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Episode 9.08 - UNE PILLULE DIFFICILE A AVALER
Par: MaquisKat (maquiskat@maquisrebel.com)
Version française: Delphine (delph.cass@voila.fr)

Note: Star Trek: Voyager, personnages et autres produits dérivés sont des marques déposées de Paramount Pictures. Aucune infraction aux droits d'auteurs de Paramount voulue. La Saison 8 virtuelle de Voyager (Voyager Virtual Season 8, VS8) est une entreprise à but non lucrative. L'histoire est propriété de son auteur. Pas de reproduction sans sa permission.

"Même en plein coeur des incertitudes de la guerre, la chose la plus difficile dans la vie reste de vivre."

"Journal de bord du Médecin Chef"
"Mes recherches en cours sur la condition de Miral commencent à apporter des résultats..." Le Docteur fit une pause pendant un moment puis continua. "Cependant, j'hésite à appeler cela une condition. Elle n'est pas malade au sens propre du terme, bien que ses capacités déconcertent quelque peu ses parents... Ce qui m'amène à une autre imperfection à bord de ce vaisseau.
Après la découverte de l'appartenance du Commandeur Barton à la section 31, je ne peux qu'avoir le sentiment que tout cela était planifié. Starfleet m'a affecté une équipe complète de personnel médical, cependant dans son infinie sagesse, ils ont omis de nous affecter un conseiller. Un vaisseau avec à son bord un équipage étant resté piégé sept ans dans le quadrant Delta puis dans un royaume alien pendant une autre année, et qui n'a eu aucun moment pour se ré-acclimater, sans conseiller." Le Docteur secoua la tête avec lassitude et soupira.
"En dépit de cette omission, les choses ne se sont pas passées trop mal... pour l'instant. Le Lieutenant Paris, entre tous, semble gérer la situation un peu trop bien. Je me demande d'ailleurs s'il n'enfouit pas simplement ses réactions pour ne pas avoir à faire face aux événements. Le comportement du Lieutenant Torres n'est pas moins inquiétant. Elle réagit comme beaucoup de mères le feraient, en prenant sur elle toute la responsabilité des différences de sa fille.
C'en est presque assez pour me faire espérer que les capacités de Miral ont été déclenchées par une exposition aux Sernaix." Il s'arrêta pour jeter un regard aux relevés affichés sur l'écran de son bureau.
"A ce point, cela semble peu probable. J'ai commencé à conduire des extrapolations pour déterminer si ces capacités auraient pu être causées par la rencontre inattendue du Lieutenant Torres et du Lieutenant Kim avec le Pourvoyeur au début du voyage originel du Voyager dans le Quadrant Delta. Ce raisonnement sera difficile à prouver car je dois également déterminer pourquoi le Lieutenant Torres n'a pas été affectée alors que sa fille et le Lieutenant Kim l'ont été et pourquoi sa fille développe des habilités différentes de celles du Lieutenant Kim. La conclusion évidente serait que les deux événements ne sont pas liés. Cependant, mes instincts ont été renforcés par la preuve d'une connexion psychique entre Monsieur Kim et Miral."
Le Docteur se déplaça vers un côté de son bureau et prit une tablette de données posée là. "A part les évidents défis médicaux qui vont bon train à bord du Voyager, je dois aussi faire face à une épreuve personnelle. Auparavant, je n'avais qu'une assistante permanente. Kes..." Le Docteur sourit tristement à la pensée de sa dernière entrevue avec l'adorable jeune alien. "...Et avant cela, le Lieutenant Paris. Le défi de coordonner une équipe complète a été plus intimidant. Cependant, j'ai toute confiance que je parviendrai à passer outre ces difficultés."
 
***
 
Dayton regardait au travers des murs transparents du bureau de l'officier médical en chef et bougonna tout en observant le Docteur faire les cent pas, ce qui signifiait qu'il enregistrait son journal. "Regardez le marcher là dedans, Gail."
L'autre Docteur secoua la tête et regarda vers son assistante. "Agissant comme s'il était une vrai Docteur, plutôt que comme le programme qu'il est en fait." Dayton grogna ironiquement. "Comment Starfleet a-t-il pu donner un poste à cette chose ? A-t-il été à l'école de médecine ? Non. A-t-il passé des années dans un hôpital pour devenir un membre titulaire d'une équipe ? Non. A-t-il véritablement gagné le droit d'être Médecin Chef ? Non."
Gail Cunningham secoua la tête. "Robbie, il a le savoir médical de toute la base de données médicales de Starfleet à sa disposition. Il possède les techniques des meilleurs chirurgiens et Docteurs de la Fédération de tous les temps. De plus, il a à son actif plus d'heures comptabilisées que le Docteur Crusher sur l'Enterprise lorsqu'elle était médecin chef."
Dayton roula des yeux. "Au moins, elle avait travaillé pour en arriver là, en dépit du fait qu'elle soit une bonne amie de Picard." L'accent était placé sur le "bonne", laissant planer toutes sortes de signification à ces paroles. "Et elle n'est plus le chef."
Gail soupira et écarta les fines mèches de cheveux blonds qui lui tombaient devant les yeux. Elle continuait à lancer les procédures de vérifications des instruments médicaux pendant que Dayton s'appuyait contre le lit. Il avait visiblement des problèmes pour finir une tâche qu'il jugeait en-dessous de ses capacités. Quand elle ajouta cela à son attitude et à sa tendance à alimenter ce qui n'était en réalité qu'une rumeur et un sous-entendu, Gail décida qu'elle n'appréciait pas particulièrement l'assistant du médecin chef. 'Le Docteur Crusher a abandonné son poste de médecin chef car elle voulait pratiquer la médecine et non pas être une bureaucrate."
"J'ai entendu dire que Pulaski ne remplissait pas ses fonctions comme Crusher le faisait, et que Picard voulait s'en débarrasser."
Dayton s'occupait vaguement avec un tricordeur en regardant Gail travailler. L'assistante médicale roula des yeux et continua son travail, se demandant comment diable Dayton avait pu en arriver là où il était. Elle le savait bien sûr, il était dans sa nature d'apprendre à connaître complètement les Docteurs avec lesquels elle allait travailler. Dayton était un excellent chirurgien, hautement qualifié pour les situations d'urgence avec un taux impressionnant de réussite. Il était le parfait Docteur pour une situation de guerre. Il l'avait lui-même prouvé lors du conflit avec les Cardassiens. Le problème ne se posait pas en terme de comportement avec les malades ou encore dans ses compétences en tant que médecin ou chirurgien mais dans ses relations avec les autres membres de l'équipe. C'était un crâneur, une tête dure et un enquiquineur quand il n'était pas absorbé par une situation de crise ou une intervention. Il n'aurait jamais été affecté à ce poste sur le Voyager en des circonstances normales et le fait que Starfleet l'ai transféré ici et maintenant n'était pas, pour Gail, un bon présage pour leur survie.
Des mouvements provenant de la direction du Docteur attirèrent son attention et elle se tourna juste à temps pour voir le Docteur sortir de la partie privée de son bureau. "Comment se passent les recalibrations ?" S'il nota la mauvaise humeur de Dayton, son langage corporel n'en traduit rien. Gail ouvrit la bouche pour parler puis plissa ses fines lèvres lorsque Robbie s'approcha en position de défi. "Outre le fait que ce soit complètement inutile puisque tout est neuf, juste sorti des docks, ça va."
Le Docteur tourna froidement la tête vers son assistant. "Je ne suis pas d'accord sur le fait que ce soit complètement inutile, Docteur. Vous ne devriez pas avoir besoin d'une explication, mais sachez que le Voyager a des agents de la section 31 infiltrés à bord et le vaisseau est sorti à la fois de façon expéditive et précipité des docks sans même un vol d'essai. Quitte à découvrir un problème, je préfèrerais que ce soit maintenant, avant que nous ayons besoin de nous servir de tous les instruments." Dayton recula et hocha la tête de façon peu convaincue pendant que le Docteur reportait son attention sur l'assistante médicale.
"Enseigne Cunningham, votre rapport", demanda nerveusement Le Docteur, se préparant à une autre remarque similaire de la part de son assistante chef. Il fut agréablement surpris quand Gail sourit et commença son rapport détaillé. "Tous les systèmes de diagnostics fonctionnent à 98 pour cent..."
 
***
 
Miral riait pendant qu'elle et sa mère s'amusaient à rentrer des blocs dans les trous du jeu en bois avec le maillet en caoutchouc. Tom les regardait avec un sourire amusé sur le visage. "Je pense que toutes les deux, vous poussez cette blague du vaisseau un peu trop loin."
"Dis ce que tu veux, pilote", dit B'Elanna à son mari avec un sourire sauvage. "Mais Miral va devenir une ingénieur comme sa mère... Rappelle-moi de remercier Seven pour ce jeu."
Le sourcil de Tom atteint presque ses cheveux. "Toi... Remercier Seven..." Il regarda autour de lui avec exagération. "D'accord Q, reviens et rends-moi ma femme..." Il leva la tête pour trouver B'Elanna debout juste devant lui, frappant le dessus de sa main avec le maillet.
"C'est léger, mais assez costaud pour causer des dommages significatifs", grogna B'Elanna en s'asseyant sur les genoux de Tom.
Tom frissonna en-dessous de sa femme, son sourire s'élargissant plus encore. "Es-tu sûre que nous devrions faire cela en face de Miral ? Je pense que Chakotay me doit quelque heures de baby-sitting et il devrait avoir fini son quart dans peu de temps."
B'Elanna grogna. "Tu es vraiment un porc. En plus, à chaque fois que je te frappe, ça ne veut pas nécessairement dire autre chose que juste te frapper..."
"Comme Freud disait, quelques fois un cigare est juste un cigare", offrit Tom de bon cur.
B'Elanna le regarda et serra les dents. "D'un autre côté, peut-être que le Capitaine et le Commandeur aimeraient se faire la main."
Le sourire de Tom s'agrandit quand la mi-klingonne se tourna. "Exactement ce que je pensais." Quand B'Elanna se figea et que ses cris résonnèrent dans ses oreilles, son attention se reporta d'un coup sur la scène devant lui. Les yeux de Miral étaient fermés pendant que son maillet continuait à enfoncer les blocs dans la planche et qu'un grand tournevis tordait une vis dans son trou. La scie-jouet tournoyait à une vitesse folle, la transformant en un outil dangereusement tranchant.
"Stop", commença la voix calme de B'Elanna. "Stop... Miral, chérie, stop." Tom était tellement absorbé par la scène qu'il remarqua à peine le poids de sa femme qui le maintenait sur le divan. La voix de B'Elanna s'affermit et monta pendant qu'elle continuait sa litanie pour faire stopper sa fille. "Miral, arrête maintenant !", hurla B'Elanna, sa voix trahissant sa colère, sa crainte et une centaine d'autres expressions. Soudainement, tout s'arrêta. Le marteau tomba sur le sol, le tournevis s'arrêta de tourner et la scie s'immobilisa complètement. Miral regarda vers sa mère, ses lèvres s'allongeant, ses yeux bruns devenant humides. Un hurlement plaintif emplit le salon auparavant joyeux.
B'Elanna regarda sa fille. Son visage trahissant la culpabilité de sa rudesse et elle fila vers la chambre avant que Tom ait pu voir ses larmes. Tom fut déchiré pendant un instant puis il prit Miral dans ses bras et la cala sur ses hanches. "Chhhuut... chérie. Tout va bien. Tu as juste fait peur à maman, c'est tout. Ca va aller, mon ange." Tom se déplaça pour attraper le panda en peluche posé sur le coffre à jouet et le plaça entre les bras de Miral. Bientôt Miral ne fut pas seulement calme mais également prête à dormir, serrant très fort le petit panda.
"Y a-t-il un peu de place pour que nous nos allongions à côté de maman ?" Tom passa la tête dans leur chambre puis s'adossa dans l'embrasure.
B'Elanna le regarda. Son visage montrait qu'elle s'en voulait bien plus que Tom ou la petite fille ne lui en voulaient. "Je n'aurais pas dû lui hurler dessus comme ça, Tom... Je... Je n'y arrive pas."
"Tu n'arrives pas à quoi ?", demanda Tom. Son estomac faisait des nuds.
B'Elanna soupira. "Ca... Miral. Son pouvoir. Je veux qu'on me rende ma petite fille."
Tom entra dans la chambre et allongea leur fille, qui dormait maintenant paisiblement, en face de sa mère. "Apparemment, elle semble bien ici", dit-il doucement, massant tendrement le dos de Miral.
Le visage de la demie Klingonne s'adoucit tandis qu'elle caressait les légères arcades sourcilières de sa fille. "Cela ne serait pas arrivé si tu m'avais laissée programmer le Docteur pour qu'il modifie ses gênes." La voix de B'Elanna était posée et calme et elle fut surprise que Tom la regardat comme si une paire d'ailes et des cornes lui avait poussé. "Je n'étais pas en train de t'accuser, Tom... J'établissais juste un fait."
Tom se relaxa légèrement. "Tu ne peux pas en être sûre, B'E. Même le Docteur ne le sait pas pour l'instant. De plus, ça n'aurait pas modifié ses gênes..." Quand il regarda sa femme, il se tût. Ce n'était pas le moment de remettre cette conversation particulière sur le tapis.
"Comment est-ce que tu fais ça, Tom ?" B'Elanna le regarda. "Je ne sais pas pour toi, mais moi, ça m'effraie au plus haut point. Je veux dire, pour l'instant c'est sans danger et mignon. Faire voler ses peluches, retourner des crêpes avec son esprit." B'Elanna passa le revers de sa main sur le dos de Miral. "Tu te souviens de la dernière fois où nous avons eu quelqu'un avec un potentiel psychique inconnu à bord, Tom ? Tu te souviens des cloisons qui explosaient ? De l'attaque dans l'ingénierie ?"
"Kes." Tom refréna un frisson et regarda sa fille. "Nous n'avons aucune raison de croire que Miral deviendra comme Kes, B'E."
"Mais nous n'avons aucune raison de croire le contraire non plus", contra B'Elanna. Elle roula hors du lit et commença à faire les cents pas. "Même si elle ne le devient pas... Même si tout tourne bien, quel genre de futur va-t-elle avoir, Tom ?"
Tom Paris regarda sa fille. "Je ne vois pas pourquoi son pouvoir..."
B'Elanna secoua la tête. "Les enfants sont cruels, Tom. J'étais un monstre pour eux, même à l'Académie, à cause de mon caractère et de mes arcades sourcilières. Maintenant, Miral va avoir les mêmes, le même caractère, et en plus la capacité d'envoyer les vilains enfants voler à travers l'aire de jeu sans même poser la main sur eux."
"Il n'y a pas de raison..."
"Tom", supplia la voix de B'Elanna. "Penses-y un instant. Elle n'a même pas deux ans et elle peut déjà coordonner trois choses avec son esprit en même temps. Il parait évident d'imaginer que sa force et ses capacités vont se développer avec l'âge."
Tom se leva et arrêta le va-et-vient de sa femme. "Et il n'y a rien qui nous dise que ses facultés ne vont pas disparaître avec la puberté." Prenant le visage de B'Elanna entre ses mains, il attrapa et soutint son regard. "Il y a trop d'inconnues pour l'instant pour nous laisser entraîner dans un délire avec des 'si'. Laissons un peu de temps au Docteur. Il nous trouvera les réponses et alors nous pourrons nous inquiéter des conséquences s'il le faut."
B'Elanna déglutit visiblement puis hocha la tête à son mari. Elle se rassit sur le lit et approcha sa main du dos de Miral. Quand sa main fut à cinq centimètres du dos de Miral, des étincelles jaillirent et frappèrent les doigts de B'Elanna. Elle retira sa main, encore choquée. "Elle est paralysée, Tom...", dit-elle d'une voix étranglée. Elle leva la tête vers son mari, les émotions mêlées sur son visage.
Tom hocha la tête et tapa sur son communicateur, ne voulant pas paniquer lui-même. "J'ai besoin d'une téléportation de site à site pour trois personnes, directement à l'infirmerie."
 
***
 
Le chatoyant effet du téléporteur s'estompa, laissant Tom et B'Elanna debout aux côtés du lit où était allongée Miral, tranquillement endormie. Le Docteur s'approcha immédiatement et commença à scanner la petite forme qu'était Miral. Quand il fronça des sourcils, B'Elanna s'approcha et le regarda avec interrogation. "Tout va bien, Lieutenant. Mes scanners disent qu'elle va bien. Cependant, elle semble émettre un faible bouclier corporel."
B'Elanna saisit le Docteur de son bras intact et le retourna vers elle. "Etes-vous en train de me dire qu'elle projette un bouclier Sernaix ?"
Le Docteur hocha la tête et se retourna vers sa patiente initiale. "Exactement. Cela semble être une réaction instinctive à des stimulations externes. Son activité cérébrale montre la signature d'un profond sommeil. Elle n'a aucun contrôle sur son état."
B'Elanna sentit une main sur son épaule, un autre Docteur la poussant gentiment vers un lit médical proche pour regarder sa main paralysée. Elle le remarqua à peine scanner les tissus affectés et prendre un injecteur hypodermique pour le presser sur le point de pulsation de son poignet. Elle baissa les yeux et la sensation commença à revenir dans ses doigts. Elle hocha la tête à l'autre docteur en remerciements avant de glisser hors du lit et de fixer le Docteur du regard. "Sortez-la de là, Docteur."
Le Docteur secoua la tête. "Je pense que ce serait un risque inutile de la sortir de cet état maintenant, alors que nous ne savons rien à propos de la stimulation à effectuer ou même si elle en génère."
Dayton l'interrompit. "Peut-être que si nous la sortons de l'état comateux, le bouclier diminuera." B'Elanna et Tom regardèrent tous les deux le HMU avec attention.
"Trop risqué. Nous n'avons aucune idée des conséquences que cela entraînerait pour Miral si nous la réveillions." Le Docteur secoua la tête.
"Si cela se produit naturellement, si nous ne stimulions rien de plus que ses ondes cérébrales vers un état non comateux pour la forcer à se réveiller, je ne pense pas qu'il y aurait d'effets secondaires. Ce serait juste comme si elle se réveillait naturellement." Dayton s'avança et fixa son supérieur du regard.
Le HMU frissonna à la remarque de Dayton et au ton employé. "A ce point, la laisser dormir ne représente aucun risque pour sa santé. Par contre, il pourrait y avoir un risque si nous la réveillions. Je ne veux rien faire qui soit susceptible de mettre en danger sa santé alors qu'elle est parfaitement en sécurité pour le moment."
Tom s'interposa entre B'Elanna, Dayton et le HMU. "Ecoutez, pourquoi n'amenons-nous pas Harry ici ? Il a lui aussi ce bouclier corporel, exact ? Et il semble avoir une sorte de connexion avec Miral... Peut-être peut-il la réveiller ou au moins nous donner des indices sur ce qui se passe."
Le HMU hocha la tête, impressionné par la ligne de raisonnement de Tom. "HMU au Lieutenant Kim." Silence. "HMU au Lieutenant Kim, répondez s'il vous plaît." Le Docteur regarda Tom et B'Elanna, l'inquiétude passant sur son visage. "HMU à passerelle."
"Ici la passerelle, Docteur", fit la voix de Chakotay du communicateur.
"Nous pourrions avoir un problème. Miral Paris semble avoir développé la capacité de projeter un bouclier qui ressemble au bouclier corporel Sernaix. Nous avons tenté de contacter le Lieutenant Kim car il a également cette faculté, mais il ne répond pas au signal de son communicateur."
"D'accord Docteur, laissez-nous nous en occuper. Je vais aller vous le chercher. Chakotay terminé."
 
***
 
Il ne fallut pas longtemps à Chakotay pour retrouver la trace du Lieutenant manquant, bien qu'il soit inquiétant que le communicateur d'Harry ne semblât plus être reconnu par le système interne du vaisseau. C'était tout ce qu'il avait fallu au Capitaine Janeway pour lui donner la permission de retrouver lui-même la trace du Lieutenant. Un coup d'il dans le journal de bord de l'ordinateur avait amené le Premier Officier à la dernière location connue d'Harry, un des labos de sciences d'astrométrie. Les verrous privés des portes avaient été engagés, ce qui obligea Chakotay à entrer son code d'autorisation.
Les portes s'ouvrirent, révélant l'officier des Opérations effondré sur une console. Chakotay s'avança et faillit toucher l'épaule du jeune homme avec sa main, mais il remarqua juste à temps le léger rayonnement qui émanait du corps d'Harry. Il s'écarta et appuya sur son communicateur. "Je l'ai trouvé pour vous, Docteur, mais nous avons besoin d'une téléportation site à site."
Chakotay sentit le chatouillement du téléporteur autour de lui et réapparut avec Harry dans l'infirmerie. "Je pense qu'il doit également émettre un bouclier corporel, Docteur." Le Premier Officier du Voyager s'écarta du lit médical afin de laisser la place au HMU.
Le tricordeur bipait et sifflait pendant que le Docteur le passait au-dessus du corps couché d'Harry. "Vous avez raison, Commandeur. Le Lieutenant Kim est dans le même état que Miral. Cependant, son bouclier corporel est nettement plus puissant que celui de Miral. Je relève des niveaux très élevés d'un certain récepteur chimique dans leurs deux cerveaux. D'après mes relevés, je peux m'aventurer à dire que ma première supposition était correcte. Ils sont conscients et réagissent à une sorte de stimulus externe à laquelle nous ne sommes pas réceptifs."
Chakotay hocha la tête et se plaça en arrière avec Tom et B'Elanna, posant une main sur l'épaule de sa vieille amie en réconfort tandis qu'elle prenait la parole. "Et qu'est-ce que ça veut dire pour Miral, Docteur ?"
Le Docteur offrit un regard compatissant à Tom et B'Elanna. "Malheureusement, cela veux dire que nous allons la laisser dans son état actuel jusqu'à ce que nous sachions exactement ce qui a causé cette réaction chez eux deux. A moins que quelque chose d'autre arrive entre temps, c'est la chose la plus sûre pour l'instant."
B'Elanna serra les poings de façon convulsive et ferma ses yeux fermement. Elle sentait la culpabilité l'envahir. Les derniers mots qu'elle avait dit à sa fille avaient été des mots de colère. Elle sentit le bras de Tom s'enrouler autour de sa taille et entendit sa voix. "Nous comprenons, Docteur. Je suis sûr que vous ferez tout ce que vous pourrez pour Harry et Miral." Elle sentit Tom la pousser gentiment hors de l'infirmerie, laissant Miral entre les mains de son parrain, Chakotay sur leurs talons.
"Si vous avez besoin de quoi que ce soit...", offrit Chakotay, posant une main dans son dos en signe de réconfort.
Tom acquiesça. "Merci, Chakotay. Nous vous ferons savoir ainsi qu'au Capitaine s'il y a un changement."
B'Elanna entendit l'échange entre les deux hommes sans y prêter attention, des nuds de colère et de crainte se formant dans son estomac comme une boule.
 
***
 
Miral et Harry dormaient toujours seize heures plus tard. Leurs boucliers corporels étaient toujours intacts, celui de Miral devenant même plus puissant. Le Docteur effectua un nouveau scan qui ne montra aucune nouvelle évidence du stimulus externe auquel, il en était certain, ses deux patients réagissaient. "Enseigne Cunningham, concentrez la longueur d'onde du scan de zéro point zéro un toutes les quinze secondes."
"Bien, Monsieur." Gail bougea ses doigts sur les touches de la console, concentrant lentement le scanner. Ils travaillèrent en tandem durant quelque minutes, l'assistante médicale anticipant correctement les besoins et ordres du Docteur. Il devint rapidement évident que le stimulus externe auquel répondaient ses patients ne pourrait pas être déterminé grâce à cette procédure.
Le Docteur secoua la tête. "Je ne comprends pas. Il s'agit de la fréquence à laquelle les émissions Sernaix devraient être détectables."
Gail regarda le Docteur. "Nous le trouverons, Docteur. Il y a juste une partie de l'équation que nous ne comprenons pas encore." Elle se déplaça derrière le HMU et posa une main sur son épaule. "Nous devrions regarder toutes les pièces du puzzle encore une fois."
Les sourcils du Docteur se levèrent mais il fit signe à l'enseigne de venir dans son bureau. "Les pièces du puzzle ?"
Gail rougit. "C'est comme cela que j'analyse tous les problèmes médicaux. Comme un puzzle... Etudiez la structure assez longtemps, trouvez les suites logiques et vous serez capable de trouver la solution."
"Une séduisante analogie." Le Docteur la gratifia d'un de ses plus beaux sourires. "Et donc, que vous dit la structure de notre puzzle ?"
"Et bien, je pense que vous avez raison de suspecter qu'ils réagissent aux Sernaix. C'est la première fois que Monsieur Kim génère ce bouclier corporel. Nous avons uniquement scanné les fréquences que nous savions être utilisées par les technologies Sernaix. Donc soit nous ne connaissons pas toutes les fréquences, ce qui est possible, soit ce n'est pas à leur technologie que les patients réagissent. Savons-nous si les boucliers corporels des Sernaix utilisent la même fréquence que leur technologie ?"
Le Docteur fronça des sourcils. "Il est possible qu'ils réagissent à la physionomie des Sernaix, mais cela impliquerait qu'ils le détecte d'une manière ou d'une autre et que cela se serait récemment fortement rapproché du Voyager."
"Plus de questions que de réponses pour l'instant... Mais nous trouverons." Gail contourna la table et offrit sa main au Docteur.
Le Docteur regarda Gail, appréciant le support. "Evidemment que nous trouverons, Enseigne." Il s'arrêta, réfléchissant à quelque chose. "Cela vous ennuierait si je vous appelais par votre prénom ? Les départements médicaux de la plupart des vaisseaux ne fonctionnent pas en appliquant strictement le protocole. Gail, n'est ce pas ?"
"Bien sûr, Docteur. Et puis tout le monde m'appelle Gail." Elle prit une inspiration et se concentra sur le Docteur en affichant un adorable sourire sur son visage, un éclair illuminant ses yeux verts. "Bien sûr, mon nom complet est Abigail. Pour un raison inconnue, tout le monde l'a raccourci en Gail."
"Et bien, si vous préférez, je vous appellerai Abigail", offrit le Docteur avec un ton chaud et amical.
Elle hocha la tête avec bonheur. "Abigail sera adorable, Docteur."
 
***
 
Tom plaça une pizza chaude en face de B'Elanna. "Jambon et ananas, comme demandé." Il sentit un pincement au cur quand B'Elanna sembla ne pas remarquer sa présence. Elle continua simplement à regarder à travers la baie les étoiles transformées en longues et lumineuses traces par le champ de distorsion. "B'E... Miral va bien. Tu sais que le Docteur ne laissera rien arriver à sa filleule."
B'Elanna le regarda soudainement durement. "D'accord... Si tu définis aller bien comme inconsciente à l'infirmerie." Elle se leva et marcha dans leur quartiers. "Le pouvoir était déjà assez dérangeant quand elle faisait bouger ses jouets avec son esprit... Maintenant elle génère un bouclier quand elle va dormir ?"
"B'Elanna, tu sais que ce n'est pas ce qui est arrivé", commença Tom, avant d'être de nouveau coupé par une remarque cinglante de sa femme paniquée.
"C'est un bébé, Tom. Comment est-elle supposée contrôler ça ? Elle n'a aucune chance. Harry est un adulte et il n'y arrive pas." Les poings de B'Elanna se serraient et se desserraient. La tension présente dans leurs quartiers rivalisait avec celle qui régnait sur la passerelle pendant un alerte rouge.
Tom secoua la tête, gardant son calme pendant que B'Elanna paniquait. "Elle y arrive pour le moment. Donne un peu de temps au Docteur."
"Du temps, du temps... Miral n'en a peut-être pas. Tu n'as aucune idée de ce qui se passe réellement en elle. Le Docteur non plus." La femme mi-klingonne s'arrêta finalement de marcher. Elle s'appuya contre la baie, les mains posées sur la surface transparente en aluminium. Tom se plaça derrière elle et l'enlaça de façon réconfortante autour de la taille, essayant de lui apporter un soutien physique et réconfortant puisque ses paroles ne semblaient que l'énerver d'avantage. Un autre accès de violence de sa femme les poussa tous les deux loin du mur. B'Elanna se détacha de son étreinte et se retourna rapidement face à lui. "Maudit sois-tu, j'aurais aimé que tu ne m'arrêtes pas lorsque je voulais que le Docteur enlève ses caractéristiques klingonnes. Si ces gênes avaient été modifiés, elle n'aurait pas développé ce... quoi que ce soit."
Tom était sous le choc et ses yeux s'agrandirent à l'écoute de paroles qui lui assenaient des coups comme un couteau dans du beurre. Il plissa les yeux. Ses mots lui rappelaient une chose. 'Ta faute. Echec. Ta faute.' Et avec ce vieux refrain lui martelant la tête, Tom se tourna et sortit de leurs quartiers.
Les larmes commençaient à couler sur le visage de B'Elanna sans qu'aucune autre réaction ne puisse lui venir. "Qu'est-ce que j'ai fait...? Oh bon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait..." Ses jambes plièrent soudainement sous son corps comme du caoutchouc et avant qu'elle ait pu complètement comprendre ce qui arrivait, elle était à genoux sur le tapis de leurs quartiers. Tous les cauchemars qu'elle avait fait lui revinrent. La pensée de son père incapable de s'en sortir avec les deux klingonnes, la pensée de son tempérament qui éloignait les personnes auxquelles elle tenait. Puis, incapable de tenir plus longtemps face à tout ce stress, elle s'effondra sur le sol, les larmes coulant maintenant comme une amère pluie.
 
***
 
Le Docteur entra d'un air dégagé dans l'ingénierie, suivant une suggestion d'Abigail. "Oz... Puis-je vous parler un instant ?"
"On apprécie sa liberté, Docteur ?", demanda Oz pour discuter, sa voix sans corps se répercutant dans les murs de l'ingénierie.
"Oui, merci. C'est vraiment très agréable de ne pas avoir à utiliser son émetteur mobile pour se déplacer dans l'ensemble du vaisseau. L'équipe des ingénieurs vient de finir très récemment les derniers réglages du réseau global d'émetteurs du vaisseau. J'éprouve une certaine liberté quand je n'ai pas à me soucier de télécharger mon programme", répliqua le Docteur joyeusement. Puis il réalisa que ce genre d'excitation pourrait être moins appréciée par l'unique être à bord dont la liberté dépendait de cette technologie, mais à qui on en avait refusé le droit d'accès.
Oz, pour sa part, ne semblait pas spécialement troublé. "Je peux imaginer en quoi cela serait agréable. Bien sûr, l'émetteur mobile offre des avantages que les systèmes à bord n'offrent pas."
"Naturellement ! Est-ce que vous réalisez que durant une mission bien particulière où le Capitaine m'a envoyé, j'ai eu l'immense joie d'adopter et d'élever un enfant."
Contrairement à la majeure partie des êtres confrontés à l'anecdote du Docteur, Oz était réellement intrigué par cette notion. "Vraiment... Un homme élevant un enfant... Fascinant. Vous n'êtes même pas une forme vivante biologique et ils vous ont fait assez confiance pour élever l'un des leurs ?"
Le Docteur s'appuya sur l'une des consoles de l'ingénierie. "En réalité, ils n'ont pas remarqué que je n'étais pas de leur espèce. Mon holomatrice avait été modifiée de sorte que j'apparaisse comme étant l'un de leur race."
"Vraiment ? Et vous n'avez eu aucun problème à modifier votre apparence comme ça ? Peut-être est-ce juste la manière dont j'ai été élevé, mais je pense que je bloquerais ma propre forme quand j'aurai mon corps holographique", interjeta Oz. "Cela me fascine, la façon dont tant d'espèces élèvent leurs enfants. Bien sûr, les Sernaix s'occupent de cela très différemment."
Ce fut la mention des enfants qui ramena le Docteur sur la voix de sa visite initiale. "Je ne voudrais pas interrompre le cours de vos pensées, mais je suis en fait venu ici avec un but précis."
"Harry et Miral, je suppose", répliqua Oz, d'une voix presque amusée.
Le ton de sa voix déclencha un sentiment de colère chez le Docteur qui pensait que l'Esprit de Vaisseau ne prenait pas la situation au sérieux. "Oui, et bien, le fait est que nous avons besoin de savoir ce qui ne va pas chez eux. Abigail, l'une de mes assistantes, a suggéré que je vienne vous parler du fait que vous êtes un... étiez Sernaix."
"Très malin, votre nouvelle femme", commenta Oz. Le Docteur fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour argumenter sur le fait qu'elle n'était pas 'sa' femme, mais Oz continua sur sa lancée. "Ils se protègent, ils sentent leur ennemis tout autour d'eux."
Le Docteur se caressa le menton en réfléchissant aux paroles de l'Esprit de Vaisseau. "Alors ils réagissent à votre présence ?"
"Bien sûr que non." La voix d'Oz semblait presque offusquée par la première conclusion du Docteur. "Non, cher ami holographique, j'ai dit qu'ils pouvaient sentir leurs ennemis."
Les yeux du Docteur s'écarquillèrent. "Alors, il y a des Sernaix..."
"Quand avez-vous jamais été capable de les voir avant ?" Une fois encore, la voix de l'Esprit de Vaisseau était amusée.
Le HMU se retourna en ayant l'intention de rapporter ces informations au Capitaine quand il réalisa qu'il n'avait toujours pas réussi à poser sa question. Tournant des talons de sorte à être une fois de plus face à l'intérieur de l'ingénierie, il énonça la véritable raison de sa visite à l'intelligence incorporelle Sernaix. "Je peux comprendre qu'ils se protègent, mais pourquoi sont-ils inconscients ?"
"Le pouvoir, Docteur..." murmura Oz en réponse, depuis les recoins de l'ingénierie. "Ce n'est qu'un problème de pouvoir et de conservation."
 
***
 
Gail attacha une fois de plus vers le haut une large mèche qui s'était échappé de sa pince. Elle tentait de comprendre le sens des relevés que le Docteur et elle avaient collectés sur Miral et Monsieur Kim. Elle n'arrivait toujours pas à trouver la clé du puzzle, mais elle était déterminée à la trouver même si elle était, elle avait vérifié, de repos depuis vingt minutes. Secouant la tête, elle se concentra de nouveau sur les données qu'elle avait collectées, uniquement pour être dérangée une fois de plus par le gloussement de quelqu'un derrière elle.
"Bisou, bisou, bisou..." Robbie Dayton se tenait derrière elle, un sourire ironique sur le visage. "Toujours en train d'essayer d'embrasser le Docteur, Gail ? Tu cherches une promotion ou un petit ami ?"
Gail se retourna vers ses données et fit de son mieux pour ignorer le comportement déplacé de son collègue, en espérant que cela le ferait partir.
Ca ne marcha pas.
"Tu sais, je ne pense pas que les séries HMU, tout spécialement le premier modèle, aient été créées anatomiquement correctes. Je pourrais vérifier les spécificités pour toi, si tu veux..." continua Robbie sournoisement derrière elle. "Bien sûr, Janeway l'a laissé jouer avec son programme si souvent qu'il a peut-être..."
"Robbie", le coupa Gail en se retournant soudainement.
Le Docteur continua, ne prêtant pas attention à sa colère. "D'après ce que j'ai entendu, elle semble avoir 'un petit faible' pour les hologrammes", ronchonna Dayton à Gail. "Peut-être qu'elle et toi devriez comparer vos notes."
Gail se leva et alla vers lui jusqu'à ce qu'ils soient nez à nez. "Docteur Dayton, vous avez une conduite indigne d'un officier de Starfleet. Que vous soyez d'accord ou non avec le fait qu'un hologramme occupe le poste de Médecin Chef à bord de ce vaisseau, le fait est qu'il est le Médecin Chef et qu'il l'a été durant les sept dernières années. Si Starfleet croit qu'il pouvait remplir ce rôle, alors ce n'est pas à vous de juger leur décision." Elle se recula légèrement, allongeant sa fine silhouette et bombant le torse. Ses yeux vert brillaient avec fureur. "En ce qui concerne ce que je fais, je remplis mes fonctions d'officier médical à bord de ce vaisseau. Il y a un officier talentueux et une jeune enfant affectés par une infection inconnue et si vous ne pouvez pas comprendre que c'est plus important que mon temps libre, alors je ne suis pas certaine que vous compreniez ce que signifie être un officier médical. Peut-être que si vous laissiez de côté votre fierté et cherchiez vraiment à connaître le Docteur, vous vous apercevriez que c'est un membre d'une grande valeur au sein de cet équipage et pas uniquement un hologramme."
Dayton observa la jeune femme pendant quelques instants, puis plissa les yeux et secoua la tête. "Vous vous défendez bien, Cunningham, mais tout ça, ce ne sont... que des mots. Cela n'a rien à voir avec la question de savoir pourquoi vous effectuez un service trop long à l'infirmerie."
"Croyez ce que vous voulez, Dayton." Cunningham lui tourna le dos et se concentra une fois de plus sur les données de sa tablette. "Je ne suis pas intéressée par ce que vous pensez."
L'unique indication du départ de Dayton fut le bruit des portes se refermant derrière lui. Gail prit une profonde inspiration et se concentra à nouveau sur sa tâche.
 
***
 
Le Docteur était debout avec son communicateur allumé. "Vous pouvez comprendre pourquoi je voulais réunir les officiers de commandement pour discuter de ces développements, Capitaine. Les informations qu'Oz m'a donné à propos de la condition de Miral et Monsieur Kim..."
"... Sont incomplètes et mystérieuses comme à chaque fois que nous avons à traiter avec ce maudit Esprit de Vaisseau. Je suis prête à jurer qu'il ne nous donne des détails que lorsque vous ne désirez pas d'informations dont il dépend." La voix de Janeway semblait plus dure encore à travers le système de communication. "Vous avez raison, nous devons discuter de cela en groupe. Je vais demander à Chakotay de rassembler les officiers de commandement immédiatement et vous pourrez leur présenter vos découvertes." Janeway fit une courte pause. "Faites très attention à ma filleule, Docteur."
Le Docteur roula des yeux en répondant. "Soyez-en assurée, Capitaine, je vais prendre grand soin de 'notre' filleule."
Il put entendre l'amusement dans la voix de Janeway. "C'est tout ce que je demande, Docteur. Janeway terminé."
"Docteur, je dois vous parler." Le Docteur se tourna au son de la voix en détresse d'Abigail. Elle était debout dans l'embrasure de son bureau et tout sur son apparence dénonçait sa panique. "Qu'y a t il ? Avez-vous découvert quelque chose à propos de Miral et de Monsieur Kim ?"
Gail secoua la tête. "Oh non, je suis désolée, Docteur. Je ne voulais pas vous alarmer autant. Non, c'est un problème personnel."
"Vraiment ?" Le Docteur tira une chaise et lui fit signe de s'y asseoir pendant que de son côté il s'asseyait dans son fauteuil. "Cela doit être vraiment sérieux pour que vous soyez dans cet état."
Abigail hocha la tête. Elle posa ses deux mains à plat sur le bureau devant le HMU. Son langage corporel montrait clairement qu'elle voulait le mettre dans la confidence. "C'est le Docteur Dayton. Je pense que c'était une erreur de Starfleet que de l'affecter à bord du Voyager."
Le Docteur se cala dans son fauteuil, observant son assistante. "Je ne comprends pas. C'est un excellent chirurgien, hautement qualifié et qui convient pour notre situation actuelle..."
"Il est également arrogant, rude et il n'a aucun respect pour vous en tant que médecin", grogna Abigail. Elle se leva et commença à faire les cent pas.
Le Docteur sourit à la loyauté manifestée par Abigail. "Je réalise que cela doit être dérangeant pour vous, mais malheureusement, tant qu'il n'y aura pas une plus grande acceptation des droits des hologrammes, certaines personnes continueront à porter atteinte aux êtres vivants photoniques. C'est une croix qu'il me faut porter. J'ai gagné une bataille, ... pas la guerre."
Abigail fronça les sourcils et serra les poings, les posant fermement sur le bureau. "Des gens comme lui ne méritent pas d'apparternir à Starfleet. Ils sont contre tout ce que Starfleet représente." Ses narines s'élargirent légèrement et elle retroussa ses lèvres. Si le Docteur ne l'avait pas mieux connue, il aurait pu jurer qu'elle le prenait personnellement. "Vous êtes le Docteur le plus brillant avec lequel j'ai eu le privilège de servir. Et le simple fait que vous soyez un hologramme ne devrait pas avoir d'incidence sur la façon dont vous êtes traité." Elle allongea les bras par-dessus le bureau pour saisir les mains du Docteur. "Vous êtes très noble, Docteur, mais une attitude comme la sienne devrait être corrigée."
Normalement, ses actions auraient dû alarmer le Docteur, mais quelque chose en lui-même frissonna, sentant que quelque chose sonnait faux dans leur interaction. Il retira sa main lentement en maintenant un visage amical. "Abigail, si vous le voulez, je peux lui parler à propos de cela. Si vous insistez, je peux même aller en référer au Commandeur Chakotay, mais tant que je ne l'aurais pas entendu dire ou vu faire quelque chose de mal, toute autre mesure devra être justifiée par une enquête. Je préférerais tenter de le convaincre avant de déchirer mon équipe à cause de cela."
"Quelqu'un comme lui ne peut pas être convaincu. Vous n'avez pas entendu ce qu'il a dit à propos du Capitaine Janeway." Abigail se leva et arpenta le bureau de long en large.
Le Docteur la regarda, l'expression grave. S'il pouvait faire fi des commentaires le concernant, il était par contre, comme tous les autres officiers de commandement et la majeure partie de l'équipage originel du Voyager, très protecteur en ce qui concernait Janeway, à un degré qui frôlait la paranoïa. "Expliquez-moi."
"Il a dit qu'elle avait un 'petit faible' pour les hologrammes et il a suggéré que c'était pour cela qu'elle vous avait autorisé à modifier votre programme." Abigail cracha les mots comme s'ils avaient un goût amer.
Le Docteur se prit à rougir pendant un moment, se remémorant quelques intéressants rêves éveillés qu'il s'était programmé une fois. "Bien que j'admette que cela ne soit pas gentil de sa part et que je ne lui conseillerais que trop, pour des raisons médicales évidentes, de ne pas énoncer ce genre de suggestions où que ce soit en présence du Commandeur Chakotay, ces commentaires n'ont rien de plus vicieux que les plus étranges rumeurs qui ont circulées de bouche à oreille à bord du vaisseau pendant les sept années où nous avont été piégés ici." Le Docteur secoua la tête. "En admettant qu'il ait le crédit de ces paroles, Abigail, je ne peux tout de même pas prendre d'autre sanction que celle-ci. Je vais lui parler moi-même." Le HMU alla se placer face à la jeune infirmière.
Abigail agrippa ses mains et le regarda droit dans les yeux. "S'il vous plaît, Docteur. Enlevez-le du service du matin. Mettez le dans les services Bêta ou Gamma. Ne nous laissez pas sous ses constantes prières et larges sous-entendus."
Le Docteur retira doucement ses mains de celles de l'infirmière. Le ton de la conversation avait subtilement changé et le Docteur ne savait pas comment faire pour le ramener sur un ton plus professionnel. "Je suis désolé, Enseigne Cunningham, jusqu'à ce que je parle en personne au Docteur Dayton et prenne connaissance de la situation exacte, c'est la seule chose que j'ai l'intention de faire."
Abigail baissa la tête, semblant comprendre qu'elle avait dépassé les limites. "Je comprends, Docteur. Bien sûr, votre jugement est le meilleur." Elle se tourna et sortit lentement du bureau en jetant simplement un petit coup d'il par-dessus son épaule.
Ce fut ce regard qui le laissa des plus incertains quant à leur conversation.
 
***
 
B'Elanna était penchée sur la console défectueuse qui contrôlait plusieurs nacelles dans le hangar aux navettes. Elle aurait pu déléguer ce travail, mais elle avait besoin de faire quelque chose, n'importe quoi, pour s'occuper l'esprit. Plus elle se concentrait sur le réalignement manuel des relais, plus il lui était facile de bloquer les pensées dérangeantes qui occupaient son esprit.
Elle se concentra tellement sur sa tâche qu'elle n'entendit pas les bruits de pas derrière elle, jusqu'à ce qu'elle sente des mains tendres l'enlacer à la taille. Cela l'effraya et elle se mit en mode de combat. Tout le stress et toute sa colère accumulés sortirent en un inquiétant grognement et avec un mouvement très rapide, elle immobilisa son 'assaillant' sur le sol en un instant.
"Hé, je suis d'accord pour t'embrasser et me réconcilier, mais en public ?" lui souriait le visage joyeux de Tom.
Elle grogna encore et se mit sur le côté. "Idiot. Tu me connais assez pour ne pas venir me surprendre comme ça. J'aurais pu te blesser."
Tom se rapprocha et tourna gentiment le visage de sa femme de telle sorte qu'elle le regarde. "Et alors, qu'y aurait-il eu de nouveau à cela ?" Il caressa sa joue d'un doigt. "Tu ne pensais pas vraiment que j'avais besoin de tout ce temps pour me calmer, non ?" Le visage de B'Elanna était terriblement neutre, si bien que Tom sut que quelque chose n'allait pas. "Tu ne pensais pas que je t'avais laissée tomber, n'est-ce pas?"
"Tu m'as laissée tomber, Tom", siffla B'Elanna en se détournant de son mari.
"Regardes-moi, B'E...", dit Tom. Sa voix, bien que non coléreuse, sonnait comme s'il lui donnait un ordre. "Regarde-moi ou aide-moi quand je ferai en sorte que tu me fasses mal pendant que j'essaierai de te blesser."
B'Elanna ne put réprimer un discret rire à la blague de Tom. Elle se tourna pour le regarder une fois encore. "Je n'étais pas en train de te quitter. Je désertais le combat. Si nous avions continué, tout ce qui serait arrivé, c'est que la tension serait montée à un point dont aucun de nous n'a besoin actuellement. Alors j'ai fuit la bataille avant que mes limites ne soient franchies encore plus ou que je pousse plus loin le bouchon avec toi." Il se pencha légèrement vers elle. "Je suis désolé si par mégarde j'ai poussé le bouchon un peu loin pendant que j'essayais de détendre la situation."
B'Elanna laissa échapper un soupir qu'elle n'avait pas conscience de retenir. "Préviens-moi la prochaine fois que tu le fais, c'est tout. Espèce de P'taq idiot. D'accord ?" Elle se pencha plus prêt de lui.
"Marché conclu." Les lèvres de Tom se rapprochèrent des siennes.
"Officiers de commandement, venez au rapport dans la salle de réunion." La voix de Chakotay s'élevait dans le hangar aux navettes.
"C'est une vengeance..." siffla B'Elanna en se relevant, époussetant ses habits et défroissant son uniforme. Elle appuya sur son communicateur. "Carlton, j'ai besoin d'une équipe de maintenance dans le hangar aux navettes numéro deux. La nacelle Dix-B est défectueuse."
La voix distante lui répondit. "Oui, Madame."
Tom secoua la tête. "Et il l'a déjà fait à Harry... Ou encore à Tuvok pendant que T'Pel était là."
B'Elanna sourit. "Tu en a entendu parler aussi, hein ?"
"Ouais, sauf qu'il n'était pas exactement sobre quand il me l'a dit." Tom répondit à son sourire avec un de ses sourires malicieux. "Tu sais, je vais avoir quelques histoires de choix à raconter..."
"Tu n'oserais pas." B'Elanna leva une main et commença à s'éloigner de son mari semeur de trouble.
Tom se leva et la suivit. "Mais tu ne savais même pas ce que j'allais dire."
"Je n'en ai pas besoin, pilote", grogna B'Elanna.
Tom soupira et secoua la tête." Tant pis pour les baisers et la réconciliation."
 
*****
 
Le Docteur se leva et regarda autour de la table les visages familiers. "Toutes mes découvertes tendent vers un fait concluant. Monsieur Kim et Miral réagissent à la proximité des Sernaix au vaisseau. Comment font-ils pour détecter leur présence, je ne peux pas en être certain. Nous avons été incapables de détecter de façon concluante le stimulus auquel ils réagissent, mais nous avons éliminé toute autre possibilité raisonnable." Il posa son regard sur B'Elanna et Tom puis sur Seven of Nine. "Y compris un afflux incontrôlable de leurs pouvoirs."
"Quand vous éliminez toutes les autres possibilités, ce qui reste, même incertain, doit être la solution." Tuvok hocha la tête en approbation. "Eminemment logique."
Tom sourit. "Vous voulez dire, 'Elémentaire, mon cher Watson', Tuvok."
"Si c'est ce que j'avais voulu dire, Monsieur Paris", répondit Tuvok en regardant avec condescendance le jeune homme, "Je l'aurais dit."
Janeway se leva et leva la main. "Messieurs... Reprenons cette réunion sur un ton plus d'actualité, voulez-vous ?"
"Merci, Capitaine." Le Docteur dirigea un regard désapprobateur vers Tom et son involontaire complice Tuvok, qui ne sembla pas le remarquer. Tom semblait contant de lui. "Oz a confirmé mes soupçons."
Janeway marchait de long en large face à la baie d'observation et se retourna pour faire face aux autres. "Ce qui nous amène à la conclusion que nos insaisissables 'amis' rôdent dans les parages."
"Capitaine, nous sommes derrière les lignes ennemies qui encerclent le Quadrant Alpha... Qu'est ce que les Sernaix feraient là ?", B'Elanna tourna la tête vers Janeway, confiante à l'idée que le Capitaine aurait quelques idées des motivations de leur ennemis.
Elle ne fut pas déçue.
Un demi sourire illumina son visage. "Ils sont en guerre sur deux fronts."
"Il n'est pas logique de diviser ses ressources de cette façon", offrit Tuvok.
"Les Sernaix se fichent de la logique, Tuvok. Nous avons déjà vu cela." Janeway leva la main, interdissant à quiconque de l'interrompre pendant qu'elle réfléchissait à voix haute. "S'ils prêtaient attention à la logique, ils ne feraient pas traîner les batailles. Ils ne les prolongeraient pas en donnant de fausses chances à des adversaires sans valeurs." Elle fit une pause pour mettre de l'ordre dans ses pensées. "Ils prêtent attention à la gloire. Ils ne font pas de stratégie. Ils s'attaquent à l'adversaire le plus grand, le plus gros, celui qui a le plus de signification et le défi pour le combat. Ils sont comme les petits durs dans les cours d'école qui s'en prennent à la personne d'à côté. Ils jouent avec leur proie."
Chakotay sourit et acquiesça. "Ils sont assez arrogants pour essayer de faire la guerre sur deux fronts", résuma-t-il.
"Ce qui veut dire que nous ne sommes pas encore exclus du jeu. Nous devons juste trouver ce qu'ils fabriquent ici, puis les battre sur ce terrain." Janeway regarda autour de la table et fut contente de constater que tout le monde approuvait.
Tom secoua la tête. "Tout cela est très bien Capitaine, mais le fait est que nous sommes le seul et unique vaisseau dans le Quadrant Delta... Encore. Et maintenant, nous avons des fous de batailles en mode furtif qui nous entourent et le seul indice que nous ayons à propos de leur présence ici est que ma fille et mon meilleur ami ont leur version personnelle du 'lever de bouclier'.
"Je sais, Tom..." Janeway se plaça derrière son pilote et posa une main réconfortante sur son épaule. "Nous avons la première partie de l'équation, c'est déjà un point de départ." Elle baissa la tête vers lui avec un sourire perplexe. "De plus, ce que vous avez dit ressemble à une journée habituelle dans le Quadrant Delta pour moi."
B'Elanna regarda le Docteur une fois de plus. "Quels progrès avez-vous fait pour sortir Miral et Harry de leur 'sommeil' ?"
Le Docteur prit une profonde inspiration. "Pour l'heure, le seul indice que j'ai est celui qu'Oz m'a donné. Tout semble reposer sur le pouvoir et la conservation. Ils se protègent de leurs ennemis."
B'Elanna grogna. "Allez, Seven, allons prendre à part cet Esprit de Vaisseau poseur d'éniges et moralisateur et forçons-le à donner la réponse au Docteur."
"Lieutenant." La voix de Janeway était un léger avertissement. "Je comprends votre frustration, mais avant que nous ne tentions d'extraire les informations d'Oz par la manière forte, souvenons-nous que lorsque nous avons réellement eu besoin de lui, il est venu à nous. Pour cette raison, je pense qu'il ne faut pas le pousser à donner plus de réponses et laisser le Docteur travailler avec ce qu'il a obtenu." Elle se déplaça jusque derrière son ingénieur et posa ses deux mains sur ses épaules. "Le Docteur y est toujours arrivé. Laissons-lui une chance de résoudre celle la aussi." Janeway lança un sourire confiant à l'hologramme. "Faites en une priorité, Docteur."
"Cela va sans dire, Capitaine." Le Docteur rendit son sourire à Janeway avec un regard reconnaissant.
Janeway s'écarta de B'Elanna. "S'il n'y a rien de plus..." Elle regarda autour de la table attendant de voir si quelqu'un désirait prendre la parole. "Disposez."
 
***
 
Chakotay sortit de la salle de réunion et se dirigea vers son bureau. Il sentait toujours une poussée d'excitation après une réunion de ce genre où tout le monde savait qu'ils étaient proche de trouver une autre pièce du puzzle.
"Commandeur... Chakotay..." La voix de Seven le sortit de ses pensées et il se tourna pour faire face à la jeune femme. Le sourire qu'il concentra sur elle fut chaud et amical. A défaut d'autre chose, sa brève aventure avec Seven avait transformé son attitude face à l'ancienne drône. "Comment vous en sortez-vous Seven ? La réaction de B'Elanna et Tom est plus qu'évidente quand à la façon dont ils gèrent la condition de Miral, mais vous êtes plus du genre de Catherine..."
Seven haussa les sourcils et acquiesça. "C'est logique, puisqu'elle m'a guidée vers mon humanité. Puis-je vous accompagner ?"
Chakotay passa sa main derrière Seven et la posa dans le bas de son dos. "Je vous en prie, Seven." Après quelques instants, il la regarda avec un léger sourire. "Qu'avez-vous en tête ?"
"C'est vous qui avez trouvé Harry..." commença Seven, la voix légèrement tremblante. Chakotay s'arrêta et se tourna pour lui faire face.
"Il va s'en sortir, Seven. Quand je l'ai trouvé, il semblait être tombé de fatigue pendant son travail. Aucun signe de douleur ou d'attaque. Si cela s'est passé de la même façon que ce qu'ont raconté Tom et B'Elanna, il s'est juste endormi quand son bouclier corporel s'est enclenché. Le Docteur prendra soin de lui." Chakotay regarda Seven, devenant plus inquiet au vue de la vulnérabilité qui se reflétait dans son expression.
Seven hocha la tête. Ils se tournèrent et continuèrent à marcher. "Comment avez-vous géré cette incertitude ? Le Capitaine s'est mise en danger avec une fréquence alarmante quand nous étions dans le quadrant Delta la première fois."
Chakotay acquiesça. "Plus d'une fois pour vous, si je me souviens bien."
Seven tourna la tête de côté, considérant l'expression de Chakotay, puis continua. "Vos sentiments à son égard existaient déjà à l'époque. Comment avez-vous réussi à ne pas interférer chaque fois qu'elle était en danger ? Je trouve cela difficile."
"La confiance." Chakotay se tourna et regarda à nouveau Seven. "Je devais lui faire confiance et croire qu'elle savait ce qu'elle faisait. La plupart du temps, elle le savait. Les seules fois où je ne lui ai pas accordé ma confiance furent les fois où les choses tournèrent terriblement mal."
"Comme l'alliance entre les Borgs et Voyager..." annonça Seven sans ménagement.
Chakotay sourit d'un air penaud. "Oui Seven, c'est l'une des fois."
"Et l'Equinox..." Chakotay acquiesça encore. "Croyez-vous que les choses soient allées de travers parce que vous ne lui avez pas fait confiance justement en ayant conscience de cela ?"
Chakotay secoua la tête. "La réponse à cette question dépend de la personne à qui vous le demandez et où Catherine se trouve à ce moment là."
Dans ce cas, je vous pose la question à vous et le Capitaine est nulle part en vue", répondit Seven avec observation.
Chakotay sourit. "Très bien, Seven. Je pense que j'ai su dans ces cas que le Capitaine n'avait plus toute sa tête. Dans le premier cas, elle appliquait les principes de Starfleet à une race qui n'attachaient aucune valeur en ceux ci." Il regarda la jeune femme et sourit avec regret. "Sans offense."
Seven sourit un peu. "Aucunement... Vous aviez raison. Nous avions pour instructions d'assimiler le Voyager dès que vous n'auriez plus représenté d'intérêt."
Les yeux de Chakotay s'agrandirent à la réponse candide de la jeune femme. "Et dans l'autre cas, les croyances de Catherine en les principes de Starfleet l'ont conduite à les défendre à n'importe quel prix. Cela lui a fait perdre la perception de la chose qu'elle protégeait. C'était tout ce que je pouvais faire pour l'empêcher de faire quelque chose qu'elle aurait regretté jusqu'à sa mort."
"Alors, les principes du Capitaine sont sa plus grande faiblesse."
Chakotay secoua la tête. "Et sa plus grande force. Vous verrez cela chez la plupart des officiers de Starfleet. Y compris Harry."
"Alors, c'est à moi de voir quand il pousse ces principes trop loin ?"
Chakotay posa sa main sur l'épaule de Seven. "Faites-lui confiance, Seven, mais ne lui faites pas confiance au point de perdre votre vision de l'ensemble. C'est ce que les idéalistes comme Harry et Catherine font le plus souvent. Il ne voient pas la forêt derrière l'arbre. C'est aux personnes qui leur font confiance de leur montrer la forêt de temps en temps."
Seven fronça légèrement les sourcils puis hocha la tête. "Je crois que je comprends. Merci Chakotay."
"Je vous en prie Seven." Il s'éloigna de l'ancienne Borg puis revint vers elle. "Venez... Allons manger quelque chose. Nous pourrons voir si notre nouveau chef est meilleur que Chell."
Seven haussa les sourcil. "Je vois difficilement comment il pourrait être pire."
 
***
 
Le Docteur s'assit et étudia les relevés de tous les scans qu'ils avaient fait. Pour autant qu'il puisse voir, il n'y avait toujours aucune réponse à son problème le plus pressant. "Pouvoir et conservation... pouvoir et conservation... Qu'y a t'il dans ces relevés qui puisse me donner un indice à propos de pouvoir et conservation... ?" Il regarda les diagrammes et graphiques une fois encore. Il y avait quelque chose en plus, quelque chose qui manquait, il en était sûr. Il se leva et marcha de long en large. "Pour se protéger, ils utilisent leurs pouvoirs... Mais qu'est-ce que cela à avoir avec le sommeil ?"
Abigail entra dans le labo et regarda le Docteur. "Vous conservez également votre pouvoir ou votre énergie quand vous dormez. Vous brûlez moins de calories. C'est un état de repos."
Les yeux du Docteur s'écarquillèrent. "C'est cela... C'est la clé. Le bouclier d'Harry est plus puissant que n'importe quel effet projeté par lui auparavant. Et c'est la première fois que Miral a utilisé ce pouvoir." Il s'éloigna de sa console et entama une nouvelle série de scans. "Exactement ce que je pensais. Bien qu'ils soient en sommeil profond, ils continuent de brûler autant de calories que s'ils étaient éveillés. Actifs. Ils ne pourraient pas maintenir cette intensité de pouvoir dans leur bouclier corporel et rester conscients, donc ils se sont endormis. Une action instinctive de protection." Il se retourna vers Abigail, rayonnant. "Maintenant, tout ce que nous avons à faire, c'est de leur donner une source d'énergie alternative pour leur bouclier corporel et ils seront capables de se réveiller. Une fois éveillés, espérons qu'ils soient capables de réguler leur pouvoir à partir de là. Ils ont probablement été surpris et c'est pourquoi ils sont tombés inconscients.
Abigail se plaça face au Docteur, un sourire immense illuminant son visage. "Brillant, Docteur. Voulez-vous essayer d'établir un faible champ électromagnétique autour d'eux ? Le peu d'études que j'ai lues à propos de psychophysiologie expérimentale m'a indiqué que la majeure partie des individus ayant ce genre de pouvoir pouvaient s'infiltrer dans un champ électromagnétique et en puiser le pouvoir.
Le Docteur hocha la tête. "Excellente idée, Abigail." Ajustant les lits médicaux pour émettre le champs en question, le Docteur fut instantanément récompensé en voyant un léger retour vers la conscience d'Harry et un autre, légèrement plus faible, de la part de Miral. "Cela prendra quelque temps, mais je crois vraiment que nous avons trouvé la solution."
"Nous faisons une excellente équipe, Docteur." L'infirmière lui saisit les mains et les plaça dans les siennes. Une fois encore, le même sentiment de malaise l'envahit. Il ne savait pourquoi, mais il y avait quelque chose qui n'allait pas dans le développement de sa relation avec l'infirmière.
"En effet, Enseigne Cunningham", dit le Docteur, essayant de maintenir une attitude aussi professionnelle que possible. Il s'écarta légèrement d'elle. L'expression de l'Enseigne se transforma en une légère moue.
"Je pensais que nous étions amis, Docteur." Elle le regardait intensément.
Le Docteur acquiesça. "Collèges amicaux."
Abigail sourit en réponse. "Je suis certaine que notre relation se développera de façon bénéfique pour nous deux, Docteur."
Un rire de dérision se fit entendre dans le labo. "Très mignon, mais ceci est une infirmerie et nous avons des patients." Robbie Dayton regardait le HMU et son infirmière avec un regard dédaigneux.
"Un excellent point, Monsieur Dayton", accorda le HMU. "Je vous en prie, continuez." Il tourna les talons et sortit de l'infirmerie.
Robbie adressa un regard dur à Cunningham. "Apparemment, le holodoc a un peu de jugeote après tout."
Abigail lui rendit simplement son regard aussi durement.
 
***
 
"Je t'avais dit que le Docteur y arriverait." Tom guida sa femme dans l'infirmerie en direction du lit où Miral était allongée. Le champ de force pédiatrique était en fonction de façon à ce qu'elle ne puisse pas tomber du lit haut perché, mais elle souriait dans son sommeil et suçait son pouce d'un air heureux.
B'Elanna laissa échapper un soupir de soulagement en regardant sa petite fille. "D'accord, tu avais raison." B'Elanna se reposa contre le torse de Tom. "Rappelle-moi de ne plus lui crier dessus, Tom... Aide-moi à garder ma colère à l'intérieur."
Tom embrassa la nuque de B'Elanna. "Tu étais terrorisée, c'était totalement naturel."
"Non, Tom... Je me fiche de savoir si c'est naturel. Tu dois m'empêcher de le refaire." Elle se tourna dans ses bras pour le regarder dans les yeux. La crainte qu'il vit dans ses yeux le choqua. "Entre la guerre et son pouvoir, ce serait trop facile d'être terrorisée et de te frapper toi ou elle. Je ne peux pas faire cela une nouvelle fois parce que je ne sais pas ce que je ferais si mes derniers mots pour elle étaient des mots de colère." Elle saisit ses joues entre ses mains. "Tom, s'il te plaît..."
L'expression dans les yeux de B'Elanna était celle que Tom ne pouvait rejeter. Aussi impossible que soit sa requête, il hocha la tête une fois. "J'essaierai de t'aider, B'E, mais tu sais, ton caractère... Tout cela... Tu t'en sors vraiment bien." Ses mots ne semblèrent pas exprimer ses sentiments avec assez de force.
"Pas assez bien..." B'Elanna se retourna pour regarder sa petite fille encore une fois. "Très loins d'être bien."
Tom posa son menton sur les cheveux de B'Elanna. "Nous allons nous en sortir, B'E." Il la sentit hausser légèrement des épaules dans son embrassade. "Je suis sérieux, tu sais... Ca va aller parce que notre famille est ici, avec nous, et que cela nous supporte. Le Doc, Capitaine Janeway, Tuvok, Chakotay, Harry... Notre famille. La famille qui nous a aidés à devenir qui nous sommes aujourd'hui. Le fait qu'il y ait des guerres de tous côtés n'est pas grave. Nous avons survécu dans le Quadrant Delta la première fois et les Dieux étaient autant contre nous à l'époque." Tom sourit légèrement. "Tout va bien se terminer."
B'Elanna se blottit dans les bras de Tom. Elle aurait aimé pouvoir être aussi positive que son mari semblait l'être.
 
***
 
"Capitaine." Le Docteur entra sur la passerelle d'un air dégagé et s'arrêta juste au niveau de la rampe. "Puis-je vous parler un instant ?"
Janeway pivota sur son siège, se demandant ce qui pouvait bien être assez sérieux pour amener le Docteur de l'infirmerie jusqu'à la passerelle. "Bien sûr, Docteur." Elle hocha la tête à Chakotay. "Vous avez la passerelle, Commandeur." Chakotay acquiesça tandis qu'elle se levait et se dirigeait vers la rampe où se tenait le Docteur en direction de son bureau. Il la suivit à un pas et ils entrèrent tous deux dans le confinement privé de son sanctuaire.
Elle s'approcha du réplicateur, croisant les bras en ordonnant, "Café, noir." A son agréable surprise, une chaude tasse de ce qui semblait être du café se matérialisa devant elle. "Ca sent le café. Ca semble normal." Elle saisit la tasse et se dirigea vers son bureau.
"Faites-moi confiance, c'est du café", grommela le Docteur secouant la tête à son patient le plus récalcitrant.
Janeway se renfrogna avec amusement et but une grande gorgée. "Vous avez raison, Docteur. C'est du café... excellent, qui plus est." Elle se cala dans son fauteuil et leva la tête vers lui. "Y a-t-il un problème avec Harry et Miral ? Est-ce que le traitement perd de son efficacité ?"
"Bien sûr que non, Capitaine. Je m'attends à ce que Monsieur Kim et Miral soient tous deux réveillés d'ici une heure, peut-être moins." Le Docteur s'assit dans la chaise face au fauteuil du Capitaine.
Janeway sourit et hocha la tête. "Félicitations pour le décryptage de l'énigme d'Oz." Elle se laissa aller dans son fauteuil et désigna vaguement la direction de l'ingénierie. "Notre ami Esprit de Vaisseau semble s'amuser à nous tenir en haleine." Elle se pencha en avant pour reposer sa tasse sur son bureau. "Alors, Docteur... Je ne pense pas que vous soyez venu jusqu'ici juste pour me dire que tout allait bien avec vos patients."
"Non..." Le Docteur regarda le Capitaine avec l'air d'attendre. "J'ai besoin de vos conseils."
Janeway sembla être prise de court pendant un instant, mais son masque calme et amical fut remit en place en une seconde. "D'accord, Docteur... allez-y."
Le Docteur haussa les sourcils. "Je rencontre quelques difficultés avec deux des membres de mon équipe médicale, l'un plus sérieux que l'autre."
Janeway hocha la tête et son visage devint plus sérieux. "Ils n'aiment pas le fait que vous soyez un hologramme."
"En fait, seul l'un d'entre eux à un problème avec cela et c'est le moins important de mes soucis. C'est le Docteur Robbie Dayton. Il possède un dossier excellent en tant que chirurgien d'urgence, très prometteur. Exactement le genre de personne que vous voudriez sur une mission comme celle-là."
"Mais il est indigné à l'idée de travailler sous les ordres d'un Hologramme Médical d'Urgence." Janeway fronça les sourcils. "Aussi désapprobatrice que je sois à l'idée qu'il pense de cette façon, mon meilleur conseil envers vous est de tenter de le convaincre. Travaillez avec lui, laissez le voir que vous êtes plus qu'une addition de champs de force de particules photoniques et de sous-programmes."
Le Docteur sourit légèrement au fait que les paroles du Capitaine ressemblaient étrangement à celles qu'il aurait dit. Par le sourire à peine conçu présent sur son visage, elle le savait également. "C'est exactement ce que j'avais prévu de faire... Seulement, l'autre membre de mon équipe essaye de me convaincre de faire autrement."
Janeway nota le changement dans le langage corporel du Docteur. L'incertitude se reflétait dans ses gestes et dans son expression. "Ceci serait donc le problème le plus sérieux."
Le Docteur acquiesça, peu enthousiaste à parler le premier. Puis il retrouva sa voix et se concentra sur le Capitaine une fois de plus. "L'Enseigne Abigail Cunningham. C'est une infirmière, vraiment très compétente, en fait. Elle m'a aidé de façon incommensurable avec la récente crise d'Harry et Miral." Le Docteur fit une pause. "Je crois aussi qu'elle s'est éprise de moi."
Janeway se tourna, un demi sourire sur les lèvres. Elle secoua la tête légèrement. "Et bien, Docteur, je suis la dernière personne qui vous rabattra les oreilles avec le protocole..."
Secouant la tête, le Docteur regarda Janeway. "Ce n'est pas du tout cela, Capitaine. Mon problème n'est pas le protocole. Je ne suis pas intéressé par elle. Je ne veux pas détruire notre relation de travail, mais les signe non verbaux que j'ai essayé de lui envoyer ne semblent pas fonctionner."
"Elle s'accroche." Le Capitaine s'assit et regarda l'officier médecin chef avec sympathie. "Oh, Docteur... Ce n'est pas une situation aisée à résoudre même pour un humain. Je pense que la meilleure chose à faire est de lui dire en face et honnêtement. Je crois que vous devriez le faire le plus tôt possible... Avant que cela ne devienne une situation dans laquelle Chakotay ou moi-même aurions à intervenir."
Le Docteur hocha la tête de façon solennelle. "Mon expérience dans ce domaine a été quelque peu limitée. Avez-vous une suggestion ?"
"Soyez honnête... Essayez d'être doux, mais n'adoucissez pas trop pour ne pas qu'elle perçoive des signaux mitigés. Limitez tous contacts personnels que vous pourriez ajouter pendant la conversation." Janeway secoua la tête et désigna la passerelle. "Non pas que cela ait vraiment été très efficace pour moi pendant la plus grande partie du voyage, mais cela pourrait être plus facile si vous abordiez cela avec la perspective d'un officier de commandement parlant à l'un de ses subordonnés. Je ne suis pas sûre que cela aidera, Docteur, mais ça vaut le coup d'essayer." Janeway se leva et posa sa main sur son bras avec sympathie.
Le Docteur acquiesça simplement et soupira. "Merci Capitaine." Il se leva et se dirigea vers la porte du bureau.
"Docteur..." Janeway le regarda sérieusement. "Le cur humain est quelque chose de fragile. Même si vous le faîtes très bien, elle pourrait ne jamais vous pardonner. Votre relation professionnelle pourrait ne pas y survivre." Le Docteur hocha la tête au Capitaine, prenant en considération ses paroles avec un peu de trépidation. "Tout changement de personnel et de rotations que vous désirerez faire après sera appuyé par moi à cent pour cent."
"Merci, Capitaine." Le Docteur sourit à son Capitaine, reconnaissant comme toujours pour son support inconditionnel. Il sortit du bureau et se redirigea vers l'ascenseur.
 
***
 
Harry pouvait les sentir. Les ennemis, les Sernaix... Sycorax. Il ne savait pas comment ni pourquoi, mais il pouvait les sentir autour de lui. C'était comme un cauchemar où il courait, courait pendant que des mains noires et griffues se séparaient de l'obscurité pour l'attraper et le griffer. Puis soudain, ce fut de nouveau la lumière. Il sursauta fortement et fut maintenu en place uniquement grâce au champ de force médical. Ce n'était pas le labo... Où était-il ? Il se débattit un moment avant que les bruits et visions familiers se rappellent à ses sens.
Le Docteur, alerté par les mouvements brusques d'Harry, se rapprocha de son lit. "Bienvenue dans le monde des vivants, Lieutenant. Si vous persistez à utiliser les avantages de l'infirmerie aussi souvent, je vais commencer à vous faire payer un loyer."
"Doc... Je dois parler au Capitaine." Harry se leva et agrippa fermement l'uniforme du Docteur, les yeux toujours légèrement écarquillés après le rêve désagréable qui venait de le submerger. "Les Sernaix... Ils sont là. Ils sont..."
"Bien sûr qu'ils sont là, Lieutenant..." Le Docteur tenta d'apaiser Harry et l'encouragea à se recoucher sur le lit.
"Ne me maternisez pas, Docteur", grogna Harry en se relevant autant que le lui permettait le champ de force. "Les Sernaix sont ici."
Le Docteur tâtonna un peu. Pourquoi avait-il choisi les mots qui, il le savait, énerveraient le Lieutenant... ? Harry en plus. Il prit mentalement un peu de recul et tout devint plus clair. Il avait pensé avoir traité Harry avec tout le respect qui lui était dû, mais il avait la suspicion tenace que son attitude était toujours un peu liée à sa déception sentimentale d'avec Seven. A l'époque, il avait eu ce problème avec Seven. Au lieu de prendre les indices physiques pour ce qu'ils étaient, il les avait attribués à son inexpérience des relations interpersonnelles plutôt que de tenter de comprendre qu'elle pouvait ne pas s'intéresser à lui. Il connaissait maintenant le malaise qu'elle avait du ressentir d'avoir quelqu'un qu'elle considérait comme un ami attendre quelque chose de plus. Il comprenait comment elle avait dû se sentir pendant qu'elle essayait de préserver leur amitié et lui faisait savoir aussi gentiment que possible en même temps qu'elle n'était pas intéressée. Le Docteur soupira et se tint un peu plus droit. C'était fini, maintenant. Il regarda Harry Kim et hocha la tête. "Je suis désolé, Lieutenant. Je n'aurais pas dû le dire comme cela. Ce que je voulais dire, c'était que nous savons que les Sernaix sont ici et que vous et Miral Paris les aviez détectés. Je vais de ce pas dire au Capitaine que vous êtes conscient." Il commença à s'éloigner en direction de son bureau, puis se retourna vers Harry. "Je vais aussi appeler Seven. Elle s'est énormément inquiétée pour vous depuis que cela a commencé. Bien sûr, puisque je ne peux pas vous laisser sortir avant au moins quelques heures, vous devrez tous deux tolérer ma compagnie, mais j'essaierai de me faire tout petit." Harry ne put que regarder, surpris, le Docteur regagner son bureau en souriant.
 
***
 
Carlton se tenait derrière sa console. Son équipe le regardait soulever la caisse du hangar qu'ils utilisaient pour tester la nacelle fraîchement réparée de la navette. L'énorme grue d'équipement se balança en descendant, s'enroulant autour de la caisse. Les cordons électromagnétiques s'attachèrent dans la correcte séquence et tous les relevés simulés semblèrent corrects.
Lentement, il amena les contrôles en position de levage, désirant tester les hydrauliques autant que les procédures de sécurité. Il ne faisait pas de mal être prévoyant et il avait le sentiment que le Lieutenant Torres apprécierait son zèle. La grue commença à élever le poids factice hors du pont. Carlton sourit et hocha la tête à son équipe. Il semblait juste avoir résolu un autre bug des systèmes du Voyager. Soudain, le fort hurlement de l'alerte attira de nouveau son attention sur la console. Les niveaux avaient diminué sans avertissement.
"Attention... Attention... Pression hydraulique..." bourdonna bruyamment la voix de l'ordinateur à travers la chambre pendant que les lumières passaient automatiquement en alerte jaune.
"Sortez tout de suite d'ici", brailla Carlton à son équipe. C'était trop tard. La console explosa en un impressionnant jet d'étincelles multicolores, envoyant valser l'ingénieur atterrir contre la cloison dans un bruit sourd. Les tuiles de duranium du plafond explosèrent à leur tour, réchauffant de façon alarmante le liquide hydraulique qui fuyait et se répandait sur les membres d'équipage de l'ingénierie qui tentaient de fuir aussi vite que possible. Des jets de vapeurs toxiques furent également dégagés par les systèmes défaillants, sifflant par les carreaux du sol.
"Ventilation environnementale des gaz toxiques en cours. Correction de l'environnement dans le hangar à navettes numéro deux", retentit la voix de l'ordinateur pendant que les portes préalablement scellées pour protéger le reste du vaisseau s'ouvraient à nouveau, laissant une équipe mixte de sécurité et médicale investir le hangar.
Le carnage qui s'étalait devant eux, déclenché par la malfonction du système, ressemblait plus à une zone de guerre qu'à quoi que ce soit d'autre. Des corps gravement blessés jonchaient le sol du hangar.
 
***
 
Le Docteur sortit de son bureau et trouva Dayton en train de prendre quelques relevés sur Miral Paris. "Ses analyses révèlent qu'elle se réveillera comme prévu, Docteur." La voix de Dayton était froide pendant qu'il rapportait ses découvertes.
"Excellent, Docteur." Il fit une pause pendant un instant et regarda le Docteur humain. C'était le meilleur moment pour tenter de le convaincre. "Je pense qu'il serait dans les meilleurs intérêts du vaisseau que nous continuions nos recherches pour découvrir quels stimulus ont détecté à la fois le Lieutenant Kim et Mlle Paris. Peut-être vous pourriez..."
''Je suis un Docteur des urgences, pas un Assistant de recherche. Je suis sûr que Mlle Cunningham est plus que capable de vous assister dans ce puzzle particulier."
Le Docteur était sur le point de répondre quand l'alerte jaune retentit dans l'infirmerie, réveillant Miral brutalement, quelque chose dont elle se plaignit fortement en criant son mécontentement au plafond. Le Docteur s'approcha de l'enfant braillard et la souleva, la berçant avec dextérité sur une hanche. Elle se calma dans les bras de son hologramme favori en dépit des hurlements des sirènes qui avaient finalement moins d'intérêt pour elle que le communicateur du Docteur qu'elle n'arrivait pas à détacher.
"Docteur, préparez-vous à recevoir des blessés. Il y a eu un accident dans le hangar à navettes numéro deux" dit Chakotay par le système de communication de l'infirmerie. "Une dizaine de membres d'équipage ont été blessés. Ils vont être téléportés à l'infirmerie dans un instant."
"Entendu, Commandeur", répondit le Docteur avec un hochement de tête. "Dayton, appelez autant d'équipe de chirurgie que vous le croyez nécessaire."
Dayton acquiesça et entra en action. Le Docteur regarda l'enfant dans ses bras quand le premier corps mutilé apparut sur le lit médical à ses côtés. Il tapa sur son communicateur. "Lieutenant Paris, veuillez venir chercher votre fille à l'infirmerie s'il vous plaît. Il y a eu une accident et c'est quelque chose qu'elle n'a pas besoin de voir, je pense."
"Entendu, Docteur."
 
***
 
Tom Paris porta sa fille jusque dans leurs quartiers, riant lorsqu'elle le rétrograda au rang de simple membre d'équipage. "Hé, B'E... Je pense que nous avons fait une erreur en faisant du Capitaine Janeway sa marraine. Elle devient obsédée à me dégrader."
B'Elanna se leva et se dirigea vers Miral et son mari, prenant sa petite fille des bras de celui-ci. "L'accident, Tom. J'y étais. C'était ce que je réparais... Tu imagines, cela aurait pu être la dernière fois que je parle à Miral."
Tom se massa la nuque et regarda B'Elanna emmener Miral sur le canapé. Il devait admettre que dans un sens, elle avait raison. "B'E, nous ne savons même pas s'il y aura des morts. Doc a une équipe médicale complète qui travaille sur les blessés à l'heure actuelle. Ce n'est pas comme autrefois quand il n'y avait que lui et moi ou lui et Kes. Ils vont probablement tous s'en sortir."
B'Elanna regarda Tom et sourit légèrement. "Tu sais que tu as muté en une espèce de mutant optimiste ou quelque chose comme cela ?"
Il sourit en s'asseyant à l'opposé de sa femme sur le canapé. "Et bien, c'est mieux que ce en quoi j'avais muté auparavant."
B'Elanna sourit à sa fille. "C'est vrai, bébé... Tu ne sais pas encore que tu as déjà trois autres..."
Tom appuya sa main sur les lèvres de B'Elanna. "Souviens-toi, le Capitaine et moi avons été d'accord pour oublier ce petit incident... Je pense que tu devrais le faire aussi."
Les yeux de sa femme s'illuminèrent lorsqu'elle donna un petit coup de dent dans sa paume. Tom secoua la tête et prit Miral sur ses genoux. Elle gigota et rebondit sur les genoux de son père. B'Elanna s'approcha et saisit la main de sa fille. "Je suis désolée que Maman t'ai crié dessus, mon ange... Maman te promet qu'elle ne le fera plus jamais." Elle alla jusqu'à sa fille et l'enleva des genoux de Tom pour la câliner contre son épaule. "Maman t'aime ma chérie... Peu importe ce qu'il adviendra."
Tom sourit tandis que Miral s'agitait et tirait les cheveux de B'Elanna en chantant. "Mama... mama... mama..." Le regard d'adoration et de joie sur le visage de sa femme valait plus que le fait de ne plus jamais voler. Ils étaient tellement concentrés l'un sur l'autre et sur leur fille qu'ils n'avaient pas remarqué le jouet se baladant jusqu'à ce qu'il arrive dans les mains de Miral en volant. Tom tressaillit quand un voile de tension couvrit la pièce une fois de plus. Cela avait été si simple de tout oublier pendant quelques minutes à propos de son pouvoir, les Sernaix. Il regarda B'Elanna, qui avait fermé les yeux au moment où le jouet avait sauté dans les mains de Miral. Lentement, il soupira encore lorsque sa femme redescendit sa fille sur ses genoux et lui sourit.
"Alors, qui est ma petite fille maligne... ?", murmura B'Elanna à sa fille.
Tom ferma les yeux, sentant son estomac se nouer en remarquant que le sourire n'atteindrait jamais ses yeux.
 
***
 
L'infirmerie était une espèce de chaos organisé tandis que les docteurs et les infirmières se déplaçaient d'un lit à l'autre, faisant leurs diagnostics et sélectionnant les patients qui avaient le plus besoin d'un traitement pour survivre. Le HMU était déjà au travail alors que Dayton fut le dernier à atteindre un lit médical. Instantanément conscient de son nouveau patient, le Docteur se déplaça pour connaître sa condition.
Un des médecins qui avait été dans le hangar à navettes avec les blessés arriva à l'infirmerie au moment où l'ingénieur eut un nouvel arrêt cardiaque. "Diable... Je pensais que nous avions finalement réussi à le stabiliser."
Le HMU concentra son attention sur le nouveau venu pendant que Dayton essayait de le ranimer une nouvelle fois. "Rapport", aboya-t-il, puis il secoua la tête. Le Capitaine déteignait définitivement sur lui.
"Il souffre d'un puissant choc électrique. Chaque fois que nous le stabilisons, cela dure quelques minutes tout au plus et il retombe en arrêt." Le Docteur hocha la tête aux dires du médecin, ne remarquant pas que Dayton s'était éloigné de son patient et arrivait vers le lit médical où se trouvait Carlton. "D'accord, préparez un injecteur hypodermique de..."
"Non, Docteur", entendit-il Dayton crier par-dessus la confusion. Le HMU se tourna vers son chef assistant. "J'ai déjà vu cela avant. J'ai déjà traité cela... Il y a une meilleure méthode."
"D'accord, nous allons essayer." Le Docteur se décala suffisamment pour permettre à Dayton d'être près du patient.
"Laissez-le en ligne plate", ordonna Dayton. Les yeux du HMU s'écarquillèrent et Dayton se concentra sur lui. "Ayez confiance en moi, Docteur." Il attrapa un régénérateur cardiaque sur la table des instruments. Quand les relevés de Carlton furent plats, Dayton ajusta les paramètres de l'instrument et commença à placer l'instrument au-dessus de la poitrine de l'ingénieur. Le Docteur acquiesça et observa la technique de son assistant. Dayton posa l'instrument sur le côté et saisit un injecteur hypodermique, l'ajustant et le plaçant sur le cou de Carlton. "Malheur... Il ne répond pas au réanimateur."
Le Docteur se déplaça sur le côté de Dayton une fois de plus. "Laissez-moi faire, Docteur." Le HMU sourit en travaillant en tandem avec le Docteur humain. "J'ai ranimé des cas plus durs auparavant." Il saisit un autre injecteur hypodermique, sélectionna différentes solutions et fit l'injection dans le cou du patient. Puis il plaça l'injecteur au-dessus du cur de Carlton et pressa le bouton une fois de plus pour relâcher les médicaments dans le système sur-agité du patient. Soudainement, le moniteur revint à la vie.
"Il va bien, Docteurs... Il est stable." L'infirmière sourit à l'hologramme et à l'humain qui s'observèrent quelques instants avant de se diriger vers d'autres patients.
Rapidement, l'atmosphère d'excitation due aux urgences se calma. Les patients furent stabilisés, les rapports écrits. C'était la première crise de groupe qui avait été traitée dans l'infirmerie et leur équipe avait agi habilement. Le Docteur se déplaça à travers la pièce, faisant un dernier examen sur chacun des patients, et rencontra Dayton qui faisait la même chose.
Le HMU hocha la tête vers le Docteur humain. "Autoriser le patient à être en arrêt n'était pas ce à quoi je m'attendais quand vous avez dit qu'il existait un meilleur traitement pour le stabiliser."
Dayton gloussa. "Vous n'auriez pas pensé que cela fonctionnerait, mais cela marche. Le régénérateur semble capable de restaurer ce genre de blessures plus facilement quand le cur n'est pas opérationnel."
"Ingénieux." Le HMU secoua la tête. "J'aurais aimé y penser."
"Ne vous inquiétez pas, Doc... L'idée n'est pas de moi non plus. C'est mon partenaire dans notre unité médicale pendant le conflit avec les cardassiens qui l'a découvert", admit Dayton. Ils se regardèrent. L'humain réévaluait sérieusement l'hologramme. "La réanimation était aussi une sacrée performance."
Le HMU secoua légèrement la tête. "Oui, et bien il y a plusieurs tête brulées parmi les officiers de commandement qui semblent penser que c'est un rite de passage par lequel il faut passer au moins une fois, si ce n'est plusieurs, par des expériences de presque mort."
Dayton rit sans retenue pour la première fois et passa la main dans ses cheveux blonds. "Vous savez, à première vue, je pensais que vous étiez une véritable tête de fouine, mais maintenant je pense que vous êtes plus comme Charles Emerson Winchester..." Il fit une pause pendant quelques secondes et prit un accent snob de la classe supérieure. "Troisième du nom."
Le Docteur le regarda avec une étrange expression sur le visage. "J'ai le terrible sentiment que Tom Paris comprendrait ce que vous venez de dire."
Dayton claqua de la main l'épaule du Docteur. "Dans ce cas, nous allons aller demander une sorte de faveur à votre ami pilote et lui emprunter la TV qu'il prétend posséder pour que je vous montre les joies d'être un rat des bas-fonds."
Le Docteur était peu convaincu, mais il était heureux d'avoir gagné quelques points avec son second. "Et bien, même si j'ai des doutes sure cette idée, je serais heureux..." Le Docteur vit Abigail se diriger vers un des autres labos. "Si vous voulez bien m'excuser, Dr. Dayton."
"Aucun problème doc. Appelez moi Robbie... Tous les autres le font."
Le Docteur acquiesça en réponse puis, croisant mentalement les doigts pour que son deuxième problème se résolve aussi bien que le premier, il suivit Abigail Cunningham dans l'autre labo.
 
***
 
Abigail se retourna quand le Docteur entra derrière elle. Elle sourit victorieusement au Docteur. "Vous étiez parfait, comme d'habitude, Docteur. Je suis certaine que si le Dr. Dayton n'était pas intervenu, vous auriez sauvé le Lieutenant Carlton sans son aide."
Le Docteur acquiesça. "Merci Enseigne. C'était un effort d'équipe et j'étais reconnaissant d'avoir l'aide du Dr. Dayton. La seule chose qui compte est que la vie de cet homme ait été sauvée."
L'infirmière fronça les sourcils. "Bien sûr Docteur." Abigail était confuse par les manières très professionnelles du HMU. Qu'était-il arrivé aux rapports chaleureux qu'ils avaient développés ? "Vouliez-vous me parler de quelque chose en particulier ?" Elle s'avança d'un pas vers lui pour diminuer la distance qui les séparait. Le Docteur s'écarta d'un pas afin de maintenir la distance professionnelle entre eux.
"En fait, oui." Le Docteur se raidit et regarda l'Enseigne Cunningham. "J'apprécie votre zèle et notre collaboration sur le problème avec le Lieutenant Kim et Miral Paris. Je tiens à notre partenariat professionnel. Cependant, je crois qu'il y a peut-être eu quelques erreurs de communication sur l'extension avec laquelle je voudrais explorer notre relation. En tant que votre officier supérieur, le protocole dicterait..."
L'expression d'Abigail passa d'un regard professionnel à celui à peine dissimulé de la déception et la douleur. Il prenait maintenant l'apparence d'un masque ouvert de mépris. "Vous pensiez que 'je' voulais une liaison avec 'vous' ?" Elle secoua la tête incrédule. "Laissez-moi vous assurez 'Docteur' que cela n'a jamais été mon intention. J'exprimais simplement mon admiration pour votre travail et tentais de promouvoir un sain environnement relation de travail. Je suis désolée si 'vous' avez mal interprété mes actions." Elle se dirigea vers la porte du labo et jeta un regard en arrière avec une expression presque méprisante. "Je suppose que c'est très difficile d'essayer de gérer toutes ces sensations et émotions peu familières. Apprendre à être un membre à part entière de la société, quand vous avez été programmé moins de dix ans auparavant, doit être un véritable défi." Elle sortit du labo, laissant le Docteur tenter de comprendre la complexité des émotions humaines une fois encore.
 
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Ecrit par: MaquisKat
version française: Delphine
Producteurs: SaRa, MaquisKat et Coral
Remerciements aux différents correcteurs: Daya (version originale), Laurent (version française).

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