Star Trek Voyager
Saison Virtuelle 9
9.02 Connexions
Dernière mise à jour :20 sept 2002
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9.02 couverture 'CONNEXIONS'9.02 CONNEXIONS
NOUVEAU: Couverture en français
Episode 9.02 - CONNEXIONS
Par: Eydie Munroe (eydiemunroe@hotmail.com)
Version française: Delphine (delph.cass@voila.fr)

Note: Star Trek: Voyager, personnages et autres produits dérivés sont des marques déposées de Paramount Pictures. Aucune infraction aux droits d'auteurs de Paramount voulue. La Saison 8 virtuelle de Voyager (Voyager Virtual Season 8, VS8) est une entreprise à but non lucrative. L'histoire est propriété de son auteur. Pas de reproduction sans sa permission.

"Le Voyager est prêt à faire face aux Sernaix... Mais y aurait-il une menace encore plus grande venant de l'intérieur ?"
 
Le Commandeur Tamarek s'assit dans le fauteuil de commandement de son Oiseau de Guerre, un sourire sardonique illuminant son visage.
Le Haut Commandement lui avait dit que son dernier effort était idiot. Ils avaient soutenu qu'il essayait délibérément de créer un incident. Il allait à l'encontre du mouvement actuel. Rien ne l'avait fait changer d'avis. Mais il ne s'en était pas soucié. Le mouvement ne voulait rien dire ni pour lui ni pour n'importe lequel de ses disciples. Pour autant qu'il le sache, les enseignements de l'Ambassadeur Spock étaient simplement les divagations d'un vieil homme, un métis Vulcain qui laissait ses émotions humaines envahir son bon sens.
Bien que le gouvernement ne le sache pas encore, le Commandeur avait en fait un plan. Un plan qui lui apporterait la gloire et, il en avait bon espoir, rétablirait l'équilibre des forces du quadrant pour les quelque temps à venir.
Son pilote brisa sa réflexion en l'interpellant. "Commandeur, nous avons atteint la frontière."
Tamarek saisit l'occasion pour étendre ses jambes, se leva de sa chaise et ordonna, "Passez en vitesse subliminique."
Les étoiles filant comme des éclairs, qui avaient précédemment empli l'écran principal, retrouvèrent leur place statique dans l'univers, indiquant la baisse de vitesse du vaisseau. Le Commandeur serra les mains dans son dos, souhaitant ainsi cacher l'insolente excitation qui l'habitait. "Champ maximal de détection", ordonna-t-il. "Je veux savoir où est ce vaisseau."
Une intense activité anima immédiatement l'équipage de la passerelle pendant qu'ils accomplissaient ses ordres. Il commença à arpenter le pont, autre signe extérieur de son impatience. Il allait faire de cette mission un succès. Le succès lui assurerait un meilleur accès à des contacts plus puissants au retour sur Romulus. Avec de la chance et une bonne planification, son opération atteindrait son efficacité maximale dans trois mois.
"Je l'ai, Commandeur", répondit finalement le pilote. "Distance seize années-lumière, s'éloignant de nous à vitesse subliminique." Il fit une pause, inspectant ses données, puis conclut. "Ils ont subi beaucoup de dégâts."
Tamarek sourit de nouveau. "Excellent." Il retourna à sa place, s'installant de nouveau dans le cuir usé du siège. "Quel est l'état de notre bouclier de camouflage ?"
Derrière lui, son ingénieur fit son rapport. "Bouclier de camouflage fonctionnant à efficacité maximale, Commandeur."
Il croisa les doigts sous son menton en soupirant profondément. L'apogée de tous ses plans, discussions et persuasions était sur le point d'arriver. "Pilote, mettez au cap sur..."
"Commandeur !" L'officier tactique se détourna de sa station, le visage d'une pâleur peu commune. Il était l'une des seules personnes qui connaissaient la vraie nature de leur mission et il savait que les nouvelles qu'il apportait maintenant n'allaient pas servir leur Commandeur. "Un vaisseau non identifié vient d'apparaître à côté de nous."
Tamarek tourna sur lui-même. "Quoi ?"
Un léger miroitement dans le noir de l'espace était tout ce qui était apparu, mais sa composition avait assez changé pour que leurs dispositifs de détection primitifs soient capables de le percevoir. Une détonation brillante de lumière fila à travers le vide, suivie rapidement par l'explosion de l'Oiseau de Guerre quand il se désintégra.
Le leader de l'éclaircissement périt avec ses idées appréciées, mais non réalisées.
 
***
 
Journal du Capitaine : Date stellaire 56342.6
Après la récupération couronnée de succès du Lieutenant Kim, nous venons de repasser les frontières de l'espace de la Fédération. la demande d'Ozymandias, nous avons ralenti de la vitesse de courant de glisse à celle d'impulsion. Il a demandé ce changement de vitesse car il voulait concentrer tous ses efforts pour aider B'Elanna et Seven dans les réparations. Nous avons subi des dégâts importants pendant notre dernier combat avec les Sernaix. Mon seul souci est que nous pourrions rester vulnérables au cas où une autre flotte de Sernaix nous trouverait. Mais malgré cela, le nouveau Voyager a dépassé presque toutes nos espérances.
 
Catherine se pencha en arrière sur sa chaise quand l'ordinateur lui confirma l'enregistrement de son journal et le mouvement de sa tête fut immédiatement récompensé par une relance aigu de son mal de crâne. Elle émit un petit gémissement tout en essayant de masser les muscles à la base de son cou, constatant rapidement que cela n'arrangeait rien. Il ne fallut pas longtemps à son esprit pour vagabonder dans ses souvenirs, se rappelant du massage le plus intense dont elle ait jamais bénéficié, significatif dans sa vie pour tant de raisons.
Elle soupira. Chakotay semblait si loin maintenant. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où était le Logan, seulement que l'homme qui avait été son Premier Officier s'y trouvait. Elle se leva de son bureau et commença à marcher à travers la pièce, se trouvant bientôt à regarder fixement par la baie vitrée. "Que ferais-tu ?" demanda-t-elle à l'image noire de l'espace.
La question était inutile. Elle savait exactement ce qu'il ferait. Il lui ferait voir tous les aspects de la situation. Il ferait des suggestions comme par exemple prendre du recul par rapport à son travail, pour voir d'autres perspectives. Au pire, il serait là pour la soutenir. Catherine repensa à la réunion qu'elle avait eue avec l'Amiral Paris avant qu'elle ne parte. Elle avait employé toutes les tactiques auxquelles elle pouvait penser pour s'assurer Chakotay comme Premier Officier, sauf la prière. Mais Owen lui avait clairement dit que cette décision ne venait pas de lui, et comme il l'avait fait si souvent l'année passée, il avait réitéré le fait que c'était au-delà de son contrôle et qu'il ne pouvait rien y faire. Catherine était partie professionnellement déçue et émotionnellement dévastée. Elle était si heureuse d'être de retour aux commandes d'un vaisseau et il n'y avait personne d'autre avec qui elle aurait voulu le partager autrement qu'avec l'homme qu'elle aimait.
Mais maintenant il était Premier Officier sur un autre vaisseau et on lui avait assigné quelqu'un qui était probablement le plus mauvais Premier Officier qu'elle avait vu dans sa carrière. Catherine s'était demandée comment Barton avait même pu être acceptée à l'cole des Officiers de Commandement, sans parler de son affectation sur le Voyager-A. Janeway admettait que son expérience sur les relations entre le Commandeur et elle, le Capitaine, restait des plus limitées. Après tout, elle en avait seulement eu deux, le Commandeur Cavitt qu'elle avait à peine connu et Chakotay, qu'elle connaissait presque trop bien. Catherine essaya de regarder du point de vue de Barton, essayant de se souvenir du temps où elle servait comme Premier Officier. Essayer de se remémorer comment elle avait résolu tous les désaccords qu'elle avait eus avec son Capitaine.
La vérité était qu'elle ne pouvait se rappeler avoir jamais eu un conflit personnel aussi intense avec quelqu'un que celui qu'elle avait actuellement avec Barton. Catherine avait essayé de mettre sa déception concernant le choix de Starfleet de côté et essayait de rester ouverte, comme elle le ferait avec n'importe quel nouvel officier. Mais leur première rencontre avait à peu près détruit tout l'optimisme qu'elle aurait pu avoir. Et pour continuer, elle avait maintenant à lutter contre la guerre qui couvait entre Barton et B'Elanna Torres.
Commander, c'est agir efficacement, pensa-t-elle en commandant un café au réplicateur. Il n'y avait pas d'autre explication que celle là. Dans la plupart des cas, les capitaines choisissaient leurs propres candidats pour le poste de Premier Officier. Tout du moins, ils rencontraient leur nouvel officier avant qu'ils ne mettent un pied à bord. Catherine n'avait obtenu aucune de ces concessions. Barton lui avait été assigné de force par l'Amiral Warhol. Et après avoir d'abord tenté de manière flagrante de l'irriter, Barton avait soudainement inventé leur stratégie victorieuse contre les Sernaix. Catherine s'était demandée quelles étaient exactement les instructions reçues par Barton avant de monter à bord sur Utopia Planetia.
Le Capitaine s'arrêta soudainement, se rendant compte qu'elle venait de parcourir son bureau de long en large sans faire attention. "Oh mince", murmura-t-elle. Elle s'était arrêtée sur le fait qu'elle n'avait pas complètement obtenu ce qu'elle avait voulu et s'était lancée dans une colère interne. Regarde ce que tu as, se reprit-elle, et cesse d'agir comme une enfant. Tu as de nouveau ton vaisseau. La sonnerie de la porte retentit quand elle se dirigeait de nouveau vers son bureau. Un moment d'effroi la parcourut quand elle se rendit compte que ça pourrait être le Commandeur Barton, mais elle se reprit. Elle venait de s'ordonner de cesser de jouer la gamine, quelque chose que, à la lumière de ce par quoi elle était passée l'année passée, elle ne pouvait vraiment pas s'autoriser, même si elle le voulait. Elle se contrôla et dit, "Entrez."
Son agitation disparut immédiatement et fut remplacée par un sourire sincère quand Sam Wildman entra. Catherine s'était rendue compte que c'était une amie qui était apparue, quelqu'un qu'elle connaissait mieux depuis un an que durant les sept années précédentes. Et malgré tous les avertissements stipulant que les Capitaines ne devaient pas être trop proche de leur équipage, Catherine constatait que c'était un avantage. "Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Sam ?" lui demanda-t-elle lui indiquant de prendre place.
L'Enseigne Wildman traversa la distance qui la séparait du bureau, affichant l'expression d'un scientifique perplexe. Elle remit une tablette de données et annonça à contrecur, "les derniers relevés indiquent que quinze nouveaux vaisseaux sont apparus dans notre champ de détection dans les six dernières heures."
Janeway se frotta les tempes en regardant le rapport. "Encore plus de Sernaix", marmonna-t-elle à haute voix.
Sam saisit le terminal d'ordinateur et le tourna afin qu'elles puissent toutes les deux voir l'écran, puis y afficha les balayages qu'elle venait de finir d'analyser. "J'ai effectué toutes les sortes possibles de balayages auxquels je pouvais penser", expliqua-t-elle. "Altérations spatiales, changements temporels,... rien. Autant que je puisse déterminer, il n'y a aucune raison imaginable pour que ces vaisseaux apparaissent dans notre espace."
Catherine regarda sur les balayages. "C'est comme s'ils apparaissaient par magie. La question est de savoir qui ils sont ?" soupira-t-elle. "Et pourquoi nous ne pouvions pas faire marcher cette baguette magique quand nous étions là-bas ?"
Sam gloussa puis posa une question. "Je voudrais demander l'aide de Seven quand elle aura fini à l'Ingénierie. Je n'ai pas eut le temps de ma faire la main avec le nouveau laboratoire de Cartographie Stellaire."
"C'est ce qui arrive quand vous ne disposez pas d'un vol d'essai approprié, Enseigne", dit en souriant son Capitaine. Puis elle remarqua l'expression particulière que Wildman affichait. "Quoi ?"
L'expression de son amie s'adoucit. "C'est la première fois que je vous vois sourire depuis que nous sommes arrivés à Utopia Planetia."
Janeway se cala en arrière dans son fauteuil. "Je n'avais aucune raison de sourire."
Sam hocha la tête, repensant à sa séparation douloureuse avec Naomi, quelques jours auparavant. "Je sais exactement ce que vous voulez dire."
Il y eut un petit moment de silence que le Capitaine finit par rompre avant que cela ne sorte du cadre professionnel. Elle était presque sûre qu'elle ne pourrait pas avoir de discussions personnelles tout de suite. "Bien, continuez à scanner tout ce qui pourrait nous donner un indice sur la raison pour laquelle les Sernaix se montrent", ordonna-t-elle. "Je veux un compte exact de leurs nombres toutes les heures. Et je vais voir si Seven peut venir vous donner un coup main."
Wildman hocha la tête en se levant. "Oui, Capitaine."
Janeway était tout à fait professionnelle maintenant, mais accorda à son ami un petit sourire. "Disposez".
Elle observa Samantha sortir, reconnaissante de la petite pause qu'elle lui avait accordée dans son travail. Elle ouvrit un nouveau fichier de données sur l'ordinateur dans lequel elle allait écrire son rapport et ses recommandations pour Starfleet. Le premier article concernait les contacts de tous les gouvernements du quadrant. S'il y avait une chose que lui avait appris sa période dans la Bulle, c'était que s'ils voulaient gagner cette guerre, ils allaient avoir besoin de toute l'aide qu'ils pouvaient obtenir.
Même après un jour entier de travaux efficaces, le Voyager n'était pas vraiment en meilleur état qu'après avoir échappé aux Sernaix. Malgré tous ses bougonnements et malédictions, B'Elanna était vraiment dans son élément. Couverte de taches et de crasse, elle avait décidé de remettre le Voyager en meilleur état que lorsqu'ils avaient quitté Utopia Planetia. Pas seulement réparer toutes les blessures de bataille, mais également résoudre toutes les difficultés techniques qu'ils avaient rencontrées quand ils avaient traversé le territoire de la Fédération. Son personnel le savait et était aussi désireux qu'elle d'en finir. L'excitation de leur réunion n'était pas encore retombée et cela les faisait travailler deux fois plus dur.
Elle s'éloigna de sa station pour jeter un coup d'il au travail de Vorik en train d'installer les relais EPS. "Comment ça se passe ?" questionna-t-elle.
"D'une manière tout à fait satisfaisante", répondit-il, se mettant sur le côté pour qu'elle puisse voir ses progrès. "Je crois que s'il n'y a plus aucune défaillance, les systèmes EPS devraient fonctionner dans l'heure."
Sa chef prit quelques minutes pour examiner les relevés. Quand elle eut fini, elle lui dit, "Je suis impressionnée, Vorik. Je m'attendais au moins à trois ou quatre heures de plus."
Il la regarda, un sourcil légèrement levé. "Vous avez apparemment sous-estimé la durée que j'avais prédite pour accomplir cette tâche."
Torres eut un sursaut, pas tout à fait sûre d'avoir entendu ce qu'elle venait d'entendre. Elle dit finalement, "Apparemment oui." Son expression s'adoucit alors et elle lui donna une tape sur l'épaule. "Bon travail, Lieutenant." Elle fit mine de se diriger vers les consoles principales, lançant un regard en arrière par-dessus son épaule pour voir la confusion clairement visible sur le visage de Vorik. Elle savait qu'il n'exprimait pas ses émotions. Néanmoins, B'Elanna était toujours fière de sa capacité à le surprendre occasionnellement.
Dans le niveau inférieur de l'ingénierie, Ozymandias fredonnait en travaillant. Il avait été inspiré par le Docteur, qui avait négligemment mentionné l'opéra dans leur dernière conversation. Cela avait ensuite amené Oz à demander ce qu'était un opéra et, quand il en avait eu l'occasion, il avait réussi à convaincre l'hologramme d'interpréter quelques morceaux pour lui. Les minutes passant, le fredonnement se transforma en une douce émission de voyelles pour finalement devenir la voix profonde et chaleureuse qu'ils avaient tous découverte au cours de la semaine précédente.
Le chant s'intensifia au moment où l'ascenseur commençait à descendre, révélant Seven of Nine. Bien qu'il la considérât au départ comme un pantin, Oz commençait également à la voir comme une amie et la voyait comme un miroir des créatures qu'il servait désormais. Sans s'arrêter de chanter, il gronda. "Bonsoir, Seven."
Elle sauta presque de sa combinaison au son de la voix de ténor d'Ozymandias. Avec une irritation soulignée, elle le corrigea. "Il est bien plus de minuit. Ce n'est plus le soir, Ozymandias."
La voix de ténor gloussa. "Je vais corriger. Bonjour, donc." Elle ne lui répondit pas et sa curiosité fut aussitôt piquée. Il arrêta de chanter et avec un parlé enfantin boudeur, il demanda. "Le Lieutenant Torres n'aime pas mon chant, n'est-ce pas ?"
Elle secoua la tête, "Je crois que le terme qu'elle a employé était 'le supplice infernal'."
Il gloussa. "Vous pensiez qu'elle me lâcherait la bride après l'avoir aidée à retrouver Harry." Il remarqua le changement d'humeur à l'évocation du Lieutenant. "Comment va-t-il, au fait ?"
Il sut immédiatement qu'il avait touché une corde sensible, parce qu'elle était devenue complètement silencieuse. Elle menait un combat personnel pour déterminer s'il était approprié de discuter des problèmes de santé d'Harry avec l'équivalent d'une mémoire nuisible. Elle glissa le long de la paroi sur laquelle elle s'appuyait pour s'asseoir sur le sol. Son tricordeur claqua sur le sol, s'ouvrant et se refermant sous l'impact. Oz attendit patiemment et fut finalement heureux quand elle se lança. "Harry n'est... pas bien."
Dans un accès momentané de sincérité, il répondit, "Je suis désolé de l'entendre. Qu'est-ce qui ne va pas?"
"Rien qui puisse être discerné. Il ne se remet pas aussi rapidement que le Docteur le voudrait." Elle décida rapidement de changer le sujet.
"Comment avez-vous contourné les barrières de sécurité pour avoir accès à la base de données musicale ?"
"Quels sont ses symptômes ?" questionna Oz.
"Répondez-vous toujours à une question par une autre question ?" lâcha-t-elle.
Il y eut une petite pause avant qu'Oz ne réponde. "Pensez-vous vraiment que ce soit une question ?"
La tête de Seven s'écroula entre ses mains, ses coudes reposant sur ses genoux. D'une voix assourdie, elle lui demanda. "Comment avez-vous su où trouver Harry ?"
"Il est entré en contact avec moi."
Elle réfléchit un instant. "Vous êtes toujours en contact avec le Royaume ?"
"D'une certaine façon."
Elle attendait un surplus d'information, mais n'en reçut aucun. "Comment êtes-vous capable de garder le contact ?"
Il gloussa de nouveau. "Maintenant Seven, comment espérez-vous que je vous livre tous mes secrets si vous ne me dites pas les vôtres ?"
Elle se fâcha. "Vous connaissez déjà tous mes secrets !"
S'il avait eu des lèvres, Oz aurait souri. "Je suppose que oui, effectivement."
Seven lutta contre sa colère montant en elle.
"Selon le Capitaine Janeway, il y a des vaisseaux Sernaix apparaissant dans notre espace, sans raison. Savez-vous comment ils font ça ?"
"Je sais quelque chose", lui dit-il. "Pourquoi Janeway ne me le demande-t-elle pas elle-même ?"
"Elle est très occupée. Et elle pensait qu'il était préférable que je vous pose la question, parce que vous et moi avons des..." Elle dut chercher le mot, "... affinités."
"Oh !"
Elle se tut, attendant de nouveau. "Et bien ? Allez-vous me dire comment les Sernaix s'échappent de la Bulle ?" exigea-t-elle.
"Ils ne s'échappent pas de ce que vous appelez la Bulle", expliqua-t-il finalement. "Leur espace fusionne au vôtre."
Elle était maintenant complètement prise au dépourvu. "Fusionne ?"
"C'est cela. Il apparaît dans votre quadrant morceau par morceau. C'est pourquoi les vaisseaux apparaissent. Chaque fois qu'un morceau de leur espace fusionne avec le vôtre, il y apporte tout ce qui s'y trouve. Planètes, étoiles, même les vaisseaux. En fait, un vaisseau éclaireur vient juste de se matérialiser à environ vingt années-lumière de nous."
Seven sauta sur ses pieds. "Je dois alerter..."
"Détendez-vous", dit-il. "J'ai déjà engagé notre mode furtif."
Elle l'observa un instant, puis repensa à ce qu'il avait dit précédemment. "Comment savez-vous que leur espace se mêle au nôtre ?"
"Simple. Ils me l'ont dit."
"Je ne comprends pas..."
"Je suis toujours lié avec le Royaume, Seven", expliqua-t-il patiemment. "Dès que ces vaisseaux apparaissent, je peux sentir leurs Esprits de vaisseaux."
Maintenant, elle comprenait. "Alors si vous pouvez lire leurs esprits..."
Il acheva sa pensée pour elle. "Ils savent que je suis ici."
"Salut Oz!"
Tous les deux, métaphoriquement ou littéralement, regardèrent en haut pour voir B'Elanna Torres les observer à travers le sol transparent qui entourait le réacteur conventionnel. "Pourquoi n'êtes-vous pas en train de réparer mon vaisseau ?"
"Je prends une pause-café", railla Oz.
"Très drôle", dit-elle en retour. "Vous prévoyez de retourner travailler bientôt ?"
"J'ai droit à quinze minutes. Règles syndicales."
Tandis que son attention était distraite, Seven avait atteint une échelle menant au niveau principal. "Attendez une minute, Seven", l'appela Oz. "Vous ne pouvez quand même pas honnêtement me dire que le petit Harry ne signifie rien pour vous !"
Elle regarda de nouveau le réacteur de courant de glisse depuis sa position sur le troisième échelon. Elle lui répondit d'une voix glaciale. "Quel que soit l'attachement que je peux ressentir pour le Lieutenant Kim, cela ne vous regarde en rien." Et sur ce, elle partit, laissant l'Esprit du vaisseau tenter de comprendre son comportement.
 
***
 
Le Logan continuait sa recherche systématique, cherchant apparemment n'importe quel débris de vaisseau laissé par la bataille entre les Sernaix et le Voyager. Chakotay était assis à la station où il avait été sommairement affecté des heures auparavant et il n'y avait aucune fin à sa rêverie. Il savait qu'il n'y aurait rien à trouver et plus ils cherchaient, plus il était frustré. Pour empirer les choses, le Capitaine Grant avait soudainement pris l'habitude de vérifier ce qu'il faisait toutes les cinq minutes.
Il ressentait un mal lancinant dans sa mâchoire. Il n'avait pas réalisé jusqu'à aujourd'hui qu'il lui serait vraiment possible de perdre Catherine, sans mentionner un grand nombre d'amis proches. Ce qui était encore plus dur, c'était qu'il était incapable d'entrer en contact avec elle ou de l'aider. Il avait brièvement envisagé l'idée d'entrer en communication secrètement avec elle, juste pour lui dire qu'il n'était pas loin. Mais il avait rapidement écarté cette idée. Il n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait exactement le Voyager en ce moment. Et à voir comment le Capitaine Grant dirigeait son vaisseau, il serait probablement impossible de faire cela sans être détecté.
Finalement, Grant lui avait donné le commandement de la passerelle et avait disparu dans son bureau. Chakotay n'avait aucune envie de prendre le commandement, étant donné l'impression distincte qu'il n'était pas le bienvenu. Les ordres de Grant, qui avaient été donnés directement à Marsha Jones et Shari Young, étaient de continuer les recherches et au besoin d'en élargir le périmètre.
Sa patience fut rapidement épuisée, ce qui étonna Chakotay lui-même. Il était par nature un homme patient. Mais il était rongé par l'idée qui lui avait traversé l'esprit quand il passait en revue les fichiers personnels. Quelque chose n'allait pas du tout à bord de ce vaisseau. l'origine, Chakotay pensait que son animosité envers son nouveau Capitaine était une réaction due au changement. Que la distance maintenue par l'équipage était le résultat des années de leur service au sein d'un petit groupe fermé. Après tout, il savait ce que c'était de servir avec les mêmes Capitaine et équipage pendant huit ans. Mais tous les doutes qu'il avait eus sur son propre jugement avaient disparu quand il avait commencé à observer les interactions de l'équipage.
Il fut bientôt fatigué de chercher des indices d'une bataille qui aurait pu aussi bien avoir lieu un millénaire auparavant. Il était temps d'obtenir quelques réponses. Il fit une petite observation rapide de toute la minuscule passerelle pour s'assurer que personne n'avait de problèmes, puis se leva en direction des portes du bureau. Il sonna.
"Entrez."
Chakotay entra dans la petite pièce, incapable d'éviter le Capitaine retranché derrière son bureau. Grant ne se donna même pas la peine de lever le regard de la tablette qu'il avait en main quand il le questionna. "Qu'est-ce que vous voulez, Commandeur ?"
Le Premier Officier carra les épaules, mettant les mains derrière son dos. D'une voix calme, il dit, "Monsieur, je voudrais connaître le but de notre mission ici."
"Nous devons rassembler toutes les informations que nous pouvons sur ce secteur de l'espace", dit Grant, ne déviant pas son attention de son travail. "Vous ne prêtiez pas attention quand l'Amiral Warhol a donné ses ordres ?"
"Cela fait des jours que le Voyager et les Sernaix ont quitté le secteur", souligna Chakotay. "Si nous n'avons rien trouvé à ce jour, c'est que nous ne trouverons rien."
"Ce sont les ordres de Starfleet." Le Capitaine le regarda, finalement véritablement irrité. "Avez-vous un problème pour suivre les ordres ?"
Chakotay ne se désarma pas. "Je n'ai aucun problème pour suivre des ordres, Monsieur. Mais je dois les mettre en doute quand ils n'ont pas de sens."
Grant se leva, le regard dur comme l'acier en se voûtant sur le bord de son bureau. Il gronda. "Je n'apprécie pas le ton de votre voix."
"Le ton de ma voix n'a aucun rapport avec cela", résista Chakotay. Puis il ajouta un superficiel, "Monsieur".
Grant s'emporta rapidement. "Venez-en directement au sujet, Commandeur."
Les yeux de Chakotay arrêtèrent finalement de fixer un point du mur pour regarder directement Grant, son inébranlable regard assez fort pour déconcerter quelque peu son Capitaine. "Rester ici à conduire des recherches n'a pas de sens. Nous devrions poursuivre les Sernaix, essayer de découvrir comment ils ont réussi à entrer dans notre galaxie. Au moins, nous devrions rapporter nos découvertes à l'Etat-major de Starfleet. "
"C'en est assez", le coupa Grant. Il était debout juste devant Chakotay, constatant que son Premier Officier faisait facilement une tête de plus que lui. Il n'y avait aucune erreur possible sur la colère qui l'animait. "Mettons les choses au point, Monsieur Chakotay. Nous ne sommes pas sur le Voyager. Il y a certaines informations sur ce vaisseau dont vous n'avez pas connaissance et je ne suis pas prêt de débattre avec vous ou de vous consulter à propos de chaque décision qui doit être prise." Juste pour ajouter l'insulte à la blessure, il ne put s'empêcher d'ajouter. "Je connais tout de vous. Je ne suis pas sur le point de risquer notre position et nos vies juste parce que votre petite amie pourrait être blessée." Avant que Chakotay ne puisse ajouter quelque chose, il tonna, "Disposez".
Chakotay vit qu'il n'irait absolument nulle part avec son Capitaine et saisit donc l'occasion de s'échapper. De retour sur la passerelle, la conversation qui s'était établie entre les membres d'équipage s'arrêta dès qu'il entra. Certains risquèrent un regard vers lui, d'autres retournèrent simplement à leurs consoles et l'ignorèrent. Chakotay réfléchit et se servit du malaise pour affirmer quelque peu sa position. Sur un ton légèrement condescendant, il ordonna, "A vos postes."
Ils retournèrent à leurs tâches, mais les conversations ne reprirent pas. Alors, dans un geste qui, il le savait parfaitement, serait perçu comme un acte de défi, il prit place dans le fauteuil de commandement.
 
***
 
Le Lieutenant Torres était assise à la console principale de l'ingénierie, la tête entre les mains. "Je n'en peux plus", murmura-t-elle.
"Peut-être devriez-vous vous retirer pour la nuit", conseilla Seven de sa place sur la droite.
"Et vous ?" lui demanda B'Elanna en se redressant lentement.
Elle secoua la tête. "Je ne requiers pas de régénération pour le moment. Je vais bien. Je suggère cependant que vous alliez vous coucher."
B'Elanna secoua la tête, mais sourit néanmoins à son amie. "Je pense que c'est une très bonne idée. Je laisse donc les réparations entre vos mains expertes." Elle se leva lentement sur ses pieds fatigués, mais s'arrêta net quand les portes principales de l'ingénierie s'ouvrirent pour laisser entrer le nouveau Premier Officier du Voyager. Torres gémit. "Elle ne dort jamais ?"
Seven se tourna pour voir Barton s'approcher de la première station à sa portée et vérifier leurs progrès. "Apparemment non."
"Et bien, je suppose que je ferais mieux d'y aller." Avec un autre grognement, Torres soulagea un peu de la rigidité de son cou puis étira ses épaules une fois debout. "Vous êtes sûre que vous ne voulez pas commencer à vous régénérer maintenant ?" demanda-t-elle.
Derrière elle, elle entendit, "Et manquer l'occasion de devenir encore plus déprimée ?"
B'Elanna se retourna, incrédule. "Seven, je suis étonnée par cette remarque." Son amie sourit timidement. "J'ai passé trop de temps avec vous, Lieutenant." Et elle renvoya Torres sur sa voie en lui disant, "Bonne nuit, B'Elanna."
Le Commandeur Barton avait parcouru la distance qui la séparait d'elles et restait debout, attendant que Torres ne se retourne pour partir. Seul son réflexe d'arrêt les retint toutes deux d'une collision. L'ingénieur en chef releva la tête et vit Barton qui la regardait depuis sa haute posture. Sur le ton de condescendance qu'elle semblait toujours employer, Barton lui demanda, "Où allez-vous, Lieutenant ?"
Des yeux grands ouverts et des sourcils soulevés s'affichèrent immédiatement avec la réponse. "Excusez-moi ?"
Barton se croisa les bras sur sa poitrine. "Je veux passer en revue les résultats des essais d'intégrité structurelle du pont sept."
B'Elanna prit une position similaire. "Cela ne peut pas attendre jusqu'à demain ?"
"Non Lieutenant, cela ne peut pas."
Torres n'était pas d'humeur à être rabaissée. "Commandeur, j'ai travaillé ici pendant les vingt-six dernières heures sans pause. Sans oublier de mentionner le fait que je n'ai vu ni mon mari ni ma fille depuis lors. Je rentre à la maison me coucher. Et la seule personne qui pourrait probablement me séparer de mon oreiller dans les huit prochaines heures est le Capitaine Janeway. Donc votre revue de mon travail peut attendre jusqu'à quatorze heures." Sur ce, elle passa devant le Premier Officier, laissant seulement les nouveaux équipiers abasourdis dans son sillage. Son ancienne équipe d'ingénieurs la connaissait mieux.
Barton éprouva un sursaut de colère qui semblait devenir régulier quand l'ingénieur en chef était concernée. Elle s'élança après Torres, qui n'était qu'à un pas. Elle n'avait jamais pu tolérer l'indiscipline, mais ses instincts lui disaient de laisser passer pour le moment. Elle aurait maintes occasions d'égaliser le score avec Torres plus tard. Elle avait pour l'instant d'autres priorités dont elle devait s'occuper.
Au moment où elle se retourna, le personnel qui l'avait regardée fixement était déjà de retour à leurs tâches. Cela apporta un petit sourire de satisfaction à ses lèvres. Elle appréciait comment la crainte et l'intimidation pouvaient être des motivations efficaces chez les subalternes. Et pour atteindre pleinement son but, elle commença à scruter autour d'elle pour examiner les progrès de chaque membre d'équipage. Ceci produisit la nervosité attendue dont elle avait besoin et lui assurait qu'ils resteraient concentrés sur leurs tâches jusque longtemps après son départ.
Son seul obstacle restant était Seven of Nine. Barton se demanda s'il lui serait facile de persuader la Borg d'abandonner l'Ingénierie pendant les cinq minutes dont elle avait besoin.
"Janeway à Seven of Nine. Venez dans mon bureau, s'il vous plaît."
Barton observa avec quelque stupéfaction comme le destin jouait en sa faveur quand Seven partit pour aller voir le Capitaine. Elle pouvait maintenant se déplacer librement dans l'Ingénierie. La confiance se lisait sur sa posture, tandis qu'elle se déplaçait autour du réacteur conventionnel et dans la pièce où le tableau des communications était logé. Un il sur la porte, elle commença à taper une série de commandes sur la console.
 
***
 
B'Elanna arriva dans ses quartiers quelques minutes plus tard, si épuisée qu'elle ne pouvait décolérer de ce qui n'était en réalité qu'un petit incident avec le Premier Officier. Elle ruminait encore quand elle entra, mais sa colère disparut en une seconde. Elle trouva son mari rampant sous la table basse à côté de leur divan, les fesses en l'air comme il conduisait une recherche désespérée tout en maudissant. Chaque fois qu'il prononçait des mots qu'il n'était pas supposé, Miral riait avec plaisir de sa place sur la chaise haute. Elle battit des mains, un son qui la fascinait autant que le commentaire de son père.
 
Quand elle en eut entendu assez, B'Elanna l'interrompit d'une forte voix. "Tu vas finir par gagner si elle commence à répéter tout ce que tu dis."
Il se redressa brusquement, se cognant la tête sur le bord de la table. "Ow!" Miral libéra un autre cri aigu de joie. Frottant sa tête en se relevant, il lui répondit. "Oh, tu penses que c'est drôle, n'est-ce pas ?"
"Qu'est-ce que tu fais ?" demanda sa femme toujours debout devant la porte.
"Je cherche mes insignes de rang." Il continua d'arpenter la pièce, commençant à examiner le salon de leurs quartiers. "Je sais que je les ai laissés sur ma table de nuit hier soir." Il regarda sous les oreillers jetés sur le divan. "Je dois être sur le pont dans cinq minutes. Si je suis en retard, Barton va se faire ma tête."
"Et bien, elle est de bonne humeur, avec ça."
Tom la regarda, une expression emplie de compassion. "Qu'est-ce qui est encore arrivé ?"
Elle lui expliqua l'altercation dans l'Ingénierie. Elle finit l'histoire, "elle ne vit que pour faire de ma vie un enfer, Tom."
Il s'approcha et l'enlaça. "Ce n'est pas qu'avec toi", la consola-t-il. "Elle veut tous nous rendre la vie impossible." Soudainement par-dessus son épaule, il s'exclama. "Tiens, elles sont là !"
B'Elanna fut jetée hors de son étreinte lorsqu'il s'élança vers ses insignes de rang, magnifiquement mise de côté par la recherche de quelque chose de plus important. "Pourquoi fais-tu une si grande affaire de ça ?" demanda-t-elle, irritée.
"Parce que je n'ai pas besoin que Barton court rapporter cela au Capitaine", expliqua-t-il en fixant ses insignes. "Catherine passe déjà un moment assez dur sans Chakotay auprès d'elle et la dernière chose dont elle a besoin est que son nouveau Premier Officier cafarde à propos de son personnel de commandement." B'Elanna gémit, et il la prit à nouveau dans ses bras. "Ne t'inquiètes pas. Catherine sait déjà que nous ne pouvons pas la supporter. Qu'y a-t-il de plus à faire ?"
"Je sais, je sais", marmonna-t-elle. "Mais je déteste tellement cette femme."
"Moi aussi." Il lui donna un baiser. "Je dois y aller. Te verrais-je un peu ce soir ?"
Elle ébouriffa ses cheveux par espièglerie. "Ca dépend de combien de temps je dormirai."
"D'accord. Je t'aime." Il l'embrassa encore, puis se dirigea vers la porte.
B'Elanna regarda Miral, occupée à jouer avec son repas renversé sur la petite table. "Hé toi", sourit-elle, atteignant sa fille. "Ca te dit que nous nettoyions avant que Sam ne vienne te prendre pour la journée ?"
"Bon Dieu", dit Miral, riant sottement en se soulevant de la chaise.
Sa mère gémit, ses yeux montant au ciel. "Je vais le tuer."
 
***
 
Thalia Barton était allongée sur le divan dans ses quartiers, luttant contre l'épuisement tout en travaillant sur son rapport pour l'Amiral Warhol. Les modifications qu'elle avait faites dans l'Ingénierie étaient minuscules et ne seraient découvertes que si Torres les cherchait spécifiquement. Mais bien plus important, elles étaient suffisantes pour atteindre ses buts. Elle devait tenir la Section 31 informée de tous les événements ayant lieu sur le Voyager tant qu'il était en mission. C'était, après tout, la raison pour laquelle elle avait été affectée là.
Et s'il arrivait qu'elle détruise la carrière de Janeway pour de bon, alors qu'il en soit ainsi.
Elle jeta un coup d'il sur ce qu'elle avait écrit jusqu'à maintenant.
'J'ai observé beaucoup de cas de manque de respect de cet équipage pour les règlements de Starfleet. Le Capitaine Janeway a tendance à favoriser les membres de son ancien équipage du Voyager, pour ne pas mentionner les incompétents comme les anciens Maquisards et la Borg. Les incidents d'insubordination flagrante sont laissés sans sanction et je crois même qu'à un certain niveau, ils sont encouragés. Ce n'est que lorsqu'aucune autre option n'est possible qu'elle écoute l'avis de quelqu'un qui n'est pas un membre de son groupe d'élite.'
La porte sonna, l'incitant à se rasseoir. Elle mit précipitamment la tablette de données entre les coussins du divan, relissa son uniforme et prit un ton professionnel en disant, "Entrez".
Les portes sifflèrent et révélèrent le Capitaine Janeway jetant rapidement un coup d'il dans la pièce avant d'y entrer. Après avoir dévisagé Barton, elle dit, "j'espère que je ne vous dérange pas."
"Pas du tout", répondit l'autre, laissant délibérément reposer ses mains sur ses genoux. Il était tout à fait clair qu'elle ne se mettrait pas debout quand son officier supérieur entrerait dans la pièce. Thalia se rendit compte que la petite visite du Capitaine était une bonne indication de son possible désir de lui tendre une perche. Probablement le résultat de la brillante suggestion tactique que le Premier Officier avait faite le jour d'avant. Barton avait bien l'intention de la rouer de coups avec cette perche, plus tard. Mais elle était parfaitement aimable quand elle demanda, "Que puis-je faire pour vous, Capitaine ?"
"Je voudrais voir votre rapport sur cette dernière bataille avec les Sernaix", dit Janeway. "Je mets en forme mon rapport pour l'Etat-major de Starfleet et je voudrais avoir votre enregistrement avant que je ne l'envoie."
Barton la regarda avec scepticisme. "Vous ?"
Le Capitaine inclina la tête. "Le barrage de torpilles quantiques était votre idée." Elle remit une autre tablette de données à Barton. "J'aurai besoin de votre rapport à dix-neuf heures." Puis elle se dirigea vers la porte.
Barton regarda la tablette de données, puis le Capitaine en train de partir. "Je m'y mets tout de suite." Puis avec beaucoup d'effort, elle ajouta péniblement, "Madame".
La tentative de gentillesse n'était pas passée inaperçue. Janeway s'arrêta et se retourna, voyant que cette fois, il n'y avait aucune malice chez son Premier Officier. Une idée la frappa. "Commandeur, aimeriez-vous vous joindre à moi pour un petit-déjeuner tardif ?" offrit-elle.
"Non merci, Capitaine", répondit Barton. "Je vais consacrer tout mon temps à ce rapport si je veux qu'il soit prêt à temps."
Janeway inclina la tête et sortit, s'arrêtant de nouveau quand les portes des quartiers de Barton furent fermées. Elle se retourna, s'attendant un peu à voir Barton la suivre avec quelque chose pour l'irriter. Mais elle n'apparut pas. Catherine s'éloigna lentement, son cerveau tentant de savoir pourquoi son Premier Officier commençait soudainement à se comporter avec une telle politesse. Et pourquoi elle avait semblé avoir été interrompue au milieu de quelque chose.
A l'intérieur, Barton soupira de soulagement. Elle attendait pour voir si le Capitaine reviendrait et quand elle fut sûre du contraire, elle reprit la tablette cachée sous les coussins. Elle se demanda comment Janeway avait pu soudainement la faire devenir paranoïde. Quand elle rejoua la scène dans son esprit à nouveau, à maintes reprises, elle coinça sur le 'Madame'.
Cela l'aida à renforcer sa détermination d'abattre Janeway, définitivement.
 
***
 
Les petits quartiers du Logan ne permettaient pas beaucoup le luxe. Les salles communes comme le mess étaient à peine plus grandes qu'une petite baie cargo reconvertie avec des réplicateurs et quelques tables et chaises.
Chakotay était venu ici après la fin de son quart, et pas de très bonne humeur. Son altercation avec Grant l'avait plus marqué qu'il ne l'aurait souhaité. Mais Chakotay savait qu'il y avait plus que cela. Il chargea quelques rapports du personnel de plus sur une tablette de données et les emporta avec lui, s'installant pour les lire en mangeant son déjeuner.
"Puis-je me joindre à vous ?"
Chakotay leva la tête vers le visage aimable mais sans expression du chef de la sécurité du vaisseau, le Lieutenant Morgan. De tous les dossiers et personnes qu'il avait étudiés à bord, cet homme était celui sur lequel il avait le moins de soupçons. Chakotay supposait que c'était parce qu'il était très jeune. "Oui, bien sûr", dit Chakotay, désignant l'autre chaise avec sa tablette de données.
Il observa Morgan prendre grand soin de ne pas renverser son plateau puis s'affaisser dans la chaise à la façon de quelqu'un de cinq ans. Chakotay réprima un petit sourire tandis que le chef de sécurité attaquait son repas. Il retourna alors son attention sur la tablette de données.
Le silence entre eux n'était ni tendu, ni social. Morgan était si absorbé par son repas qu'il ne s'était pas rendu compte que sa demande pour s'asseoir à ses côtés était la plus longue conversation qu'il avait eue avec Chakotay. Il reposa donc sa fourchette et prit la parole. "Je suppose que nous n'avons pas été correctement présentés." Il essuya rapidement sa main sur le bas de son uniforme et l'offrit à l'autre homme. "Lieutenant Sam Morgan."
"Chakotay", dit l'autre comme ils se serraient la main. "J'avais l'intention de rencontrer chacun en tête-à-tête", expliqua-t-il. "Je n'ai pas vraiment été présenté quand je suis monté à bord."
"Cela ne m'étonne pas. On ne fait pas le tour de l'équipage ici." Morgan recommença à enfourner de la nourriture dans sa bouche, mais réussit quand même à dire, "Ca doit être tout à fait différent ici par rapport à ce que c'était sur le Voyager, hein ?" Chakotay hocha la tête. Morgan continua. "J'avais l'intention de le visiter avant de quitter la Terre, mais mon congé a été raccourci."
"Et bien, vous n'avez pas manqué grand chose", lui dit Chakotay, montrant un premier signe public d'insatisfaction envers le musée. "Il ne reste plus grand chose une fois que vous enlevez les personnes. Juste une série d'expositions statiques avec de fausses informations."
Morgan attrapa son verre de lait. "Comme quoi ?"
Chakotay repensa à sa visite du vaisseau et pensa immédiatement à la scène décevante de Catherine dans son bureau. Bien que leur relation ait progressé depuis lors, cela lui faisait toujours un peu mal. Il ne pouvait pas dire pourquoi. C'est en partie cela qui l'avait inspiré pour la suivre jusqu'au Lac George. Ils étaient ensemble maintenant, cela ne faisait aucun doute. Il se demandait juste si c'était l'incertitude d'être loin d'elle maintenant.
Le son d'une gorge se clarifiant le tira brusquement de ses pensées. Morgan était assis devant lui, s'interrogeant sur la santé mentale du Commandeur. "Désolé", dit Chakotay, la tête penchée pour tenter de cacher le teint légèrement coloré de ses joues. "Je me suis égaré pendant une minute."
"Ne vous inquiétez pas. Ce doit être dur d'être ici quand tous vos amis sont sur le nouveau Voyager."
"Disons juste que... ce n'est pas l'aspect le plus plaisant de ma carrière."
Le Lieutenant hocha la tête. "Mon meilleur conseil est juste d'entrer dans le jeu. Ils finiront bien par s'ouvrir, sauf peut-être le Capitaine Grant."
Morgan inclina ensuite la tête en signe de compréhension et retourna à son repas. Chakotay lut un peu, mais trouva difficile de se concentrer sur une relecture des fichiers du personnel des membres de la passerelle. Il éteignit l'écran avec son pouce, mit la tablette sur la table puis demanda, "Depuis combien de temps êtes-vous à bord, Lieutenant ?"
L'autre secoua la main et agita la tête. Une fois qu'il eut avalé, il rectifia le tir. "S'il vous plaît, appelez-moi Sam." Il prit un moment pour avaler la quantité restante de spaghettis. "Je sers avec le Capitaine Grant depuis un peu plus d'un an, maintenant. C'était ma première affectation après avoir obtenu mon diplôme à la Formation Tactique Avancée."
Le Premier Officier ne cacha pas le fait qu'il le savait déjà. "Etre Chef de la Sécurité sur le Logan semble être une affectation étrange, particulièrement pour quelqu'un avec votre formation tactique."
"Vous pensez." Morgan évita de donner des détails en prenant une longue gorgée de lait. Puis il dit. "J'ai cru comprendre que vous aviez vous-même enseigné cette formation." Chakotay inclina la tête. "Qu'est-ce qui vous a fait partir ?" Chakotay le regarda un instant, peu sûr de savoir s'il voulait parler des raisons pour lesquelles il avait quitté Starfleet ou non. Avant qu'il ne puisse formuler une réponse, Morgan ajouta, "Je connais la raison officielle, Commandeur. Je me suis juste demandé quelle était la véritable raison."
Quand Chakotay retrouva de nouveau sa voix, il l'avertit. "Vous semblez connaître beaucoup de mon histoire pour quelqu'un qui a seulement obtenu son diplôme à l'Académie, il y a trois ans."
Morgan attrapa la tablette de données et l'activa en la tenant entre eux deux. "En tant que Chef de la Sécurité, c'est mon rôle de connaître exactement qui sert à bord de ce vaisseau."
Ils se regardèrent fixement pendant un instant avant que Chakotay ne dise avec un petit sourire. "Vous marquez un point."
Ils furent interrompus par un officier de la sécurité qui apportait à son supérieur un rapport qui ne pouvait attendre. Morgan renvoya rapidement l'officier et s'assit dans son fauteuil pour le lire. Il passa alors la tablette à son propre supérieur. "Un message du Commandement. Il y a presque mille vaisseaux Sernaix rapportés dans l'espace de la Fédération."
Chakotay grimaça en lisant. "Et tous pratiquement indétectables."
Le Chef de la Sécurité hocha la tête. "Franchement, ils m'effrayent au plus haut point."
Chakotay frissonna intérieurement en y pensant. "Ils peuvent."
 
***
 
Le son de nombreuses voix emplissait l'Infirmerie quand le Capitaine entra, produit d'une discussion entre le Docteur et son personnel. Plutôt que d'interrompre le praticien, Catherine les observa depuis sa position, sur le seuil de la porte.
"Je veux voir les instruments rangés dans leurs tiroirs une fois que les traitements des patients sont achevés", débita le Docteur, rappelant à Catherine les nombreuses querelles dont elle avait été témoin entre l'hologramme et Tom Paris sur des procédures à l'Infirmerie. Deux ou trois membres de son personnel tressaillirent visiblement à la réprimande en le suivant à travers la salle, tandis que d'autres souffraient silencieusement en sachant qu'ils n'avaient rien fait de mal. L'autre docteur du vaisseau, Tomas Landry, était le seul personnel à être épargné. Il était assis, caché dans le bureau principal, classant des rapports médicaux.
Le Docteur s'arrêta brusquement quand il vit le Capitaine Janeway. Elle continuait discrètement à l'observer et à en juger par son expression, elle ne semblait pas vraiment impressionnée. A ce moment, il conclut son cours envers son personnel. "Retournez à vos stations, je vous prie. J'attends avec impatience de meilleurs résultats." Puis il se dirigea vers elle. "Que puis-je faire pour vous, Capitaine ?"
"Cela semblait plutôt dur pour des instruments non rangés", lui dit-elle, les bras croisés sur la poitrine.
Il fronça les sourcils. "Mon expérience me dit que dans une situation comme cela, un mot ferme de la part d'un supérieur empêchera une répétition de ce comportement dans le futur."
Elle jeta un coup d'il à la demi-douzaine d'employés qui se dirigeaient maintenant vers leurs départements respectifs. "Pourquoi un cours collectif ?"
"J'ai lu que c'était une méthode efficace", lui dit-il avec assurance. "Si une personne fait une erreur et tous les autres doivent endurer mon 'cours', comme vous l'appelez, alors ils s'assureront que la personne qui a fait l'erreur ne le refera pas de nouveau."
Janeway secoua la tête. "La punition arbitraire est une méthode employée à l'Académie pour les cadets de première année", dit-elle tranquillement. "C'est aussi une façon de créer du ressentiment entre les membres de votre personnel alors que vous devriez les encourager à travailler ensemble. Parlez-leur. Quand vous parviendrez à les connaître, vous apprendrez chacune de leurs compétences et faiblesses." Le visage du docteur s'assombrit et elle posa une main sur son épaule. "Il n'est pas facile d'être responsable d'un département, n'est-ce pas ?"
Il secoua la tête. "J'admets que d'avoir une équipe est un défi plus grand que je n'avais prévu." Puis il lui lança un de ses regards les plus sincères. "J'essayerai de faire mieux, Capitaine."
"C'est tout ce que je demande." Elle le dépassa et traversa la pièce. "Harry a-t-il fait des progrès ?"
"Très peu." Ils se rendirent auprès du seul lit occupé où le Lieutenant Kim somnolait. "L'invasion dans son corps était très importante."
"Est-il possible qu'ils lui aient injecté une drogue ou une toxine que nous ne puissions pas identifier ?" demanda-t-elle.
"Rien que j'ai été capable de détecter." Il balada un tricordeur sur son patient, de nouveau peu heureux des résultats. "Il se remet", rappela-t-il, "mais très, très lentement. Je pense qu'il est gêné par les changements de son ADN. Son corps est tellement occupé à se remettre qu'il ne se concentre pas sur la guérison à l'heure actuelle."
"Drey au Docteur."
Il appuya sur son communicateur avec quelque hésitation. "J'écoute, Enseigne."
"J'ai les résultats des tests que vous avez demandé ", rapporta-t-elle. "Pouvez-vous, je vous prie, venir au laboratoire pour y jeter un coup d'il ?"
"J'arrive. Docteur, terminé." Il était sur le point de reposer son tricordeur au bord du lit, mais se rappela alors ce qui venait d'arriver avec son personnel. Au lieu de cela, il alla vers un tiroir de stockage.
"Un problème ?" demanda Janeway.
"Non, aucun problème." Il ferma le tiroir. Avant de quitter la salle, il reprit. "J'essaie juste de connaître l'un de mes membres d'équipage." Sur ce, il partit, laissant Janeway debout au chevet d'Harry. Il n'était pas vraiment endormi, mais encore trop peu lucide pour remarquer son arrivée. Elle était sur le point de partir quand il commença à s'éveiller, un petit sursaut d'adrénaline assurant qu'il n'allait pas se rendormir prochainement. "Vous allez bien, Harry ?"
Le Lieutenant voyait maintenant son Capitaine debout à côté de lui et ses joues pâles rougirent légèrement avec embarras. "Je vais bien", dit-il rapidement, jetant un coup d'il sur son corps pour s'assurer que tout était bien là. Il libéra un soupir en faisant retomber sa tête contre l'oreiller.
"Un cauchemar ?" demanda-t-elle doucement. Il hocha la tête. "Et bien, c'est certainement compréhensible", dit-elle en tirant une chaise pour s'y asseoir. "Ca peut sembler difficile à croire pour le moment, mais ils finiront par partir."
Il la regarda, voyant soudainement un esprit bienveillant. "Vraiment ?"
Elle hocha la tête. "Pouvez-vous me dire ce qui est arrivé, Harry ?"
Il réfléchit pour savoir s'il voulait vraiment revivre ce qui lui était arrivé. Il savait qu'il n'était pas prêt à admettre qu'il avait été retenu captif par Sycorax et torturé pour des informations qu'elle n'avait jamais obtenues. Il se décida finalement. "Elle n'a pas arrêté de me dire que je détenais des renseignements qu'elle voulait." Après avoir raconté au Capitaine toutes les expériences de sa vie que le chef des Sernaix lui avait fait revivre, il lui livra la pièce manquante du puzzle.
"Alors il est parti sans vous laisser d'instructions ?" soupira-t-elle avec étonnement.
Il hocha la tête faiblement. "Il m'a dit que je devais le découvrir tout seul."
"Et bien, une chose est sûre", murmura-t-elle. "Sycorax ne va pas s'arrêter avant de vous remettre la main dessus."
Il frissonna. "J'ai eu des pensées plus réconfortantes."
Janeway sourit légèrement et plaça une main sur son bras en se relevant. "Croyez-moi, Harry, vous êtes dans ce qui semble être l'endroit le plus sûr pour l'instant. Nous n'allons pas vous laisser partir de nouveau."
 
***
 
Le bureau d'un sénateur n'était pas la place habituelle pour une émeute.
Le sénateur M'Akar était assis derrière son bureau bien équipé, écoutant avec impatience ceux autour de lui se renvoyer des accusations les uns les autres. Il observait particulièrement le visage rougi de Tomalak, un belliciste comme il n'en avait jamais vu avant. "Cela doit être un vaisseau de la Fédération", cria-t-il à travers la pièce. "Il n'y a aucune autre explication."
Son adversaire principal, Toan Kassar, lui envoya en retour. "Aucun vaisseau de la Fédération n'a la puissance de feu nécessaire pour faire cela. Vous plus que n'importe qui devez le savoir, Tomalak."
"Et ce nouveau Voyager ?" répondit l'autre.
"Cela ne change rien", répliqua-t-elle. "Même avec toutes ses nouvelles armes, il n'est toujours pas capable de détruire un Oiseau de Guerre d'un simple tir."
"D'où tenez-vous vos informations ?" l'accusa sarcastiquement le représentant Aylen.
Kassar pivota sur elle-même. "Que voulez-vous dire ?"
Aylen s'appuyait contre le mur, les bras croisés sur la poitrine et un sourire sardonique sur le visage.
"Selon mes sources, ce vaisseau a été construit spécifiquement pour lutter contre ce nouvel ennemi de la Fédération. Il serait plus que capable de détruire le vaisseau de Tamarek."
"Même s'il est", dit-elle en avertissement. "Cela ne signifie pas qu'ils l'aient réellement détruit. Nous devrions observer cette nouvelle espèce qu'ils ont ramené du quadrant avec eux."
"Que proposez-vous ?" questionna M'Akar.
"Un contact préemptif", dit-elle en se retournant pour lui faire face. "Créez une alliance avec ces créatures avant qu'un autre ne le fasse."
L'assistant du sénateur les interrompit. "La dernière chose dont nous avons besoin est d'être d'entraîné dans une autre guerre."
Tomalak cracha. "Vous êtes la seule personne que je connaisse qui ne voie pas la mort de son fils pour la défense de l'Empire comme un honneur." Il tourna alors son attention vers le sénateur. "Nous devrions détruire la Fédération pendant que nous en avons la chance."
L'assistant ne put résister. "Peut-être serions-nous assez chanceux pour vous perdre en même temps."
"Ca suffit !", tonna M'Akar en sautant sur ses pieds. "Sortez! Vous tous!"
Kassar protesta, "Mais Sénateur...!"
"J'ai dit dehors, Kassar !"
Elle se mit au garde à vous, lui donnant un bref salut comme tous les autres firent avant de quitter la pièce. Une fois la pièce vide et la porte fermée, M'Akar ouvrit un canal de communication secret dans le panneau mural. Quand l'objet de sa transmission apparut sur l'écran, il dit simplement, "Il y a un nouveau développement."
 
***
 
Le Docteur était à son bureau, examinant tous les relevés des tests d'Harry Kim depuis son retour de chez les Sernaix. Il commençait à faire quelques progrès en établissant de nouveaux modèles d'ADN quand un visage familier apparut dans l'embrasure de la porte.
"Docteur", interrompit Mayala Drey avec sa voix excessivement joyeuse. "J'ai fini de rassembler les résultats du laboratoire pour vous."
Il avança sa main, l'invitant à lui donner sa tablette de données. Un regard rapide aux résultats lui dit ce qu'il avait besoin de savoir. "Merci, Enseigne. Cela m'aidera beaucoup."
Sans marquer un silence, elle demanda. "Est-ce qu'il y a quelque chose d'autre que je peux prendre en charge pour vous, Docteur ?"
L'hologramme jeta un coup d'il au chronomètre incrusté dans son bureau. "La fin de votre quart n'était-elle pas il y a une demi-heure ?"
"Oui, en effet", dit-elle avec un petit signe de tête. "Mais je savais combien les résultats de ces tests étaient importants, alors j'ai travaillé tard pour les rassembler."
Il soupira légèrement. "Asseyez-vous, s'il vous plaît, Enseigne." L'exubérance qui l'avait habitée auparavant disparut pour laisser place à l'excitation tandis qu'elle s'installait devant lui. Le Docteur posa ses mains sur le bureau et lui adressa un sourire rassurant. "Mayala, je me rends compte que c'est votre première affectation depuis l'école d'infirmière. Mais vous allez vous rendre malade si vous continuez à tenir ce rythme."
"Mais... J'en ai besoin", répondit-elle avec un peu plus d'impatience qu'elle n'en avait l'intention.
"Que voulez-vous dire ?"
Elle savait que la retraite n'était pas une option. Alors elle croisa les mains pour les empêcher de remuer et lui expliqua. "C'est ma première affectation. Je dois faire mes preuves, à vous, au Docteur Landry, au Capitaine..."
"Attendez une minute", l'interrompit-il. "Si vous passez tout votre temps à essayer d'impressionner tout le monde sur ce vaisseau, vous allez finir par vous tuer."
Cette fois, ce fut au tour de la jeune femme de lui poser la question. "Que voulez-vous dire ?"
"C'est une chose d'être douée dans ce que vous faites", conseilla-t-il. "Mais c'est entièrement différent d'essayer de s'assurer que chacun sait que vous êtes doué dans ce que vous faites." Il se détendit dans son fauteuil. "Vous êtes une bonne infirmière, Mayala. Votre travail ici depuis la semaine dernière parle de lui-même. Mais je ne veux pas voir les gens vous considérer en mal parce qu'ils pensent que vous êtes trop zélée."
Elle y songea un instant. Finalement elle conclut timidement. "Vous dites que j'en fais trop... n'est-ce pas ?"
Il hocha la tête, soulagé qu'elle ait compris son point de vue. "Exactement. Vous faites un travail excellent. Si ce n'était pas le cas, je vous l'aurais mentionné à ce jour." Puis il sourit. "Allez passer quelque temps à faire des choses pour vous-même. C'est pour ça que le temps de repos est fait."
Drey souriait maintenant, son visage affichant son soulagement. "Merci, Docteur. J'apprécie le conseil."
Elle commençait à partir, mais avant elle lui tendit la main. Il la serra chaudement et l'observa quitter la salle. En elle, il pouvait voir certains aspects de lui-même et c'était une nouvelle expérience en soi. Quand il se rassit, il se sentit déjà un peu mieux face à ses habiletés à diriger une équipe.
 
***
 
Un fauteuil de salon sur un vaisseau de guerre était rare, mais avec la petite influence qui lui restait, le Capitaine Janeway avait été capable d'en garantir un pour ses quartiers. Le sien était doux et confortable, une réplique du fauteuil dans lequel elle s'asseyait dans le bureau de son père quand elle était enfant. C'était un moment agréable à la fin d'une très longue journée et ses bottines tombèrent sur le plancher avec un bruit sourd quand elle les ôta de ses pieds fatigués.
Amélia bondit immédiatement sur ses genoux, sentant l'épuisement et la frustration de sa maîtresse. Le chiot se leva doucement contre la poitrine de Catherine et lui lécha le menton.
Catherine ne put s'empêcher de sourire. "Tu m'as manqué aussi, ma fille", rit-elle, grattant Amélia derrière les oreilles. côté d'elle sur la table se trouvait une petite boîte avec des bonbons pour chiens. Elle en prit un et le tint devant la chienne, tenant Amélia affamée en place de l'autre main. "Ne bouge pas", commanda-t-elle. Amélia essaya de sauter pour attraper le morceau, mais fut repoussée sur les genoux de Catherine. " Ne bouge pas", dit-elle de nouveau. Après une autre tentative de vol, Amélia comprit ce qu'elle était supposée faire. Elle resta debout sur les genoux de Catherine, pleurnichant et avançant la patte tout le temps. Catherine attendit quelques secondes de plus pour s'assurer qu'Amélia avait compris la leçon, puis lui donna le bonbon. "Bonne fille", la félicita-t-elle.
Elle laissa Amélia renifler autour d'elle quelque temps à la recherche d'autres bonbons possibles. Finalement elle s'installa, se coinçant entre la jambe de Catherine et l'accoudoir du fauteuil. La tentation de fermer les yeux était accablante, mais Catherine savait qu'il y avait des tablettes de données qui exigeaient son attention.
Pendant un moment, elle se concentra sur des rapports des progrès, mais elle n'était pas vraiment intéressée par eux. Au lieu de cela, elle effaça une tablette contenant des notes déjà utilisées et commença à écrire.
'Cher Chakotay,
Il est dur de croire qu'il s'est déjà passé tant de jours depuis que je ne t'ai vu. Tu n'as aucune idée de la difficulté de diriger ce vaisseau sans toi. S'il y avait quelqu'un que j'aurais voulu à mes côtés maintenant, c'est toi.
Mais ça, tu le savais déjà, n'est-ce pas ?
Je regrette de ne pas pouvoir te dire qu'être de retour aux commandes est tout ce à quoi je m'attendais. Ne te trompe pas, c'est toujours ce que j'ai voulu. Mais quelque chose ne va pas. Et ce n'est pas le fait que tu ne sois pas ici, ou que mon nouveau Premier Officier soit une véritable enquiquineuse. Ou même le fait que nous soyons en guerre. Quelque chose est en train de se passer et je ne peux pas mettre le doigt dessus. Et si je n'arrive pas à découvrir ce que c'est, je pense que quelque chose de catastrophique va arriver.
Je regrette juste que mes instincts ne puissent me donner des faits réels au lieu d'un vague sentiment troublant.'
La sirène de l'alerte rouge détourna son attention. Elle fut suivie par la voix calme de Tuvok qui disait, "Alerte Rouge. Tout le monde à son poste."
Catherine sauta sur ses pieds, oubliant Amélia pendant un moment en sortant à toute allure de ses quartiers. Le chiot réussit à rester sur ses talons, la suivant par jeu et pensant qu'elles allaient simplement faire une course. Elle s'arrêta quand les portes se fermèrent derrière, puis se retrouva seule quand Catherine disparut au détour d'un couloir. Son museau se mit à renifler activement, collé au-dessus du tapis, jusqu'à ce que cela la mène devant la porte fermée de l'ascenseur dans lequel sa maîtresse avait disparu. Les personnes continuaient de courir, aucune ne prêtant attention au chiot qui errait seul dans les couloirs du vaisseau. Une détonation ébranla le vaisseau, jetant Amélia à travers le couloir et l'envoyant rouler contre d'autres membres d'équipage. Elle regagna finalement son équilibre et se secoua, puis renifla une autre odeur qu'elle commença à suivre dans la direction opposée.
"Au rapport !" cria Janeway par-dessus le vacarme qui emplissait la passerelle à son arrivée.
"Un vaisseau éclaireur Sernaix est apparu à nos côtés", annonça Tuvok en abandonnant le siège de commandement. Il trébucha quand un nouveau tir des Sernaix les atteignit.
"Systèmes de téléportation touchés !" cria le lieutenant Tyrell. "Et des dégâts mineurs sur les ponts sept et huit."
"Retournez les tirs !"
Les faisceaux oranges des nouvelles batteries de phaseurs jaillirent de la soucoupe supérieure, leur point d'impact disparaissant sur la lumière froide du vaisseau des Sernaix. "Aucun dégât", annonça Tuvok, maintenant fermement retranché derrière sa station.
"Manuvres évasives", lança-t-elle à la navigation.
Le Lieutenant Baytart essayait de lancer la commande, mais n'obtint pas de réponse. "Les moteurs d'Impulsion fluctuent, Capitaine", répondit-il. "J'ai des difficultés à manuvrer."
"Passerelle à ingénierie. B'Elanna, qu'est-ce qui se passe en bas ?"
"Ici Seven of Nine", répondit l'Ingénierie. "Le Lieutenant Torres n'est pas encore revenue à sa station."
Dans leurs quartiers, Tom et B'Elanna avaient apprécié énormément le moment en famille nécessaire et mérité avec leur fille. Quand l'alerte rouge avait retenti, ils avaient tous les deux couru vers la porte, Tom en tête pendant que B'Elanna saisissait Miral dans l'intention de la laisser à l'Infirmerie. Tom se précipita la tête la première dans les portes, qui ne s'ouvrirent pas. "Qu'est-ce que... ?" Il recula et essaya de nouveau, mais elles ne s'ouvrirent pas plus.
B'Elanna donna un coup de poing de sa main libre sur les boutons à côté de la porte, récompensée uniquement par le bourdonnement exaspérant de non-réponse. Elle appela. "Torres au Chef de téléportation. J'ai besoin que vous nous transportiez Tom, Miral et moi en dehors de nos quartiers."
"Les Transporteurs sont en panne", répondit le chef. "Les Sernaix les ont déjà endommagés !"
"Oh fabuleux", gronda Torres en donnant Miral à son mari. Elle arracha le panneau qui cachait la commande manuelle d'ouverture de la porte. Tom et Miral étaient projetés à travers la pièce à chaque décharge que les Sernaix envoyaient sur la coque du Voyager, mais B'Elanna réussit à tenir sa position pour travailler. Miral, à la surprise de Tom, ne commença pas à pleurer. En fait, elle semblait être fascinée par le travail de sa mère.
"Passerelle à Paris et Torres !", tonna la voix de Janeway. "Où diable êtes-vous ?"
"Nous sommes coincés dans nos quartiers", répondit Paris immédiatement, éloignant instinctivement la main de Miral de son communicateur. "B'Elanna travaille actuellement au problème."
"Faites vite", ordonna le Capitaine. "Nous allons avoir besoin de vous deux si nous voulons nous sortir de là."
"J'y suis presque", lui dit B'Elanna. Elle commençait à sourire quand elle atteignit son but. "Ca devrait marcher." Dès qu'elle croisa les circuits, ils explosèrent dans une gerbe d'étincelles qui lui brûlèrent légèrement les sourcils.
Tom cria dans son dos. "Tu vas bien ?"
"Ouais." Elle regarda fixement l'offensant panneau, puis fut distraite par Miral qui s'approchait du visage rougi de sa mère.
"Que se passe-t-il ?" demanda Janeway.
"Ma réparation de fortune n'a pas fonctionné", annonça Torres. "Nous allons devoir sortir par l'écoutille de secours."
"Compris. Faites vite."
"Oui, Capitaine. Torres, terminée."
Tom se dirigea vers la chambre à coucher, où l'écoutille de secours qui accédait aux tubes de Jeffries avait été installée. Il s'assura de bien tenir Miral qui se hissait maintenant par-dessus son épaule pour observer la scène qui passait derrière eux. Elle s'écria. "Porte !"
Ils réussirent à atteindre l'entrée et s'arrêtèrent net au son des portes qui s'ouvraient. Ils se retournèrent tous les deux, résistant à l'énonciation d'une série de jurons quand ils virent les portes grandes ouvertes et le couloir au-delà.
Puis ils se mirent à courir vers elles.
 
***
 
Oz se tenait relativement calme en travaillant avec B'Elanna et fut choqué d'entendre la voix vraiment très faible d'Harry Kim l'appeler, "Oz, êtes-vous là ?"
"Harry ? Que faites-vous ici ?"
"J'ai eu une idée." Une embardée du pont sous ses pieds le projeta contre le réacteur de courant de glisse. Avec beaucoup de concentration, il commença à attraper de sa main la surface noire et froide.
"Nous avons encaissé d'importants dégâts sur la nacelle bâbord", appela Torres depuis l'Ingénierie. "Encore un coup comme ça et nous allons vraiment avoir des problèmes."
"Nous devons trouver un endroit pour nous protéger", suggéra Barton.
Janeway la regarda fixement, sûre que c'était vraiment l'expression la plus inutile qu'elle ait entendue. "Tom, voyez si vous pouvez mettre quelque distance entre eux et nous. Tuvok, quel est le statut des armes du vaisseau éclaireur ?"
"Les systèmes d'armes Sernaix ont supporté des dégâts minimaux", annonça-t-il.
"Intéressant", rouspéta Tom.
"Lancez une salve de torpilles quantiques."
"Oui Capitaine." Une demi-douzaine de torpilles traversèrent l'espace entre eux, s'écrasant et se dissipant contre la coque de photonium. Tuvok fit son rapport. "Dommages mineurs aux systèmes d'armes et la propulsion."
"Ils nous rattrapent !" interjeta Paris. "Dix mille kilomètres... neuf mille..."
Le vaisseau fut de nouveau ébranlé quand les Sernaix retournèrent les tirs. Avant que Janeway ne puisse décider de leur mouvement suivant, Tyrell s'écria soudain, "Capitaine! J'ai deux vaisseaux arrivant à trois deux neuf marque six."
"Confirmé", ajouta Tuvok calmement, comme lui seul le pouvait. Mais il fut lui-même un peu stupéfait lorsqu'il annonça la suite. "Ce sont deux Oiseaux de Guerre Romuliens. Soixante mille kilomètres et en approche."
"Ils nous appellent !" dit Tyrell, sa voix trahissant son niveau d'inquiétude.
Catherine ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce que le destin leur réservait maintenant. "Voyons cela."
"Je suis le Commandeur Setal", annonça l'homme d'une voix sévère à l'écran. "Avez-vous besoin d'aide ?"
"Nous aimerions en avoir", lui dit Janeway, toujours assise dans son fauteuil. "Mon officier tactique vous envoie les coordonnées pour concentrer nos tirs."
Quelques secondes passèrent avant que le Commandeur ne confirme. "Nous les avons. En attente."
L'écran vacilla, montrant le vaisseau éclaireur s'orientant droit sur eux. "En attente pour quoi ?" réfléchit Tom à haute voix.
"Contentez-vous d'être prêt à faire faire demi-tour à ce vaisseau pour présenter sa poupe face à eux", lui dit Janeway. "Tuvok, ayez une salve prête au lancement."
"Oui, Capitaine."
"Attendez une minute", dit Barton, le nez enterré dans sa console. "Le vaisseau Sernaix a arrêté de tirer."
"Les niveaux de puissance Sernaix baissent au minimum, Capitaine", annonça Tuvok.
Janeway lut les informations sur son propre écran, sa mâchoire s'affaissant légèrement tandis que ses yeux retournaient sur l'écran. Les Oiseaux de Guerre se plaçaient en formation d'attaque, ralliant leur position derrière le vaisseau éclaireur en ouvrant le feu. Ils réussirent à faire quelques impressions, le côté de leur cible s'allumant sous le feu vert des disrupteurs.
"Inverser la course !", aboya Janeway. "Feu à volonté, Commandeur !"
Le Voyager tourna à cent quatre-vingts degrés, se précipitant vers le vaisseau éclaireur. Tuvok lâcha la salve de torpilles et fit feu avec les phaseurs, concentrant tous les tirs sur l'arrière du vaisseau. Il explosa dans un massif éclair sphérique, envoyant le Voyager balancer follement hors de sa trajectoire après avoir subi l'onde de choc de l'explosion.
"Tom ?" appela-t-elle.
"J'y travaille !"
La vue sur leur écran se stabilisa finalement après une minute ou deux. Le Voyager flottait maintenant tranquillement dans l'espace, parmi des débris Sernaix et une paire d'Oiseaux de Guerre Romuliens.
Catherine se leva de sa chaise, soulageant un peu de la tension résiduelle de ses épaules. Après avoir repris sa place habituelle au centre de la passerelle, elle donna ses ordres. "Appelez le vaisseau mère des Romuliens."
Le Commandeur Setal apparut de nouveau sur l'écran, très calme, mais incontestablement curieux de ce qui venait d'arriver. "Vous avez survécu", conclut-il.
Elle ne put s'empêcher de sourire. "En effet. Merci à vous."
"En effet", accusa-t-il réception avec un petit signe de tête. "Nous ne pouvons pas rester et vous aider dans vos réparations pour le moment. Cependant, nous pouvons appeler un autre vaisseau si vous le désirez."
"J'apprécie l'offre, mais ce n'est pas nécessaire."
Si Setal fut étonné, il ne le montra pas. "Très bien. Bon voyage à vous, Capitaine." Sur ce, la transmission fut coupée et les Oiseaux de Guerre disparurent en mode furtif.
L'équipage de la passerelle resta assis là un instant, abasourdi. Finalement, ce fut Tom Paris qui fit des remarques, "Et bien, c'est une intéressante tournure des événements."
Le Capitaine regarda fixement l'espace maintenant vide, la confusion visible sur son visage. Des Romuliens venaient d'apparaître de nulle part, les avaient sauvés de la destruction et avaient ensuite disparu tout aussi rapidement. Reflétant le mot de son homologue, Janeway dit seulement, "En effet."
"Torres à Janeway."
S'attendant au pire, le Capitaine répondit, "Janeway, j'écoute."
La seule chose que B'Elanna put dire fut, "Capitaine, je pense que vous feriez mieux de venir ici."
 
***
 
"Ils passent en distorsion, Capitaine", annonça Barry Bruner pendant que les deux Oiseaux de Guerre disparaissaient de l'écran. la seconde station tactique, Chakotay ne pouvait rien faire d'autre que de sourire. Il rayonnait de fierté pour beaucoup de raisons parmi lesquelles, et pas des moindres, le fait qu'elle avait survécu. Et s'il connaissait Catherine aussi bien qu'il le pensait, alors il savait qu'elle venait de réussir à poser les fondements d'une alliance avec les Romuliens.
Dans le fauteuil de commandement, Carl Grant pouvait seulement incliner la tête. Il n'était pas heureux, quoique Chakotay ne puisse pas en définir la raison. Mais il rendit sa position claire lorsqu'il donna ses ordres. "Shari, emmènes-nous loin d'ici."
"Capitaine", interrompit le Lieutenant Morgan depuis son poste de sécurité, "Ne devrions-nous pas offrir de l'aide à Voyager pour les réparations ?"
Grant se tourna pour regarder fixement Morgan, qui par coïncidence se trouvait dans la même direction que le Premier Officier. "Le Capitaine Janeway est une grande fille", gronda-t-il à Morgan. "Je suis sûr qu'elle et son équipage sont tout à fait capables de conduire les réparations eux-mêmes."
Convenablement réprimandé, la seule réponse de Morgan fut, "Oui, Monsieur"
Le Capitaine revint au pilote. "Allons-y, Shari."
"Oui, Monsieur." Elle tapa sur les commandes de sa console si bien que chacun s'agrippa instinctivement bien que ce ne soit pas vraiment nécessaire. Leur départ du site de la bataille fut inhabituellement calme, comme l'humeur qui régnait sur la passerelle.
Chakotay les observa tous tour à tour, essayant de savoir ce qui causait cette humeur. La plupart d'entre eux restaient concentrés sur leurs stations ou observaient l'écran tandis qu'ils sautaient en vitesse de distorsion. Tous ceux dont il accrocha le regard firent un effort pour être antipathique avant de détourner le regard. Seul Morgan lui offrit un visage compatissant, une expression qui mélangeait la compréhension et l'exaltation au fait que Voyager ait survécu.
Il se concentra de nouveau sur l'écran tactique, relisant les enregistrements et rejouant la bataille dont ils venaient d'être témoin. La joie de Chakotay à la victoire du Voyager s'effaça rapidement quand une autre pensée traversa son esprit. La réaction du Capitaine Grant lors de cette bataille l'avait convaincu qu'il y avait quelque chose de plus. Quelque chose qui avait été planifié longtemps avant qu'il ne soit assigné ici. Et cela le décidait plus que jamais à découvrir exactement ce que c'était.
Un pincement à l'estomac lui rappela que son déjeuner n'était pas entièrement d'accord avec lui. Mais son nouveau but le poussait à mettre ce malaise à l'écart pour l'instant.
 
***
 
Janeway entra dans l'Ingénierie quelques minutes plus tard, et aussitôt qu'elle vit B'Elanna, elle la questionna. "Qu'est-il arrivé ?"
"Vous n'allez pas le croire", lui dit Torres en lui tendant un tricordeur.
Le Capitaine regarda les relevés puis son ingénieur en chef tandis qu'elles descendaient avec l'ascenseur. "Harry a stoppé ce vaisseau ?"
Elles pénétrèrent sur le niveau inférieur où Harry était assis, se tenant au réacteur de courant de glisse. Il était pâle et épuisé, mais il y avait une étincelle dans ses yeux qui en avait été absente depuis qu'ils l'avaient sauvé. Le Docteur était accroupi à côté de lui et à en juger par son expression, il avait en réalité quelques bonnes nouvelles. Seven était de l'autre côté, semblant incertaine de la façon dont elle devait agir.
"Oh, Capitaine", salua le Docteur quand il la vit entrer. "J'ai pensé que vous aimeriez voir cela par vous-même."
"J'ai entendu, j'ai entendu", dit-elle avec un sourire. "B'Elanna me dit que vous avez stoppé ce vaisseau éclaireur pour que nous puissions le détruire."
Harry haussa un peu les épaules. "En fait, j'y ai juste pensé." Il voyait que Janeway désirait une meilleure explication, mais il n'en avait pas. "Je regrette de ne pas pouvoir vous en dire plus, Capitaine."
"Il a été un peu aidé, Capitaine", rouspéta Oz autour d'eux.
"Et bien, cette aide fut certainement appréciée", assura-t-elle à l'Esprit de vaisseau, valorisant un peu son ego.
"Harry est devenu des plus efficaces pour travailler", ajouta-t-il. "Beaucoup plus que le reste d'entre vous."
B'Elanna regarda fixement le réacteur. "Vous n'avez pas quelque chose sur lequel vous devriez travailler, Oz ?"
Le Docteur termina ses relevés. "Lieutenant, vous êtes assez en forme pour retourner à vos quartiers", annonça-t-il. Puis il se tourna vers Seven. "Je laisse Monsieur Kim entre vos mains expertes." Et il continua à l'intention de Janeway. "Capitaine, rejoignez-moi à l'Infirmerie, s'il vous plaît."
Ils partirent. Harry se tourna vers Seven et vit le regard particulier qu'elle avait. "Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il doucement.
"C'est la seconde fois que quelqu'un emploie cette expression avec moi aujourd'hui", répondit-elle.
"Quoi ? De laisser les choses entre vos mains expertes ?" Elle inclina la tête et il gloussa en prenant ses mains dans les siennes. "C'est parce que les gens ont confiance en vous."
Elle le fixa avec un regard comique. Finalement elle lui répondit. "Avez-vous assez confiance en moi pour que je vous escorte jusqu'à vos quartiers ?"
Maintenant il riait. "Plus qu'en personne d'autre." Il laissa Seven et B'Elanna l'aider à se remettre sur ses pieds et s'appuya fortement contre Seven tandis qu'ils commençaient à quitter l'Ingénierie.
Janeway les vit apparaître sur le niveau principal au moment où ils entraient dans l'ascenseur de l'Ingénierie. "Il semble avoir fait un soudain rétablissement", remarqua-t-elle.
"J'aurais tendance à être d'accord", lui dit le Docteur. "Mais je ne peux même pas vous expliquer pourquoi."
Au moment où ils entrèrent dans l'Infirmerie, une série de bruits aigus attira leur attention. Pendant que le Docteur l'emmenait dans son bureau, il lui expliqua. "J'ai vu un étranger errant arriver ici un peu plus tôt."
Catherine s'arrêta quand elle vit deux petites formes sur le plancher, jouant avec allégresse. Miral semblait n'avoir aucune crainte d'Amélia qui poursuivait les mains du bébé ondulant au-dessus de sa tête. Les rires de Miral furent communicatifs et le Capitaine à la volonté d'acier du Voyager se trouva rapidement elle-même en train de rire. "Depuis quand est-elle ici ?" demanda-t-elle. Le Docteur s'accroupit avec les jeunes visiteurs.
"Environ une heure. Je ne l'ai pas vue entrer, mais à mon avis, elle a erré avec quelques-uns des blessés."
"Doc !"
Catherine remarqua une certaine fierté paternelle dans les yeux du Docteur. "Oui Miral ?"
Elle indiquait derrière lui. "Balle !"
Il attrapa la balle gonflée qui avait roulé hors d'atteinte de la poigne de Miral un peu plus tôt, et elle tenta immédiatement de l'attraper. "La voilà", dit-il en la lui remettant.
Miral la saisit aussitôt des deux mains et sans penser une seconde la jeta à travers le bureau. Amélia se précipita après la balle, s'arrêtant juste à temps pour ne pas se cogner dans le mur. Il lui fallut un moment pour définir l'objet mystérieux, puis sa mémoire lui rappela. La balle était plus grande que sa gueule, elle commença donc à la pousser vers Miral en y donnant un coup de museau. Aussitôt à portée du bébé, le chiot s'arrêta avec obéissance et posa sa tête sur la jambe de Miral.
La scène fut répétée deux fois et Catherine ne pouvait en croire ses yeux. "Où a-t-elle appris à faire ça?" se demanda-t-elle à haute voix.
Le Docteur la regarda. "Vous voulez dire que ce n'est pas vous qui le lui avez appris ?"
Elle secoua la tête. "Je lui ai seulement appris l'essentiel jusqu'ici." Catherine observa Miral lancer une nouvelle fois la balle. Amélia fit comme elle avait d'une façon ou d'une autre appris et la lui rapporta immédiatement. Quand le chiot s'arrêta de nouveau contre le genou de Miral, elle murmura, "Que je sois damnée."
"Barton à Janeway."
Le Capitaine s'arrêta une seconde après avoir levé les yeux au ciel. Le Docteur lui donna un sourire compatissant, mais ne dit rien. Avec une petite grimace, elle répondit. "Janeway j'écoute."
"J'ai besoin de votre aide à l'Ingénierie immédiatement."
Catherine sentit une soudaine douleur d'épuisement et elle ferma brièvement les yeux en secouant la tête. "J'arrive dans une minute. Janeway, terminée."
Maintenant, le Docteur ressentait le besoin de compatir. "Peut-être que B'Elanna l'a emprisonnée quelque part et qu'elle veut que quelqu'un la sorte de là."
Le Capitaine lui adressa un regard lourd de reproches. "Officiellement, ce n'est pas drôle." Puis son regard se transforma en un sourire sincère. "Mais officieusement, je ne peux pas dire que je l'en blâmerais." Elle regarda brièvement Amélia. "Cela vous ennuie qu'Amélia reste ici avec Miral jusqu'à ce que je puisse venir la chercher plus tard ?"
Le HMU secoua la tête. "Pas du tout. Miral semble la tenir amusée."
 
***
 
Sycorax volait à travers son habitat, son environnement changeant avec chaque pointe de colère. Elle était toujours exaspérée par l'évasion d'Harry et par le fait que malgré tous leurs efforts, ils n'avaient pas réussi à obtenir d'informations de sa part. D'une pensée, elle se remémora la scène de la dernière bataille du Voyager avec son vaisseau éclaireur et observa avec grand intérêt le moment où ils avaient réussi à le détruire avec l'aide des deux autres vaisseaux. "Ainsi, ils ont des amis", se dit-elle. "Cela va devenir intéressant."
La vue tactique apparut de nouveau, lui montrant les bandes semblant être en train de tirer sur le bout de leurs laisses. Ils remplissaient ce que les humains appelaient maintenant 'le quadrant alpha', et attendaient juste qu'elle leur donne ses ordres.
Elle étendit sa portée à tous les vaisseaux et cadres. "Il est temps d'atteindre notre vraie gloire." Alors, avec un sourire empli de haine, elle donna l'ordre. "Il est temps pour nous d'attaquer. Détruisez-les tous."
 
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Ecrit par: Eydie Munroe
version française: Delphine
Producteurs: SaRa, MaquisKat and Coral
Remerciements aux différents correcteurs: Judy (version originale), Laurent (version française).

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