaux de Classe Souverain ont été rappelés pour être équipés avec le système de boucliers à lumière froide qui a été développé pour le Projet Montana, et la date du lancement du vaisseau a été avancée à la fin de la semaine. Elle fera partie de la première vague de défense, si quoi que ce soit arrive."
"Et en ce qui concerne la Section 31 ?" demanda Janeway.
"Les mandats sont en cours d'émission", répondit l'Amiral Paris, "pour tous les agents repérés. Nous ne pouvons pas lancer une enquête complète pour les révéler tous tout de suite, mais c'est un début."
"Que se passe-t-il pour le Lieutenant Kim ?" demanda Seven, debout et rigide comme un arbre le long du mur, à la droite et derrière l'aîné des Paris. "Est-ce-que des progrès ont été fait en ce qui concerne sa localisation ?"
"Pas vraiment", admit tristement l'Amiral Paris. "Il n'y a pas grand chose que nous puissions faire jusqu'à ce que nous ayons plus d'informations. Jellico met son personnel au travail pour le retrouver au moment où nous parlons. Commandeur Tuvok, je pense que ce serait une aide inestimable si vous leur fournissiez les données que vous avez obtenues jusqu'ici. Ils ont peut-être déjà les mêmes informations, mais il n'y a aucun mal à être attentif." Il regarda silencieusement le groupe devant lui, puis concentra son attention sur son fils. "Nous le retrouverons, Tom. Nous le récupérerons, sain et sauf." Il regarda Janeway, et ajouta. "Je dois y retourner et me coordonner avec les autres. Je vous tiendrai informés de tous les événements principaux." Il se retourna et quitta la pièce.
Depuis son siège, Chakotay regarda Janeway et Tuvok toujours debout dans un coin de la pièce. Il se leva et couvrit rapidement la distance. "Catherine", dit-il en s'arrêtant à ses côtés. "Si vous projetez de faire quelque chose pour récupérer votre carrière, vous feriez mieux de le faire maintenant."
"Je suis d'accord", dit Tuvok. "Les événements sont en mouvement et il semblerait que l'amirauté soit dans une bien meilleure position pour vous écouter en ce moment."
Janeway regarda Chakotay puis Tuvok et recommença à se pincer le haut du nez encore une fois.
 
***
 
Le visage de Suellen Bartlett exprimait son inquiétude. "Habitants de la Terre, Bonjour", commença-t-elle. "Voici les nouvelles de la Fédération avec une information qui continue de se développer au moment même où nous parlons."
Le cadet Icheb leva les yeux de sa tablette de données pour regarder le grand écran holographique sur le mur du Mess des tudiants numéro quatre. sa gauche, T'Kara fit de même. Etudier était important, mais cela devait être encore plus important. Combien de fois l'Académie avait-elle interrompu le repas des étudiants pour un bulletin d'informations ?
"Le Lieutenant Harry Kim, un des principaux ingénieurs d'Utopia Planitia, a été enlevé hier dans la nuit. Il a été téléporté hors de la Terre sans avertissement par des forces inconnues. Beaucoup de nos téléspectateurs se rappelleront Monsieur Kim grâce à notre vaste couverture des événements liés au Voyager, son ancien poste. La disparition a été observée par un autre membre d'équipage du Voyager, l'ancienne drone Borg Seven of Nine, et est actuellement soumise à une enquête approfondie."
John et Marie Kim savaient que les détectives de Starfleet étaient les meilleurs du Monde. Ils savaient que leur fils était un homme cultivé, assez ingénieux pour survivre à beaucoup de dangers. Savoir cela était d'un petit réconfort précieux. Ils serrèrent leurs mains ensemble et cherchèrent une fois encore la force qui les avait portés pendant les huit ans de silence terrifiant. C'était une force fatiguée. C'était tout ce qui leur restait.
"A la suite de cet enlèvement, Seven of Nine a révélé l'existence d'un groupe de protectionnistes radicaux connus sous le nom de Section 31, qui fonctionne dans le secret au sein-même de la Fédération. Les détails restent incertains, mais le groupe se considère apparemment comme exempt de toute loi de la Fédération. En outre, ils revendiquent leur existence depuis 2161 et semblent avoir été créés par les mêmes fondateurs de l'UFP. Les informations de Seven of Nine sont actuellement passées en revue au plus haut niveau du gouvernement. Aucun porte-parole de la Section 31 ne s'est présenté pour l'instant."
D'une façon ou d'une autre, le Professeur O'Brien n'était pas étonné. Ce qui l'étonnait, et l'inquiétait, c'était le soudain déluge d'information à propos de la Section 31. Faisant parti du petit nombre d'officiers de Starfleet qui avait eu une expérience directe avec eux, il savait mieux que quiconque de quoi ils étaient capables. Dans son bureau, O'Brien essaya de découvrir ce qui arriverait ensuite et ce qu'il pourrait bien faire dans ce cas. Après quelques minutes, il commanda à l'ordinateur d'établir un canal subspacial prioritaire avec Deep Space 9. Pendant que la liaison s'établissait, il se fit répliquer un grand café noir. Il avait le sentiment qu'il en aurait besoin avant que ce ne soit fini.
"Les récents événements ont fait la lumière sur de nouvelles inquiétudes quant à la possibilité d'une invasion par les mystérieux Sernaix. Starfleet est actuellement en alerte militaire de Niveau Quatre, avec une alerte jaune sur tous les vaisseaux et stations, mais le Commandement recommande vivement à tous les citoyens de ne pas s'affoler."
Facile pour eux de dire ça, pensa Joseph Sisko. Il avait déjà vu cela avant, durant les deux alertes Borgs et les excès de paranoïa répétés contre les fondateurs. Mais cela avait à chaque fois renforçé la tension et la crainte qu'il sentait en ses clients peu de temps après. Bien sûr, il n'était pas exactement frais comme un concombre lui-même. Concombre... hmm. Frais, les légumes frais pourraient peut être l'aider à calmer ses nerfs un petit peu. Un sourire illumina le visage de Sisko tandis qu'il se dirigeait vers la cuisine pour se servir à nouveau de sa Salade de Crevette Créole si fameuse.
"Parmi les réponses de Starfleet à la menace potentielle, on peut noter le lancement accéléré du nouveau vaisseau spatial actuellement en développement sur Utopia Planitia. On dit que le vaisseau expérimental, construit par les ingénieurs du Projet Montana, incorpore des éléments de conception provenant de diverses espèces. Les plans ne sont pas encore disponibles, mais notre contact sur Mars nous a dit que le nouveau vaisseau ne ressemblait à aucun autre de toute l'histoire de Starfleet. "
Ce n'était pas la première fois que Reg Barclay se demandait si les têtes pensantes de Starfleet étaient folles. A quoi ils pensaient en lançant le vaisseau si tôt ? Si la moitié des choses que lui avaient dit B'Elanna et Harry étaient vraies, il avait autant de chance de tomber en morceaux en orbite que d'être en mesure de naviguer dans l'espace. Peut-être qu'avec quelques mois de plus, on pourrait avoir confiance dans sa conception, mais maintenant ? Avant même les tests de base ? Folie, la folie s'était emparée des chefs de Starfleet. Le fait que Reg dise cela au moins trois fois par mois n'était pas important.
"En ce qui concerne les autres nouvelles, le..." Bartlett arrêta de parler quand elle vit une nouvelle tablette de données se matérialiser devant elle. Elle la souleva et lut. "Cela vient d'arriver. Le Capitaine Catherine Janeway, ancien Capitaine du Voyager, a convoqué une réunion exceptionnelle du Conseil de la Fédération et du conseil de l'Amirauté de Starfleet. Elle a annoncé qu'elle avait des informations à fournir. Informations qu'elle a obtenues dans le Quadrant Delta et dans la Bulle, mais qui n'avaient pas été révélées jusqu'à présent. La réunion aura lieu cette après-midi au Quartier général de Starfleet."
Catherine Janeway souriait. Le spectacle était sur le point de commencer.
 
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********* 2e partie ici... *********

Ecrit par: Mike Ben-Zvi, Jeffrey Harlan, Seema, LadyChakotay, Thinkey, LauraJo, Zeke, MaquisKat, Heather Briles, Bec, Rebel, Anne Rose and Jennica Williams
version française: André, Christophe, Delphine, Laurent
Producteurs: Thinkey, Anne Rose et Coral
Remerciements aux différents correcteurs: (version originale), Collectif (version française).

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